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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2202940

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2202940

mercredi 17 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2202940
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantRAFFIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 avril 2022 et des pièces enregistrées le 28 avril et le 23 mai 2022, M. E A et Mme B C, représentés par Me Raffin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2021 par lequel le maire de Saint-Genis-les-Ollières ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux n° DP 069 205100022 déposée par la société Cellnex pour l'installation d'un relais de télécommunication sur un terrain situé rue de Chapoly les Mouilles, ensemble la décision de rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Genis-les-Ollières la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable dès lors qu'ils ont intérêt à agir contre l'arrêté litigieux et que le délai de recours contentieux ne leur est pas opposable faute pour la commune de démontrer un affichage régulier au sens des articles R. 600-2 et A. 424-18 du code de l'urbanisme permettant de faire courir ce délai ;

- l'arrêté litigieux méconnaît le principe de précaution ;

- le maire de Saint-Genis-les-Ollières aurait dû s'opposer au projet litigieux sur le fondement des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- la décision de non-opposition à la déclaration préalable de travaux est illégale à défaut d'information des riverains sur le projet ;

- le projet méconnaît l'obligation de mutualisation des équipements d'antennes relais posée par l'article D. 98-6-1 du code des communications électroniques et des postes.

Par un mémoire enregistré le 8 juin 2022, la société Cellnex France, représentée par Me Hamri conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants, la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive ;

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne démontrent pas qu'ils satisfont aux exigences posées par l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en intervention enregistré le 8 juin 2022, la société Bouygues Télécom, représentée par Me Hamri, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est tardive ;

- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne démontrent pas qu'ils satisfont les exigences posées par l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La société Bouygues Telecom a intérêt au maintien de la décision attaquée. Ainsi son intervention est recevable.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ;(). ".

2. Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l''article R. 424-15 du même code, auquel il est ainsi renvoyé : " Mention () de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, () dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis ou de la décision prise sur la déclaration préalable () ".

3. Il ressort des pièces du dossier, notamment de trois procès-verbaux des 12 août, 14 septembre et 13 octobre 2021 produits par la société Cellnex France, que la décision de non-opposition à déclaration préalable litigieuse a fait l'objet d'un affichage continu, visible et lisible depuis la voie publique sur la période du 12 août au 13 octobre 2021. Si les requérants, tiers au projet susvisé, soutiennent que l'affichage n'était pas régulier, ils n'apportent aucun élément à l'appui de leurs allégations. Dans ces conditions, les requérants avaient jusqu'au 13 octobre 2021 pour introduire un recours administratif préalable ou à défaut, un recours contentieux. Par suite, et alors que le recours gracieux formé par les intéressés le 14 décembre 2021 n'a pu interrompre le délai de recours contentieux, déjà expiré à la date de sa présentation, la requête de M. A et Mme C, enregistrée le 17 avril 2022 au greffe du tribunal, est tardive et par suite manifestement irrecevable.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Cellnex sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'intervention de la société Bouygues Telecom est admise.

Article 2 : La requête de M. A et Mme C est rejetée.

Article 3 : Les conclusions présentées par la société Cellnex France sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A et Mme B C, à la commune de Saint-Genis-les-Ollières, à la société Cellnex France et à la société Bouygues Télécom.

Fait à Lyon, le 17 août 2022.

Le président de la 2ème chambre,

V.-M. Picard

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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