mardi 9 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202804 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 avril 2022, Mme A C, représentée par Me Vernet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 janvier 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " entrepreneur-profession libérale " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard,
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Mme C soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
1°) s'agissant de la décision portant refus de séjour :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
2°) s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
3°) s'agissant des décisions fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :
- elles sont illégales par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par une ordonnance du 14 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er juin 2022.
Un mémoire présenté par le préfet du Rhône a été enregistré le 22 juin 2022.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Beligon, Me Vernet, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante tunisienne née le 23 novembre 1972, est entrée en France en mars 2020 munie d'un visa de court séjour. En raison de la crise sanitaire, l'intéressée a bénéficié de la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour valable du 8 juin au 7 septembre 2020. Le 29 juillet 2020, Mme C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " entrepreneur-profession libérale ". Par un arrêté en date du 13 janvier 2022, le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de renvoi. Mme C demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.
2. Les décisions attaquées, en date du 13 janvier 2022, ont été signées par Mme B E, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet du Rhône en date du 11 janvier 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du lendemain, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire, d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée à l'étranger : () Pour l'exercice d'une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur. Elle porte la mention " entrepreneur / profession libérale " () ".
4. Pour refuser de délivrer à Mme C un titre de séjour en qualité d'autoentrepreneur, le préfet du Rhône a relevé que la requérante ne disposait pas du visa de long séjour exigé par les dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'était pas davantage titulaire d'un titre de séjour arrivant à expiration, de telle sorte qu'elle ne remplissait pas les conditions de délivrance dudit titre de séjour. Si la requérante fait état de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés depuis mai 2020 et de ce qu'elle disposerait de réelles perspectives d'obtention de moyens d'existence suffisants grâce au développement futur de son activité professionnelle, elle ne conteste toutefois pas les motifs de refus qui lui ont ainsi été opposés. Enfin, dès lors que son activité professionnelle n'a pas débuté à la date de la décision attaquée, le préfet du Rhône ne saurait être regardé comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation professionnelle de Mme C.
5. En second lieu, la requérante invoque dans ses écritures les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en faisant notamment état de la présence en France de sa fille disposant de revenus et pouvant lui assurer un soutien le temps nécessaire à la création de sa propre activité professionnelle. Toutefois, Mme C n'a sollicité son admission au séjour que pour un motif professionnel et le préfet du Rhône qui n'y était pas tenu, ne s'est pas prononcé sur ce fondement. Par suite, la requérante ne pouvant utilement se prévaloir des stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen inopérant, pourra être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
8. Mme C fait état de ce qu'elle a été dans l'impossibilité de quitter le territoire français durant plusieurs mois en raison de la crise sanitaire, de ce qu'elle vit aux côtés de sa fille majeure qui subvient à ses besoins, de ce que son frère réside également en France où elle dispose d'un réel projet professionnel. Toutefois, la présence de la requérante demeure récente en France, et la circonstance qu'elle ait été initialement contrainte de s'y maintenir pour des motifs sanitaires ne saurait démontrer qu'elle aurait établi le centre de ses intérêts en France alors qu'elle a vécu jusqu'à l'âge de 47 ans en Tunisie où elle conserve ainsi nécessairement ses attaches culturelles et sociales et où aucun obstacle ne s'oppose à ce qu'elle y poursuive sa vie privée et familiale. En outre, la décision en litige ne fait pas obstacle à ce que Mme C conserve des liens avec sa fille et son frère résidant en France, notamment par l'obtention de visa de court séjour, ni à ce qu'elle sollicite un visa de long séjour afin de revenir régulièrement sur le territoire français à des fins professionnelles. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision que le préfet du Rhône a pu faire obligation de quitter le territoire français à Mme C.
En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :
9. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de renvoi doit être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2022.
Le rapporteur,
N. D
La présidente,
A. Baux
La greffière,
C. Réveillé
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026