jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DAMIANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2022, M. B A C, représenté par Me Damiano, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet rendue par le ministre de l'intérieur sur le recours hiérarchique formé à l'encontre des décisions du préfet du Rhône du 11 octobre 2021 refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".
M. A C doit être regardé comme soutenant que :
- la décision lui refusant l'admission au séjour est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il remplit les conditions fixées par l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ne dispose pas d'une motivation propre, le préfet du Rhône se contentant d'indiquer qu'il ne remplit pas les conditions de délivrance d'une carte de séjour selon l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 23 août 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. A C ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 25 août 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'il n'est pas compétent pour défendre les décisions prises par le préfet du Rhône et s'en rapporte aux écritures en défense de celui-ci.
Un mémoire présenté pour le requérant a été enregistré le 30 août 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction fixée par l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Benammou, substituant Me Damiano, pour M. A C, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant tunisien, est né en France le 4 juillet 1974 et y a vécu jusqu'à ses dix-sept ans, avant de repartir avec ses parents en Tunisie. Ayant déclaré être revenu sur le territoire français en 2009, il a sollicité le 4 juillet 2017 une admission exceptionnelle au séjour. Après avis de la commission du titre de séjour, le préfet du Rhône a, par décisions du 11 octobre 2021, refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. M. A C a saisi, par lettre notifiée le 7 décembre 2021, le ministre de l'intérieur d'un recours hiérarchique, resté sans réponse. Eu égard à ses écritures, il doit être regardé comme demandant l'annulation des décisions du préfet du Rhône du 11 octobre 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A C, qui justifie avoir vécu en France les dix-sept premières années de sa vie, est retourné vivre en Tunisie en 1992. Il est revenu en France, selon ses déclarations, en 2009, à l'âge de 35 ans, et s'y maintient depuis irrégulièrement, en particulier après le refus de délivrance d'un certificat de nationalité française en septembre 2010. S'il est constant qu'il vivait, à la date de la décision en litige, chez ses parents qui résident régulièrement sur le territoire français, leur seule présence ne suffit pas à justifier de liens privés et familiaux intenses et anciens sur ce territoire, alors que le requérant a quatre sœurs dont il n'apparaît pas qu'elles résideraient sur le territoire français. Il n'établit, par ailleurs, aucune insertion sociale, alors qu'il produit uniquement une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée pour un emploi de peintre datée du 9 avril 2015. Ainsi, compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet du Rhône n'a pas commis d'erreur de droit en refusant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 précité. Dans ces conditions, alors que M. A C séjourne irrégulièrement sur le territoire français depuis plus de dix ans et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, le préfet du Rhône n'a pas davantage porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
4. Pour les mêmes motifs, M. A C n'est pas plus fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait entaché cette décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ".
6. La décision de refus de délivrance de titre de séjour énonce clairement les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, en particulier les motifs pour lesquels M. A C ne remplit pas les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni une admission exceptionnelle au séjour. La motivation de la mesure d'éloignement, fondée sur le point 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, découle directement de celle du refus d'admission au séjour. Ainsi, la décision litigieuse est motivée.
7. Pour les mêmes motifs que ceux retenus précédemment, les moyens tirés de l'atteinte disproportionnée de la mesure d'éloignement au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant et de l'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ne peuvent être admis.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions contestées. Les conclusions à fin d'annulation qu'il présente doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Karen Mège Teillard, première conseillère,
Mme Marine Flechet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
La rapporteure,
K. D
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026