lundi 8 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203100 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | KADRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 21 avril et 21 juin 2022 sous le n°2203100, M. A D, représenté par Me Kadri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 7 avril 2022 par lequel la préfète de la Loire l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre à titre principal, à cette autorité de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
M. D soutient que :
- la décision d'obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- la préfète de la Loire n'a pas procédé à un examen complet et sérieux de sa situation;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il vit en concubinage avec une ressortissante algérienne titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 juin 2022, la préfète de la Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, ensemble le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle la préfète de la Loire n'était ni présente, ni représentée.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. Habchi, magistrat désigné, et les observations de Me Kadri, pour M. D, qui insiste sur le défaut d'examen de la situation de l'étranger, et précise en outre que le mariage civil de l'intéressé sera célébré le 27 août 2022 en mairie de Saint-Etienne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.M. D, né le 2 janvier 1999 et de nationalité tunisienne, est entré en France au cours du printemps de l'année 2020 démuni de tout visa ou document de séjour. Le 7 avril 2022, l'intéressé a été interpellé par les forces de police nationale du commissariat de Saint-Etienne (Loire) pour une vérification de son droit au séjour, à l'issue de laquelle M. D a fait l'objet d'un arrêté, en date du 7 avril 2022, pris par la préfète de la Loire l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Le requérant demande au tribunal l'annulation des décisions prises à son encontre par l'autorité administrative.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2.En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Schuffenecker secrétaire général de la préfecture de la Loire, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté de la préfète de la Loire en date du 4 mars 2022, régulièrement publié le même jour et accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que la préfète de la Loire aurait omis d'examiner la situation de M. D de manière sérieuse et personnalisée. La circonstance que l'autorité administrative ait omis de décrire tous les liens privés et familiaux dont il dispose sur le sol français, ne suffit pas à caractériser le défaut d'examen que M. D invoque. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, si la préfète de la Loire a indiqué à tort, dans son arrêté en litige, que M. D était célibataire alors qu'il ressort des pièces versées au dossier que le ressortissant tunisien vit, en concubinage avec une ressortissante algérienne titulaire d'une carte de séjour valable jusqu'en 2023, cette relation est récente et cette erreur de fait demeure sans influence déterminante sur l'appréciation de la situation d'ensemble de l'étranger au regard de son droit au séjour. Par suite, la préfète aurait pris la même décision si elle avait correctement caractérisé la situation familiale de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
5.En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6.Il ressort des pièces du dossier que M. D, âgé de 23 ans, est entré en France au cours de l'année 2020, et y réside depuis deux ans environ à la date de l'arrêté attaqué. En outre, il est constant qu'il n'exerce aucune activité professionnelle stable sur le territoire national et a conservé des attaches fortes en Tunisie, où résident notamment son père et sa mère. La circonstance que les deux sœurs de M. D séjournent en France sous couvert de titres de séjour réguliers, notamment pour suivre des études pour l'une, en tant que salariée pour l'autre, ne suffit pas à établir que M. D aurait fixé le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le sol national et ce alors qu'il a vécu l'essentiel de son existence en Tunisie. De plus, sans charge de famille, le requérant ne démontre pas qu'il aurait des liens familiaux effectifs et intenses en France, ni même que sa situation personnelle et familiale commanderait son maintien impératif en France. S'il se prévaut à cet égard de sa relation amoureuse et de concubinage avec Mme B F, ressortissante algérienne bénéficiaire de la protection subsidiaire en France, leur vie commune ne date que d'un mois à la date de l'arrêté contesté, et il ressort sur ce point des pièces du dossier que leur relation de couple s'avère récente, soit environ un an et demi, et ce alors même que leur mariage devrait être célébré à la fin du mois d'août 2022. M. D ne pouvait dans ce cadre ignorer, eu égard aux conditions de son séjour en France, le caractère précaire et irrégulier de sa situation administrative sur le sol français. D'ailleurs, rien ne fait obstacle à ce que M. D regagne son pays d'origine où il pourra, afin de rejoindre sa future épouse, solliciter un visa approprié auprès des autorités consulaires françaises à Tunis, le temps d'accomplissement de cette démarche n'étant pas, en l'espèce, excessif. Ainsi, eu égard notamment à la durée brève de séjour du requérant, et à son absence d'insertion sociale et professionnelle en France, l'ensemble des éléments invoqués par l'intéressé ne saurait suffire à établir que l'obligation de quitter le territoire français a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 5 doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête n°2203100 de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la préfète de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2022.
Le magistrat désigné,
H. C
La greffière en chef adjointe,
M. E
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°2203100
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026