jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | JOUNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 avril et 24 novembre 2022, Mme L et M. H C, Mme T et M. Q U, Mme S et M. O B, Mme R et M. J F, Mme P et M. D I, Mme N et M. A E, représentés par Me Jounier, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le maire de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône) a délivré à la SCCV Sainte-Foy 69 K un permis de construire pour la réalisation d'un immeuble de 24 logements sur un terrain situé rue du Commandant K, ensemble la décision du 26 janvier 2022 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon et la SCCV Sainte-Foy 69 K la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors qu'elle n'est pas tardive, qu'ils justifient d'un intérêt pour agir et que les obligations de notification prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été respectées ;
- l'arrêté attaqué a été délivré sur la base d'un dossier de demande de permis de construire incomplet ; la notice descriptive est entachée d'insuffisance quant à la description de l'état initial du terrain et de ses abords ; le plan de masse ne fait pas apparaître les raccordements du projet aux réseaux publics ; les documents graphiques sont insuffisants ; le dossier ne comprend pas les éléments imposés par l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme alors que la demande de permis de construire vaut également permis de démolir ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 2.5.4.4 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon ;
- il méconnaît l'article 3.1 des dispositions spécifiques à la zone URm1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon ;
- il méconnaît l'article 4.1.1 des dispositions spécifiques à la zone URm1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon ;
- il méconnaît l'article 4.2.2 des dispositions spécifiques à la zone URm1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon ;
- il méconnaît l'article 4.2.4 des dispositions spécifiques à la zone URm1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon ;
- il méconnaît l'article 5 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
Par un mémoire enregistré le 1er juillet 2022, la SCCV Sainte-Foy 69 K, représentée par la SELARL Léga-Cité, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable, les requérants ne justifiant pas d'un intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire enregistré le 13 octobre 2022, la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, représentée par la SELARL Chanon Leleu Associés, conclut au rejet de la requête, au besoin après mise en œuvre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable, les requérants ne justifiant pas d'un intérêt pour agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par lettre du 17 octobre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-1-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de la date à partir de laquelle l'instruction pourrait être close dans les conditions prévues par le dernier alinéa de l'article R. 613-1 et le dernier alinéa de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 22 décembre 2022.
Un mémoire, enregistré le 17 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, a été produit pour la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marine Flechet,
- les conclusions de Mme Marie Monteiro, rapporteure publique,
- les observations de Me Jounier, représentant M. et Mme C et autres requérants,
- les observations de Me Gouy-Paillier, représentant la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon,
- et les observations de Me Depenau, représentant la société Sainte-Foy 69 K.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 15 octobre 2021, le maire de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône) a délivré à la SCCV Sainte-Foy 69 K un permis de construire pour la réalisation d'un immeuble de 24 logements sur un terrain situé rue du Commandant K. M. et Mme C et autres demandent au tribunal d'annuler cet arrêté, ensemble la décision du 26 janvier 2022 rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". L'article R. 431-9 de ce code prévoit que : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. / () Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / () ". Aux termes de l'article R. 431-21 du même code : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. ". L'article R. 451-2 du même code dispose, s'agissant du permis de démolir, que : " Le dossier joint à la demande comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants. "
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. La notice descriptive jointe au dossier de la demande de permis de construire expose les abords du projet, en indiquant notamment la présence, à l'est du terrain d'assiette, du chemin de la Source, au sud-ouest, d'un centre de contrôle technique et, au sud, d'une maison individuelle. Si le dossier de demande de permis de construire comprend un plan de masse qui n'est pas coté dans les trois dimensions, ce plan est établi à l'échelle 1/250ème, de sorte qu'il permet, en combinaison avec les plans de coupe, les plans de façade, ainsi que les plans de chacun des niveaux, d'apprécier les dimensions et la volumétrie du projet. En outre, les documents graphiques, les photographies aériennes ainsi que les photographies de l'environnement proche et lointain, exposant notamment la typologie des bâtisses bordant le chemin de la Source, permettent d'apprécier l'insertion du projet et son impact sur l'environnement bâti. S'il n'est pas établi que le plan de masse joint à la demande d'autorisation d'urbanisme précisait les modalités selon lesquelles le bâtiment serait raccordé aux réseaux publics, il ne ressort pas des pièces du dossier que le service instructeur ait été empêché de porter une appréciation pertinente à cet égard, ce service disposant de l'avis des services techniques de la métropole de Lyon, favorable au raccordement du projet aux réseaux d'assainissement et d'eau potable situés rue du Commandant K, et de l'avis d'Enedis, indiquant un raccordement électrique sous réserve de 10 mètres de branchement à la charge du pétitionnaire. Enfin, le dossier de demande de permis de construire comprend un plan de situation localisant le projet, un plan de masse matérialisant l'emprise de la construction existante sur le terrain d'assiette et des photographies de l'environnement proche sur lesquelles apparaît le bâtiment à démolir. Les éléments imposés par l'article R. 451-2 précité étaient donc joints à la demande. Dès lors, le dossier de demande comportait des éléments suffisants pour mettre le service instructeur à même d'apprécier la conformité du projet aux règles d'urbanisme applicables. Le moyen tiré du caractère incomplet du dossier doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.5.4.4 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon : " () / Lorsque le VETC forme un niveau en attique, l'emprise de ce niveau ne peut excéder 60 % de celle de l'avant-dernier niveau situé avant le point haut de la mesure de la hauteur de façade de la construction ou de la partie de construction. Le respect de cette règle s'apprécie par rapport à l'intégralité du projet faisant l'objet d'une demande d'autorisation d'urbanisme, y compris lorsque ce projet comporte plusieurs constructions. / () ".
