mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 avril 2022, M. C B, représenté par Me Lantheaume, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le préfet de l'Ardèche lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté contesté :
- elles sont insuffisamment motivées en fait ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure l'ayant privé d'une garantie au regard des dispositions des articles L. 432-13 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été consultée préalablement à son édiction ;
- elle est entachée d'erreurs de droit au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en effet :
. ces dispositions ne subordonnant pas la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à la démonstration d'une absence de liens privés et familiaux dans le pays d'origine, il appartenait au préfet de l'Ardèche d'apprécier la nature de ses liens en France au regard de ceux qu'il a conservés aux Comores ;
. en se bornant à prendre en compte ses seules années de présence sur le territoire métropolitain, cette autorité a illégalement exclu ses dix années passées à Mayotte ;
- la décision contestée méconnaît ces mêmes dispositions ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il a transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux sur le territoire français, où il réside depuis dix-sept ans ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaires et de motifs exceptionnels pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de l'Ardèche qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 25 mai 2022 par une ordonnance du 25 avril 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2014-464 du 7 mai 2014 portant extension et adaptation à Mayotte du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes, ni représentées.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Vu la note en délibéré présentée par le préfet de l'Ardèche, inexactement qualifiée de " mémoire en défense ", enregistrée le 29 juin 2022 à 9 h 52, soit après que l'affaire ait été appelée au rôle de l'audience publique de 9 h 45.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant comorien né le 3 mai 1994, déclare avoir été confié en 2004 à un membre de sa famille résidant à Mayotte pour y suivre sa scolarité. Après avoir séjourné régulièrement dans ce département d'outre-mer et obtenu un baccalauréat littéraire en juin 2014, il est entré sur le territoire métropolitain le 22 octobre 2014, sous couvert d'un visa de long séjour délivré par la préfecture de Mayotte, pour y suivre des études. Il a bénéficié de plusieurs récépissés de demande de carte de séjour ainsi que d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", valable du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016, et d'une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur ", valable du 30 janvier 2017 au 29 janvier 2018. À la suite du classement sans suite de sa demande de renouvellement de cette dernière carte de séjour, l'intéressé s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire métropolitain et a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture de l'Ardèche le 11 février 2021. Par un arrêté du 31 mai 2021, le préfet de l'Ardèche lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office. Par un jugement du 9 décembre 2021, le tribunal administratif de Lyon a annulé cet arrêté pour défaut d'examen sérieux et particulier de la situation personnelle de l'intéressé et a enjoint au préfet de l'Ardèche de procéder au réexamen de sa demande. Par un arrêté du 28 janvier 2022, cette autorité a de nouveau refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Le requérant demande au tribunal l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
2. En premier lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Et l'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. Les décisions contestées visent les textes dont elles font application et exposent les circonstances de faits propres à la situation personnelle de M. B, dont les éléments sur lesquels le préfet de l'Ardèche s'est fondé pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour, l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixer le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office à l'expiration de ce délai de départ volontaire. Dans ces conditions, ces décisions, qui comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permettent ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé, sont suffisamment motivées au regard des dispositions citées au point précédent.
4. En second lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées, ni des pièces du dossier que le préfet de l'Ardèche n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de M. B. À cet égard, si l'intéressé soutient que cette autorité n'a pas tenu compte, dans le cadre du réexamen de sa demande, des nouveaux éléments contenus dans un courrier du 7 janvier 2022 accompagné de pièces complémentaires, et qu'elle a édicté précipitamment les décisions contestées, avant qu'il ne soit en mesure de produire le formulaire de la demande d'autorisation de travail à durée indéterminée rempli par son employeur le 2 février 2022 et annoncé dans ce courrier, il n'apporte pas le moindre commencement de preuve de nature à établir qu'il aurait porté ces éléments à la connaissance des services préfectoraux préalablement à l'édiction des décisions attaquées. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
5. En premier lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile énonce que : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
6. D'une part, avant l'entrée en vigueur, le 26 mai 2014, de l'ordonnance du 7 mai 2014 visée ci-dessus, qui a notamment modifié les articles L. 111-2 et L. 111-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le territoire de Mayotte ne pouvait être regardé comme étant situé " en France " au sens et pour l'application des dispositions du même code. Dans ces conditions, le préfet de l'Ardèche n'a pas commis d'erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 423-23 de ce code en ne tenant pas compte de la durée de séjour à Mayotte de M. B avant le 26 mai 2014 pour apprécier l'atteinte que la décision contestée serait susceptible de porter au droit au respect de sa vie privée et familiale.
