jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202828 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | IRIRIRA NGANGA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 14 avril 2022, le 29 avril 2022, le 5 juillet 2023 et le 10 février 2024, Mme C A B, représentée par Me Iririra Nganga, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 février 2022 par lequel le président du conseil régional de la région Auvergne-Rhône-Alpes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son état de santé ;
2°) d'enjoindre au président du conseil régional de la région Auvergne Rhône-Alpes de réexaminer sa demande et de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie dans le délai d'un mois et de régulariser en conséquence sa situation financière sur la période courant du 1er novembre 2023 au 31 janvier 2024 ;
3°) de condamner la région Auvergne-Rhône-Alpes, le cas échéant après désignation d'un expert, à l'indemniser des préjudices que l'illégalité de la décision en litige lui a causés ;
4°) de mettre à la charge de la région Auvergne Rhône-Alpes une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- l'arrêté du 7 février 2022 est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été précédé de la saisine du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles et que la commission de réforme était irrégulièrement composée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle vise un fait accidentel et le tableau des maladies professionnelles ;
- c'est à tort que l'imputabilité au service de sa pathologie n'a pas été reconnue ;
- l'arrêté du 3 février 2023 autorisant sa reprise du service est irrégulier et elle a subi un harcèlement moral.
- le préjudice liés au trouble dans ses conditions d'existence peut être évalué à 3 300 euros ; les souffrances psychiques endurées peuvent être évaluées à 7 000 euros ; le montant de la réparation de son incapacité permanente partielle peut être fixé à 60 000 euros ; le préjudice constitué au titre de l'incidence professionnelle peut être fixé à 5 000 euros ; son préjudice moral peut être évalué à 3 200 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés le 5 octobre 2022 et le 14 novembre 2023, la région Auvergne Rhône-Alpes conclut au rejet de la requête et, dans le dernier état de ses écritures, à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Feron,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Iririra Nganga pour Mme A B.
Considérant ce qui suit :
1. Adjointe technique territoriale principale de première classe employée par la région Auvergne Rhône-Alpes, Mme A B conteste l'arrêté du 7 février 2022 par lequel le président du conseil régional a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie dépressive qu'elle a déclarée le 13 janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21 bis loi du 13 juillet 1983 visée ci-dessus : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service () ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article (). / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite (). / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service " (). / IV.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau (). / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat () ".
3. La décision en litige a été signée par Mme D, directrice adjointe chargée des ressources humaines, en vertu de la délégation que le président du conseil régional lui a donnée par un arrêté du 25 janvier 2022. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué doit être écarté.
4. Aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit, s'agissant de la situation d'un agent public, que le refus de reconnaître l'imputabilité au service de son état de santé soit précédé de la saisine du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine de ce comité ne peut qu'être écarté.
5. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale : " Cette commission comprend : 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ; / 2. Deux représentants de l'administration ; / 3. Deux représentants du personnel () ". Pour critiquer la régularité de la composition de la commission de réforme qui s'est réunie en vue d'émettre un avis sur sa situation le 14 décembre 2021, Mme A B se prévaut de ce qu'aucun médecin psychiatre n'y a siégé. Toutefois, il ressort des énonciations du procès-verbal de la commission de réforme que celle-ci a pu régulièrement siéger en présence de deux médecins généralistes et de deux représentants du personnel et il n'apparaît pas manifeste, eu égard à la pathologie en cause et aux éléments dont disposait la commission, que la présence d'un médecin spécialiste était en l'espèce nécessaire pour éclairer l'examen du cas de Mme A B et l'imputabilité au service de sa pathologie. Par suite et alors que le grief tiré du défaut d'impartialité d'un des membres de la commission de réforme n'est pas assorti des précisions requises, le moyen tiré de la composition irrégulière de cette commission doit être écarté.
6. Contrairement à ce que soutient la requérante, la décision du 7 février 2022 ne se fonde pas sur l'absence d'inscription de la pathologie en cause sur le tableau des maladies professionnelles et la référence par la décision en litige à un " fait de service " ne permet pas de considérer que l'autorité territoriale se serait méprise sur la demande qui lui était soumise. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'erreur de droit doit être écarté.
7. Pour contester l'appréciation portée par l'autorité territoriale et soutenir que sa pathologie est d'origine professionnelle, Mme A B, employée au sein de l'équipe de nettoyage d'un lycée, se prévaut de la dégradation de ses conditions de travail dans un contexte de réorganisation du service, de l'absence de soutien et de reconnaissance de la part de sa hiérarchie et de relations conflictuelles avec d'autres agents et son supérieur hiérarchique. Toutefois et s'agissant en particulier de la période d'arrêt de travail de Mme A B courant du 24 août 2020 au 9 juin 2021, il ressort des pièces du dossier que, dans le contexte de l'arrivée d'un nouveau responsable des équipes techniques et de la réorganisation du service qu'il a décidée dans des circonstances qui, en dépit de maladresses managériales, ne permettent pas de caractériser un exercice anormal du pouvoir hiérarchique, la situation conflictuelle dont la requérante fait état résulte de son attitude dans l'exercice de ses propres missions d'encadrement et dans la réticence qu'elle a manifestée pour s'inscrire dans la nouvelle organisation. Si, s'agissant de la nouvelle période d'arrêt de travail qui s'est ouverte le 6 août 2021, Mme A B fait également état des actes malveillants dont elle a fait l'objet aux fins de l'intimider et se traduisant par le dépôt et la mise en scène de déchets de diverse nature suggérant pour certains l'exercice de pratiques occultes, les pièces du dossier et en particulier le certificat médical produit par la requérante relatif à ces dépôts, dont l'auteur n'a pu être identifié en dépit d'un dépôt de plainte, ne suffisent pas pour caractériser l'imputabilité au service du syndrome dépressif en débat et lui-même antérieur à ces évènements. Dans ces conditions et alors qu'il ne ressort en outre pas des pièces du dossier que le taux d'incapacité de la requérante excède le seuil de 25% auquel renvoie l'article 37-8 du décret du 30 juillet 1987 visé ci-dessus, le moyen tiré de ce que le président du conseil régional a méconnu les dispositions législatives citées au point 2 doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A B dirigées contre l'arrêté du 7 février 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
9. Compte tenu de ce qui précède, Mme A B n'est pas fondée à se prévaloir de l'imputabilité au service de sa pathologie pour soutenir que la responsabilité de la région Auvergne-Rhône-Alpes est engagée à son égard. Par suite, ses conclusions tendant à la désignation d'un expert et à la condamnation de la région Auvergne-Rhône-Alpes à l'indemniser des préjudices qu'elle dit avoir subis doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A B, n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par la requérante sur leur fondement et dirigées contre la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la région Auvergne-Rhône-Alpes présentées au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la région Auvergne Rhône-Alpes tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et à la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
La rapporteure,
C. Feron
Le président,
A. GilleRendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026