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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2203049

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2203049

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2203049
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre
Avocat requérantCAUTENET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 21 avril et 18 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Cautenet, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception émis le 16 février 2022 par la commune de Vonnas pour un montant de 743,35 euros et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;

2°) de condamner la commune de Vonnas à lui verser la somme de 743,35 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi du fait de la négligence fautive de la commune ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Vonnas la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le titre exécutoire en litige ne fait pas mention de ses bases de liquidation ;

- la créance réclamée n'est pas fondée.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2022, la commune de Vonnas, représentée par la Selarl Itinéraires Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître ;

- les conclusions indemnitaires de la requête ne sont pas recevables, faute d'avoir fait l'objet d'une demande préalable ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret 88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Feron ;

- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Cautenet pour Mme B, ainsi que celles de Me Auger pour la commune de Vonnas.

Considérant ce qui suit :

1. Agent contractuel employée par la commune de Vonnas (Ain), Mme B a été placée en arrêt de travail pour raison de santé à compter du 26 octobre 2021. Elle conteste le titre exécutoire du 16 février 2022 émis à son encontre par le maire de Vonnas en vue du recouvrement de la somme de 743,35 euros et demande la condamnation de la commune à l'indemniser du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de la gestion fautive de sa situation.

Sur les conclusions relatives au titre exécutoire du 16 février 2022 :

En ce qui concerne la compétence du tribunal administratif :

2. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire en litige tend au recouvrement d'un trop perçu de rémunération versé à la requérante pendant la période de quatre mois prévue au 2° de l'article 7 du décret susvisé du 15 février 1988 relatif aux congés pour raison de santé des agents contractuels de la fonction publique territoriale et pendant laquelle Mme B s'est vu maintenir le bénéfice d'un plein traitement puis d'un demi-traitement versés par la commune de Vonnas. Dans ces conditions, eu égard à la nature de la créance en cause et alors même que le montant réclamé à l'intéressée a été déterminé en tenant compte des indemnités journalières que la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Ain lui a directement versées aux mois de novembre et décembre 2021 en dépit de la subrogation de plein droit de l'employeur à l'assuré social prévue en pareille hypothèse, la contestation de ce titre exécutoire n'est pas au nombre des litiges relatifs à l'application de la législation de sécurité sociale dont il appartient en principe aux juridictions judiciaires de connaître mais ressortit à la compétence du juge administratif. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'incompétence de la juridiction administrative soulevée par la commune de Vonnas doit être écartée.

En ce qui concerne la légalité du titre exécutoire :

3. Alors que le titre exécutoire du 16 février 2022 met à la charge de la requérante la somme de 743,35 euros et porte la mention " remboursement salaire février 2022 ", il résulte de l'instruction que, lors de la notification de celui-ci le 8 mars 2022, Mme B avait déjà été destinataire de son bulletin de paie du mois de février 2002 indiquant un montant net à payer de 743,35 euros et dont les diverses rubriques, permettant de calculer ce même montant, recensent notamment divers chefs de régularisation de sa rémunération liés à son passage à demi-traitement à compter du 14 janvier 2022 ainsi que le versement par la CPAM de l'Ain de 1011,78 euros d'indemnités journalières. Dans ces conditions et compte tenu de l'ensemble des éléments portés à la connaissance de la requérante à la date de notification du titre exécutoire en litige, le moyen tiré du défaut d'indication des bases de liquidation de ce titre doit en l'espèce être écarté.

4. En se bornant à soutenir qu'elle n'a pas bénéficié du versement du demi-traitement qui lui était dû au mois de février 2022 et à exposer que la commune de Vonnas a été subrogée dans ses droits au titre de ses indemnités journalières à hauteur de 4 415,04 euros sur la période courant du 1er janvier au 6 avril 2022, Mme B n'assortit pas des précisions utiles sa contestation du bien-fondé de la somme qui lui est réclamée.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 16 février 2022 et à ce qu'elle soit déchargée de l'obligation de payer la somme réclamée doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

6. Si Mme B demande la condamnation de la commune de Vonnas à l'indemniser du préjudice qu'elle dit avoir subi en raison de la négligence fautive de la commune dans la gestion de sa situation administrative, il ne résulte en tout état de cause pas de l'instruction que la requérante a formé la demande indemnitaire préalable prévue par l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de la requête de Mme B à fin d'indemnisation ne sont pas recevables et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit fait droit aux conclusions de la requérante présentées sur leur fondement et dirigées contre la commune de Vonnas, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la commune de Vonnas présente au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Vonnas sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la commune de Vonnas et à la direction départementale des finances publiques de l'Ain.

Délibéré après l'audience du 29 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gille, président,

M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

Mme Feron, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe du tribunal le 14 juin 2024.

La rapporteure,

C. Feron

Le président,

A. Gille

La greffière,

L. Khaled

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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