mardi 9 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2022 et régularisée le 8 avril suivant, Mme B C, représentée par Me Vray, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans le délai de deux mois :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation particulière ;
- la décision portant refus de titre de séjour méconnait les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 421-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est, à cet égard, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par une ordonnance en date du 8 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 1er juin 2022.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mars 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Vray, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante albanaise, née le 13 juin 1995, déclare être entrée en France le 7 octobre 2012. Sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), le 12 juin 2014 que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 5 janvier 2015. Par un arrêté en date du 2 avril 2015, dont la légalité a été confirmée par le tribunal le 31 décembre suivant, le préfet de la Loire a refusé de délivrer un titre de séjour à l'intéressée et l'a obligée à quitter le territoire français. Le 7 novembre 2017, Mme C a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur temporaire ". Par un arrêté du 1er décembre 2021, dont la requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Mme C soutient qu'en ne faisant aucune mention de son concubinage avec un ressortissant français et de la naissance de leurs deux enfants, de nationalité française, en 2019 et 2021, la préfète de la Loire a entaché sa décision d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. A ce titre, l'intéressée verse au débat la copie des actes de naissance de ses deux enfants nés les 6 juin 2019 et 29 avril 2021 ainsi qu'un courrier des services de la préfecture de la Loire, en date du 4 octobre 2021, acceptant sa " pré-demande " de carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français et l'invitant à venir déposer son dossier, en préfecture, le 9 décembre 2021. Or, il ressort des termes même de l'arrêté contesté du 1er décembre 2021 que, pour refuser d'admettre Mme C au séjour et prononcer à son encontre une mesure d'éloignement, répondant à la demande initialement déposée le 7 novembre 2017, la préfète de la Loire s'est bornée à faire état de ce que l'intéressée " déclare souhaiter se marier avec son conjoint de nationalité française " sans se prononcer sur les nouveaux éléments que celle-ci lui avait pourtant soumis. Ainsi, en ne prenant pas en compte l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de la requérante et notamment ceux faisant mention de ce que Mme C est mère de deux enfants de nationalité française, la préfète de la Loire n'a pas examiné de manière sérieuse et individualisée sa situation administrative et notamment la possibilité de l'admettre au séjour au regard de sa vie privée et familiale. Il y a lieu par suite de considérer que Mme C est bien fondée à soutenir que la préfète de la Loire a entaché l'arrêté en litige d'une erreur de droit. Les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours doivent être annulées, pour ce motif, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
3. Il résulte de ce qui précède que les décisions refusant d'admettre au séjour Mme C et l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours doivent être annulées ainsi, par voie de conséquence, que la décision fixant le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. " Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".
5. L'exécution du présent jugement, qui annule l'arrêté du 1er décembre 2021 pour erreur de droit implique seulement que la préfète de la Loire procède au réexamen de la demande de la requérante. Il y a dès lors lieu d'enjoindre à la préfète de la Loire d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991. Il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros, à verser à Me Vray, avocat de Mme C sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er décembre 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Loire de procéder au réexamen de la demande de Mme C, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : Il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros, à verser à Me Vray, avocat de Mme C sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Vray et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2022.
La présidente-rapporteure,
A. A L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. Collomb
La greffière,
C. Réveillé
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026