6. Contrairement à ce que fait valoir la société requérante, il résulte des dispositions précitées que l'emprise du volume enveloppe de toiture et de couronnement (VETC) doit être déterminée, d'une part, exclusion faite des terrasses accessibles ne créant pas d'emprise, d'autre part, en comparaison avec l'avant-dernier niveau de la construction, lequel correspond au dernier niveau avant le point le plus haut de la façade. En l'espèce, l'avant dernier-niveau du projet présente une surface de 505,58 m² alors que l'emprise de l'attique est de 188,57 m², soit 38 % de l'emprise du niveau qui lui est immédiatement inférieur. Dans ces conditions, à supposer même que les espaces des terrasses accessibles du VETC couverts par des auvents ou pergolas doivent être pris en compte pour le calcul de l'emprise du VETC, les requérants n'établissent pas que ces éléments porteraient l'emprise de ce dernier niveau à plus de 60 % de l'emprise du niveau qui lui est immédiatement inférieur. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, par suite, être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3.1 des dispositions spécifiques à la zone URm1 : " () / Le traitement des espaces libres prend également en compte : () la gestion de l'eau pluviale, telle qu'elle est prévue au chapitre 6 de la partie I du règlement. Il convient, en particulier, de limiter au strict nécessaire les surfaces imperméables par l'emploi de matériaux favorisant l'infiltration de l'eau (sable, gravier, dalles alvéolées, pavés non joints, pavés poreux) et de concevoir un aménagement qui intègre la rétention de l'eau pluviale (modelés de terrain, bassins, noues, ) ; / () ".
8. En avançant des arguments relatifs au traitement des eaux pluviales sans les rattacher au traitement des espaces libres, les requérants ne critiquent pas utilement la légalité du projet au regard de l'article 3.1 invoqué qui, bien qu'imposant la prise en compte dans le traitement des espaces libres de la gestion des eaux pluviales, ne réglemente pas directement cette dernière. A supposer que les requérants aient entendu soulever le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire, il ressort des pièces du dossier que le système de gestion des eaux pluviales est décrit dans la notice et que le dispositif est reporté sur le plan de masse, de sorte que l'autorité compétente était en possession des éléments pertinents pour apprécier la prise en compte, au niveau du traitement des espaces libres, de la gestion des eaux pluviales. Enfin, la circonstance que le projet prévoit de pallier la faible perméabilité des sols par un ouvrage de rétention des eaux de pluie enterré n'apparaît pas contraire, par principe, aux dispositions précitées, prescrivant de concevoir des espaces libres en limitant au strict nécessaire les surfaces imperméables. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, par suite, être écarté en toutes ses branches.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4.1.1 des dispositions spécifiques à la zone URm1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " a. La conception du projet privilégie son insertion dans la morphologie urbaine de la zone considérée en prenant en compte son environnement urbain et paysager, sauf contexte urbain particulier ". Aux termes de l'article 4.2.4 de cette même partie : " La composition de la façade prend en compte : - le rythme des façades des constructions avoisinantes et ceci à l'échelle de la rue ou d'une séquence urbaine cohérente ; - les éléments de modénature des constructions environnantes ; - la densité des baies des constructions voisines et les proportions entre les parties pleines et les baies. ".
