jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203003 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | VERDIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 avril 2022, 23 juin 2022 et 29 août 2022, Mme C A, représentée par la SELARL DNL avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2021 par laquelle le maire de Chassieu ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société Ferro en vue de la modification d'une clôture et de l'installation d'un portail sur un terrain situé 39 rue Maurice Ribaud ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chassieu une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle dispose d'un intérêt à agir ;
- son recours n'est pas tardif ;
- la décision attaquée méconnaît l'article R 423-1 du code de l'urbanisme et est entachée de fraude dès lors qu'aucune autorisation de l'intéressée, copropriétaire, n'est jointe au dossier ; la société pétitionnaire a frauduleusement passé sous silence l'état de copropriété du terrain d'assiette, trompant ainsi volontairement le service instructeur ;
- le dossier de déclaration préalable est incomplet dès lors qu'il ne mentionne pas la présence d'une copropriété et qu'aucune vue de l'environnement ne permet d'apprécier la réalité de la configuration des lieux ; les pièces du dossier comportent des erreurs ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon applicable à la zone UPp, relatif au traitement des clôtures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mai 2022, la commune de Chassieu, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 juin 2022 et 29 septembre 2022, la société Ferro conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, Mme B D, représentée par la SELAS AGN avocats Paris, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 29 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- et les observations de Me Di Nicola, représentant Mme A, requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La société Ferro a déposé en mairie de Chassieu, le 28 avril 2021, une déclaration préalable en vue de la modification d'une clôture et de l'installation d'un portail sur un terrain situé 39 rue Maurice Ribaud. Par une décision du 29 juin 2021, le maire de Chassieu ne s'est pas opposé à cette déclaration préalable. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ".
3. Il résulte de ces dispositions que les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration préalable, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc soutenir utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration pour ce motif. Il en résulte également qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain soumis au régime juridique de la copropriété peut être régulièrement présentée par son propriétaire, son mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par lui à exécuter les travaux, alors même que la réalisation de ces travaux serait subordonnée à l'autorisation d'autres copropriétaires, une contestation sur ce point ne pouvant être portée, le cas échéant, que devant le juge judiciaire, et l'absence d'une telle autorisation étant, par elle-même, dépourvue d'incidence sur la qualité du copropriétaire à déposer une demande d'autorisation d'urbanisme.
4. Il ressort des pièces du dossier que le représentant de la société pétitionnaire a signé le formulaire Cerfa de déclaration préalable et attesté ainsi que cette société remplissait les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer la demande pour le compte de Mme D. Dès lors, cette société justifiait de sa qualité pour déposer la déclaration préalable en vue de la modification d'une clôture et de l'installation d'un portail, sans que puisse être exigée la preuve de l'assentiment des autres co-propriétaires. A cet égard, contrairement à ce que soutient la requérante, l'absence de production par la société pétitionnaire d'un document attestant de l'accord des autres copropriétaires ne saurait caractériser une fraude visant à tromper l'administration sur sa qualité pour présenter la demande, dès lors que cette pièce est par elle-même dépourvue d'incidence sur la qualité du copropriétaire à déposer une demande d'autorisation d'urbanisme. De même, l'indication selon laquelle les travaux concernent le lot A ne saurait être regardée comme participant de manœuvres frauduleuses que Mme A impute à la société Ferro et à Mme D, sans toutefois en établir l'existence, alors qu'au surplus, l'extrait du plan cadastral joint au dossier fait clairement apparaître la situation d'enclavement du lot B dont la requérante est propriétaire. Par suite, les moyens tirés du défaut de qualité de la société pétitionnaire pour présenter la demande et de l'existence d'une fraude doivent être écartés.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-35 du code de l'urbanisme : " La déclaration préalable précise : / a) L'identité du ou des déclarants, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; / b) La localisation et la superficie du ou des terrains ; () / La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R.* 423-1 pour déposer une déclaration préalable. / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. " Et aux termes de l'article R. 431-36 du même code : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; () / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; () / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente. ".
6. L'autorité administrative saisie d'un dossier de déclaration préalable de travaux peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, la déclaration préalable n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-35 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
7. Le dossier de déclaration comporte un extrait du plan cadastral, une description sommaire des travaux, des documents photographiques et un plan de masse, ce qui a permis au service instructeur d'apprécier la configuration des lieux ainsi que l'environnement proche du projet, en particulier de situer l'entrée de l'allée qui va être clôturée, et de vérifier la conformité des travaux projetés par rapport aux règles d'urbanisme. Par ailleurs, le dossier comprend également l'attestation du déclarant qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier de déclaration qu'il comporterait des informations erronées ou des pièces de nature à induire en erreur l'administration. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté dans toutes ses branches.
8. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article 4.4 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'habitat (PLU-H) de la métropole de Lyon applicables à la zone UPp, relatives au traitement des clôtures : " La conception des clôtures, tant dans leurs proportions que par les matériaux utilisés, doit rechercher leur intégration discrète dans le paysage en fonction des caractéristiques de ce dernier. "
9. Le projet prévoit l'implantation d'un portillon et d'un double portillon, présentant une forme arrondie en partie supérieure, ainsi que de deux panneaux fixés sur des murets existants. D'une part, la requérante n'établit pas, ni même n'allègue, que les proportions et les matériaux utilisés de la clôture ainsi projetée ne s'intègreraient pas discrètement dans le paysage environnant. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la hauteur et la forme des portillons et des panneaux ainsi que la teinte brun beige de l'ensemble, qui s'accorde avec la couleur des volets de la maison de Mme D, ne s'intègreraient pas discrètement dans ce paysage, lequel comporte également des portails de forme arrondie et de teinte sombre. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le projet méconnaît l'article 4.4 du règlement du PLU-H.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 29 juin 2021 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par Mme A au titre des frais qu'elle a exposés soit mise à la charge de la commune de Chassieu, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées en défense par Mme D et la commune de Chassieu au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la commune n'ayant d'ailleurs pas recouru au ministère d'un avocat.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Chassieu au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la commune de Chassieu, à la société Ferro et à Mme B D.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Pascal Chenevey, président,
Mme Flore-Marie Jeannot, première conseillère,
Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La rapporteure,
F.-M. ELe président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026