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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2202739

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2202739

vendredi 29 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2202739
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 avril 2022, M. A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 17 aout 2021 par laquelle celui-ci l'aurait informé de l'invalidation de son permis de conduire, ensemble la décision du 31 mars 2022 par lequel le ministre a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'annuler les décisions successives par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré du capital de son permis de conduire trois points pour une infraction commise le 18 octobre 2012, deux points pour une infraction commise le 14 juin 2013, un point pour une infraction commise le 27 aout 2020 et quatre points pour une infraction commise le 29 décembre 2020 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconstituer le capital de points de son permis de conduire sous huitaine à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer, le relevé d'information intégral de l'intéressé, édité au 13 juin 2022, indiquant que son permis de conduire est crédité du solde maximum de douze points.

Par un mémoire enregistré le 28 juin 2022, M. B affirme maintenir ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. () Toutefois, en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points. () ".

3. D'une part, s'agissant des infractions commises les 18 octobre 2012, 14 juin 2013, 27 août 2020 ayant entraîné le retrait d'un total de six points, il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral qu'une reconstitution totale du nombre de points est intervenue le 7 juillet 2021 soit antérieurement à l'introduction de la requête. Dans ces conditions, ces décisions de retrait de points intervenues antérieurement à la reconstitution totale de son capital de points initial ont nécessairement disparu de l'ordonnancement juridique. Par suite les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de ces décisions de retrait de points sont irrecevables et doivent être rejetées.

4. D'autre part, il résulte de l'instruction que la décision de retrait de quatre points consécutive à l'infraction commise le 29 décembre 2020, ainsi que la décision ministérielle " 48 SI " du 17 août 2021 portant invalidation du permis de conduire de M. B pour solde de points nul n'apparaissent plus sur le relevé d'information intégral relatif à la situation de l'intéressé. Il résulte également de l'instruction que le permis de conduire de M. B est doté du solde maximum de douze points. Dans ces conditions, le ministre doit être regardé comme ayant rapporté ces décisions, lesquelles ont donc disparu de l'ordonnancement juridique. Par suite, les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 29 décembre 2020, de la décision " 48SI " du 17 août 2021, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux, ainsi que celles à fin d'injonction sont devenues sans objet et il n'y a dès lors plus lieu d'y statuer.

5. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant retrait de quatre points à la suite de l'infraction commise le 29 décembre 2020, de la décision ministérielle " 48 SI " du 17 août 2021 portant invalidation du permis de conduire de M. B pour solde de points nul, ensemble la décision du 31 mars 2022 portant rejet de son recours gracieux et sur les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Fait à Lyon, le 29 juillet 2022.

Le président de la 4ème chambre,

Marc Clément

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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