10. D'abord, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, pour critiquer le projet au regard de l'article 4.1.1 précité dont l'objet est de réglementer l'insertion dans l'environnement bâti, de l'accentuation des difficultés de circulation en raison de l'implantation du projet, plus proche de la limite de référence du chemin de la Source que l'existant. Ensuite, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il existerait dans le quartier des perspectives qui présenteraient un intérêt particulier auquel porterait atteinte le projet. De même, eu égard à l'ordonnancement urbain environnant, assez homogène au droit du chemin de la Source mais plus hétérogène aux abords de la rue K, au droit de laquelle le projet est également implanté, il n'apparaît pas que l'implantation du projet au regard de ce chemin, avec un retrait réduit par rapport à l'existant, créerait une rupture par rapport à l'implantation des constructions voisines. Enfin, si l'environnement bâti se compose de maisons d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée, il comprend également des immeubles collectifs de plus de cinq étages au-dessus du rez-de-chaussée, au moins aussi importants que le projet envisagé, qui comporte quatre niveaux au-dessus du rez-de-chaussée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.1.1 doit par suite être écarté.
11. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment projeté sera composé de façades de type traditionnel avec des soubassements marqués par endroits. Les teintes plus soutenues retenues pour certaines des façades, notamment celles du couronnement, additionnées aux jeux des volumes permettent de rompre la linéarité de la ligne de ciel et d'atténuer l'importance perçue des bâtiments. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les façades du bâtiment projeté, dont la densité des baies n'apparaît pas plus accentuée que celle des immeubles de logements collectifs voisins, créeraient une rupture avec l'environnement bâti qui, composé tant de maisons d'habitation que d'immeubles collectifs sans qualité architecturale particulière, ne présente aucune homogénéité s'agissant de la composition des façades. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4.2.4 précité doit par suite être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 4.2.2 des dispositions spécifiques à la zone URm1 du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " Dans la bande constructible principale ou en premier rang*, il est exigé au minimum 15 % de vide, calculés par rapport à la façade constructible, qui sont : - localisés sur la façade le long de la limite de référence* ; - répartis sur les façades ayant un linéaire supérieur à 18 mètres, dans le cas d'une morphologie en peigne. / Cette obligation de vide peut être satisfaite soit par des césures*, soit par des fractionnements*, soit par une modulation de hauteur à la baisse. Elle peut également être satisfaite en tout ou partie par l'augmentation des retraits*. ". L'article 2.2.2 de la partie I de ce règlement précise que : " Le retrait est la distance, mesurée horizontalement entre tous les points de la façade de la construction et ceux correspondant à la projection verticale d'une limite séparative, qui sont situés à la même altimétrie. / () / Pour le calcul du retrait, ne sont pas pris en compte : les débords de toiture, les balcons, les oriels et les marquises, dont la profondeur est inférieure ou égale à 0,80 mètre, par rapport au nu général de la façade ; / () ". Aux termes de l'article 4.2.2.3 des dispositions spécifiques à la zone URm1 : " Lorsque deux façades se situent à l'angle de voies, les 15 % de vide peuvent se répartir librement sur les façades, sous réserve d'une insertion cohérente dans l'environnement. ". L'article 4.2.2.5 de cette même partie précise que : " () Dans l'ensemble des cas de césures* et de fractionnements* : - les balcons et les passerelles ont une profondeur maximale de 5 mètres et comportent des sous-faces de dalles traitées par des revêtements de qualité ; / () ".
13. Si les requérants font valoir que les modalités de calcul des deux façades constructibles au droit de la rue K et du chemin de la Source sont erronées, ils ne justifient aucunement des chiffres qu'ils avancent distincts de ceux retenus par la société pétitionnaire. En revanche, ils soutiennent à bon droit que les balcons situés en façade est ne peuvent être pris en compte au titre des vides, dès lors que leur profondeur, de deux mètres depuis le nu général de la façade, implique de mesurer le retrait du bâtiment au regard de la limite parcellaire depuis l'extrémité de ces balcons. A cet égard, la défense ne peut utilement faire valoir que l'article 4.2.2.5 précité admet, au sein des césures et fractionnements, les balcons d'une profondeur maximale de cinq mètres, le vide en cause en l'espèce étant créé, non au moyen d'une césure ou d'un fractionnement, mais d'une augmentation du retrait depuis la limite parcellaire. Il ressort des pièces du dossier que la façade constructible au droit de la rue K présente une surface de 299,76 m² et que celle située au droit du chemin de la Source affiche une surface de 384,28 m². Les vides représentent quant à eux 52,42 m² au droit du chemin de la Source et 59,33 m² au droit de la rue K, soit un total de 111,75m². Si l'espace correspondant aux balcons débordant de la façade est doit être déduit de ce total, la société pétitionnaire fait valoir en défense, sans être contestée, qu'elle a omis de comptabiliser, sur la façade au droit du chemin de la Source, 65 m² de vide créés par l'augmentation du retrait depuis la limite parcellaire. Dans ces conditions, il n'apparaît pas que le projet ne respecterait pas le seuil de 15 % minimum de vide répartis sur les deux façades constructibles du projet qu'imposent les dispositions précitées de l'article 4.2.2 du règlement.
