mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202686 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CAPSTAN RHONE ALPES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2022, la société Sabaton, représentée par Me Gautier (Selarl Capstan Rhône-Alpes), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 février 2022 par laquelle l'inspectrice du travail de l'Ardèche a refusé de l'autoriser à licencier M. B A, salarié protégé, pour motif disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le comportement de son salarié n'a pas évolué notablement après sa réintégration, contrairement à ce qu'a retenu l'inspectrice du travail ;
- la faute commise par son salarié et retenue par l'inspectrice du travail est d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2022, la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Auvergne Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'inspectrice du travail pouvait, sans méconnaître l'autorité de chose jugée, tenir compte de circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision prise après annulation juridictionnelle d'un précédent refus d'autorisation ;
- compte tenu de l'attitude adoptée par le salarié après sa réintégration, la faute commise n'était pas d'une gravité suffisante pour autoriser le licenciement.
La requête a été communiquée à M. A qui n'a pas produit d'observations.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soubié, première conseillère,
- les conclusions de M. Habchi, rapporteur public,
- et les observations de Me Gautier, représentant la société Sabaton.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 novembre 2020, la société Sabaton a saisi l'inspecteur du travail de l'Ardèche d'une demande d'autorisation de licencier M. A, membre du comité social et économique, en raison de manquements graves de celui-ci. Par une décision du 27 janvier 2021, l'inspectrice du travail de l'Ardèche a refusé de délivrer l'autorisation de licenciement sollicitée. Cette décision ayant été annulée par un jugement du tribunal du 14 décembre 2021 et la société Sabaton ayant maintenu sa demande d'autorisation de licenciement pour motif disciplinaire, l'inspectrice du travail a à nouveau rejeté la demande de la société Sabaton par une décision du 11 février 2022. La société Sabaton demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsque le licenciement d'un salarié légalement investi de fonctions représentatives est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec son appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
3. L'autorité de chose jugée s'attachant au dispositif d'une décision juridictionnelle annulant un refus d'autorisation et devenue définitive ainsi qu'aux motifs qui en sont le support nécessaire fait obstacle à ce que, en l'absence de modification de la situation de droit ou de fait, l'autorisation sollicitée soit à nouveau refusée par l'autorité administrative ou que l'autorisation accordée soit annulée par le juge administratif, pour un motif identique à celui qui avait été censuré par la décision juridictionnelle devenue définitive.
4. Par un jugement du 14 décembre 2021 devenu définitif, le tribunal administratif de Lyon a annulé la décision de l'inspectrice du travail de l'Ardèche refusant l'autorisation de licenciement sollicitée au motif que la faute commise par le salarié était d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement.
5. Pour refuser d'accorder l'autorisation sollicitée au regard de la situation existante à la date de sa décision, l'inspectrice du travail a retenu que la faute commise n'était pas d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié, compte tenu du changement notable de comportement de celui-ci à la suite de sa réintégration intervenue en février 2021 et d'une volonté de s'amender.
6. La société Sabaton fait valoir que son salarié ne peut pas être considéré comme ayant adopté un changement notable de comportement, dès lors qu'il n'a pas porté son masque correctement à l'occasion d'un de ses seuls jours de présence en 2021 après sa réintégration. Il ressort des pièces du dossier que, dans le contexte réglementaire relatif à l'état d'urgence sanitaire à la date de la décision en litige, notamment modifié sur le port du masque dans les entreprises, le salarié a été absent quatre mois en 2021 avant de revenir pour participer à une réunion du comité social et économique le 4 septembre 2021 au cours de laquelle il a à nouveau porté son masque sous son nez avant d'être rappelé à l'ordre et de s'exécuter. De plus, M. A a bénéficié d'un arrêt de maladie à compter du 6 septembre 2021 et n'était pas revenu dans l'entreprise à la date de son entretien avec l'inspectrice du travail. Dans ces conditions, notamment compte tenu de la très faible durée de présence du salarié dans l'entreprise, les circonstances avancées par l'inspectrice du travail ne permettent pas de caractériser un changement des circonstances de fait lui permettant de s'exonérer du respect de l'autorité de la chose jugée par le tribunal. Dans ces conditions, la société Sabaton est fondée à demander l'annulation de la décision en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision de l'inspectrice du travail du 11 février 2022 doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat le versement à la société Sabaton d'une somme de 2 000 euros au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'inspectrice du travail de l'Ardèche du 11 février 2022 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à la société Sabaton la somme de 2 000 (deux mille) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Sabaton, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à M. B A.
Copie en sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Auvergne Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 17 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vaccaro-Planchet, présidente,
Mme Soubié, première conseillère,
Mme Boulay, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La rapporteure,
A-S. Soubié
La présidente,
V. Vaccaro-PlanchetLa greffière,
C. Delmas
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026