vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2202911 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ROBIN VERNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 avril 2022, M. D B C, représenté par Me Robin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou à tout le moins, " salarié " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'un examen complet de sa situation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'ayant pas examiné la possibilité de l'admettre au séjour à ce titre ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant à quatre-vingt-dix jours le délai de départ volontaire :
- elles sont illégales par exception d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
M. B C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25%) par une décision du 4 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Beligon, substituant Me Robin, représentant M. B C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, né le 26 décembre 1979, de nationalité congolaise (RDC), déclare être entré en France le 7 novembre 2015. Sa demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 30 novembre 2016, que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 7 avril 2017. Le 29 mai 2017, l'intéressé a fait l'objet d'un premier arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, dont la légalité a été confirmée par le tribunal, le 19 juillet 2017. Le 3 août suivant, le requérant a sollicité la délivrance d'un titre de séjour au regard de son état de santé et a bénéficié d'une carte de séjour temporaire, valide du 12 avril 2019 au 11 avril 2020. Le 4 janvier 2021, M. B C en a sollicité le renouvellement. Par un arrêté en date du 14 janvier 2022, dont l'intéressé demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.
S'agissant de la décision portant refus de séjour :
2. La décision portant refus de titre de séjour vise les textes dont elle fait application, notamment l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations des articles 8 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle fait par ailleurs mention de ce que l'intéressé a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé, de ce que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rendu un avis le 18 avril 2021 précisant que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale, son défaut ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité et précise enfin, que M. B C ne justifie pas d'une vie privée et familiale stable en France, ses quatre enfants, ses parents et ses frères et sœurs étant demeurés au Congo. Par ailleurs, en soutenant que le préfet du Rhône aurait porté une appréciation sur la circonstance tirée de ce qu'il a exercé une activité professionnelle sous couvert d'une carte de séjour temporaire, le requérant qui conteste ainsi le fond de la décision et non sa forme, ne justifie, en tout état de cause pas de ce que la décision en litige serait insuffisamment motivée. Ainsi, la décision en litige comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait dès lors aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration permettant ainsi à M. B C d'en discuter utilement. Le moyen tiré du défaut de motivation qui manque en fait, pourra être écarté.
3. Le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance des stipulations des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquelles il n'a pas sollicité son admission au séjour et sur le fondement desquelles le préfet, n'étant pas tenu de le faire ne s'est pas prononcé. Il s'ensuit que ces moyens inopérants, doivent être écartés.
4. Il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet du Rhône ne se serait pas livré à un examen particulier de la situation personnelle de M. B C. En effet, si le requérant soutient que l'autorité administrative n'aurait pas pris en considération son intégration professionnelle et s'il lui est loisible de contester l'appréciation portée par l'autorité administrative sur sa demande, le préfet du Rhône n'était toutefois pas tenu de préciser dans sa décision l'ensemble des éléments produits par l'intéressé qui n'avait sollicité que le renouvellement de sa carte de séjour temporaire initialement délivrée au titre de son état de santé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier de la situation de M. B C, notamment au regard de la possibilité de l'admettre exceptionnellement au séjour, ne pourra qu'être écarté.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
6. M. B C fait état de sa présence depuis six années sur le territoire national et de ce qu'il y réside avec une compatriote qui bénéficiant de la protection subsidiaire, est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'en 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé qui n'est entré en France qu'à l'âge trente-cinq ans, a ainsi passé l'essentiel de son existence dans son pays d'origine où vivent ses quatre enfants mineurs, orphelins de mère, ses parents ainsi que ses frères et sœurs. Si le requérant soutient que son concubinage présente un caractère réel et sérieux, en versant au débat, d'une part, des bulletins de salaire délivrés à compter du 1er janvier 2021 à une adresse commune, sa concubine ayant sollicité un changement d'adresse auprès de la préfecture en février 2021, et d'autre part, des comptes rendus d'insémination artificielle du 30 juin et du 8 octobre 2021, justifiant de leur projet d'enfant, ce concubinage demeure en tout état de cause très récent à la date de la décision attaquée. Enfin, si l'intéressé fait état de son insertion professionnelle, ayant travaillé en qualité d'agent de service à temps partiel, du 13 au 15 mai 2019 puis en qualité d'ouvrier agricole saisonnier sur les périodes allant du 25 avril au 31 mai 2019, du 14 avril au 31 mai 2020 et du 17 février au 30 avril 2021, ayant finalement conclu un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 1er février 2022, il ne justifie pas, par ces seuls éléments qui ne font état que d'une activité professionnelle très épisodique et récente, d'une intégration professionnelle suffisante. Par suite, eu égard à ses conditions de séjour, M. B C n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sera donc écarté.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours :
7. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
8. En l'absence d'argumentation particulière, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pourra être écarté par les mêmes motifs que ceux exposés au point 6.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
9. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B C et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Collomb, première conseillère,
M. Pineau, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
La présidente-rapporteure,
A. A
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. Collomb
La greffière,
N. Boumedienne
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026