14. En sixième lieu, aux termes de l'article 5.1.1.2.2 des dispositions communes à toutes les zones du règlement annexé au PLU-H de la métropole de Lyon : " a. Accès à une voie de desserte. Pour être constructible, tout terrain doit disposer d'un accès, direct ou indirect, aux voies, publiques ou privées, ouvertes à la circulation automobile constituant la desserte dudit terrain. / b. Caractéristiques des accès. Une opération comporte un nombre d'accès sur les voies publiques limité au strict nécessaire. Les accès : - sont conçus en tenant compte de la topographie et de la configuration des lieux dans lesquels s'insère l'opération, en cherchant d'une part à réduire leur impact sur la fluidité de la circulation des voies de desserte, d'autre part la mutualisation des accès ; - présentent des caractéristiques répondant à la nature et à l'importance du projet ; - prennent en compte la nature des voies sur lesquelles ils sont susceptibles d'être aménagés afin de préserver la sécurité des personnes (visibilité, vitesse sur voie, intensité du trafic) ; - permettent d'assurer la sécurité des usagers des voies de desserte et de ceux utilisant ces accès. Cette sécurité est appréciée compte tenu : - de la position des accès et de leur configuration ; - de la nature des voies de desserte, du type de trafic et de son intensité. / Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, l'accès est aménagé sur la voie présentant le moindre risque ou gêne pour la circulation. / Hormis pour l'accès aux terrains supportant une construction existante à la date d'approbation du PLU-H, les 5 premiers mètres de la portion de desserte interne à partir de l'accès présentent une pente maximale de 5 %. ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le parking souterrain projeté comportera 28 places de stationnement réparties sur deux niveaux. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accès à ce parking, d'une largeur de cinq mètres au droit du chemin de la Source, sur une portion de ce dernier présentant de bonnes conditions de visibilité, puis de quatre mètres en début de rampe, empêcherait les véhicules entrant et sortant de circuler en toute sécurité. En outre, les dix premiers mètres de rampe à partir de l'accès étant inclinés de 5 %, la desserte interne du parking souterrain ne méconnaît pas les dispositions précitées, alors même qu'elle présente une pente de 18 % dans une portion plus éloignée de l'accès. Enfin, et en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que la configuration du parking souterrain, caractérisée par une déclivité de la rampe en entrée du parc de stationnement de 18 %, une voie de desserte des places de stationnement d'une largeur de 4 mètres et l'absence de dégagements, empêcherait une circulation sécurisée des usagers. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, par suite, être écarté.
16. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15, l'accès envisagé au parking souterrain du projet ne présente pas de risques pour la sécurité des usagers du chemin de la Source et de cet accès. Par ailleurs, si les requérants, qui ne peuvent utilement se prévaloir de l'article 63-1 du règlement sanitaire départemental, inapplicable aux bâtiments à destination d'habitation, soutiennent que l'activité exercée dans une construction voisine crée des nuisances olfactives incompatibles avec la présence à proximité de bâtiments à destination d'habitation, ils n'établissent par aucune pièce la toxicité des rejets de l'extracteur d'air en cause. Le maire n'a donc commis aucune erreur manifeste d'appréciation au regard du R. 111-2 en autorisant le projet en litige.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2021 et de la décision de rejet du recours gracieux présentées par les requérants doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon et la société pétitionnaire.
Sur les frais liés au litige :
19. Les conclusions présentées par les requérants, partie perdante, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros, à verser à la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon, d'une part, et à la société Sainte-Foy 69 K, d'autre part, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme C et autres est rejetée.
Article 2 : M. et Mme C et autres verseront à la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme C et autres verseront à la société Sainte-Foy 69 K la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C, représentants uniques des requérants, à la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon et à la SCCV Sainte-Foy 69 K.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
M. Flechet
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026