7. D'autre part, le requérant soutient qu'il a transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux en France, dès lors qu'il y réside depuis dix-sept ans et qu'il n'a plus aucune attache dans son pays d'origine. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que M. B a séjourné régulièrement à Mayotte entre 2004 et 2014, il n'établit ni même n'allègue, en tout état de cause, avoir conservé des attaches dans ce département d'outre-mer, où il aurait été confié à sa tante à l'âge de huit ans pour effectuer sa scolarité primaire et secondaire. Par ailleurs, si l'intéressé se prévaut de ses sept années de présence sur le territoire métropolitain, cette seule durée ne saurait, par elle-même, lui ouvrir un droit au séjour. Or, en versant au dossier un courrier du 17 juillet 2020 retraçant son parcours au sein de la mission locale Nord Ardèche d'Annonay à compter du 24 octobre 2014, un certificat de scolarité en première année de licence de sociologie à l'Université Jean-Monnet de Saint-Étienne pour l'année 2015-2016, qu'il a été contraint d'interrompre, ainsi que plusieurs documents relatifs à ses différentes activités salariées et associatives entre 2017 et 2020, M. B n'établit pas l'ancienneté, la stabilité et l'intensité des liens dont il se prévaut sur le territoire français. En outre, le requérant ne justifie pas davantage d'une insertion sociale ou professionnelle particulière sur le territoire national, en dépit de son engagement associatif. Enfin, l'intéressé, célibataire et sans enfant à charge, n'établit pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de huit ans et où résident, selon les termes non contestés de la décision attaquée, sa fratrie, ainsi que ses parents, avec lesquels il est en " relation par Whatsapp de manière irrégulière " selon un courrier du 7 janvier 2022. Dans ces circonstances, compte tenu des conditions de son séjour, le préfet de l'Ardèche, qui a apprécié la nature de ses liens en France au regard de ceux qu'il a conservés aux Comores, n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. B en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, par suite, être écartés. Pour les mêmes motifs, et en l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de l'intéressé ne peut être accueilli.
8. En second lieu, l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ". Et l'article L. 435-1 du même code prévoit que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
9. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité, ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
10. En l'espèce, tout d'abord, M. B soutient que le préfet de l'Ardèche était tenu de soumettre sa demande d'admission exceptionnelle au séjour pour avis à la commission du titre de séjour, dès lors qu'il justifie résider habituellement en France depuis plus de dix-sept années, compte tenu des dix années passées à Mayotte et des sept années passées sur le territoire métropolitain. Toutefois, il résulte de ce qui a été au point 6 qu'antérieurement au 26 mai 2014, le territoire de Mayotte ne pouvait être regardé comme étant situé " en France " au sens et pour l'application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, compte tenu de la durée de résidence en France de l'intéressé, le préfet de l'Ardèche n'était nullement tenu de saisir la commission du titre de séjour pour avis préalablement à l'édiction de la décision contestée. Le moyen tiré du vice de procédure doit, par suite, être écarté.
11. Ensuite, si le requérant produit plusieurs documents relatifs à différentes activités salariées exercées entre 2017 et 2020 en qualité de maçon, d'ouvrier polyvalent et de salarié " entretien de la nature ", ainsi qu'une promesse d'embauche du 4 février 2021 et deux demandes d'autorisation de travail au sein de l'association " Activemploi " en qualité d'ouvrier polyvalent et d'assistant technique pour l'accompagnement de salariés en insertion et la réalisation de chantiers d'espace vert, dont la dernière, datée du 7 février 2022, pour un contrat à durée indéterminée, ces éléments ne sont pas de nature à démontrer une qualification ou une expérience professionnelle particulière. Dès lors, et compte tenu de ce qui a été dit au point 7, M. B ne justifie d'aucune circonstance particulière de nature à démontrer que son admission au séjour répondrait à des motifs exceptionnels ou humanitaires, au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le préfet de l'Ardèche a pu, sans commettre d'erreur manifeste, refuser de faire application de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser sa situation sur leur fondement.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
13. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision contestée devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
15. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés au point 7.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution de la part de l'administration. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement au conseil du requérant d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
Mme Gagey, première conseillère,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le rapporteur,
C. A
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026