jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ZABAD-BUSTANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 avril 2022, A C B, épouse E, représentée par Me Zabad-Bustani, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le délai de départ volontaire et le pays de destination de son éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à tout le moins, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour ce conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
A E soutient que :
- compte tenu de l'interruption du délai de recours par sa demande d'aide juridictionnelle, sa requête est recevable ;
- le refus de délivrance d'un titre de séjour est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- ce refus est entaché d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il viole l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- cette mesure est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la loi française n'est pas compatible avec les dispositions de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ; par suite, la décision lui accordant un délai de départ volontaire de 30 jours est illégale et entachée d'erreur de droit ;
- cette décision n'est en outre pas motivée sur la nécessité d'envisager un délai supérieur à trente jours ;
- ce délai ne permet pas de garantir le respect de l'intérêt supérieur de son enfant et l'unité familiale ;
- la fixation du pays de destination viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, un retour en Algérie, compte tenu de son état de santé, exposant son fils à des traitements inhumains.
Par ordonnance du 28 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 mai 2022.
A E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, conclue à Rome le 4 novembre 1950 ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. A E, ressortissante algérienne née en 1974, déclare être entrée en France le 28 décembre 2019, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Le 29 mars 2021, elle a demandé la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnante d'un enfant malade. Elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prescrit son éloignement d'office, le cas échéant, à destination du pays dont elle a la nationalité ou de tout pays où elle établirait être légalement admissible.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté attaqué :
2. L'arrêté attaqué est signé par le secrétaire général de la préfecture de la Loire, auquel la préfète de ce département avait délégué sa signature pour prendre tous actes, arrêtés, décisions, documents et correspondances administratives, sous réserve d'exceptions n'incluant pas les décisions en matière de séjour et d'éloignement des étrangers, par un arrêté du 1er septembre 2021, publié le 13 septembre suivant au recueil des actes administratifs de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence de ce signataire doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. L'arrêté attaqué vise l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, rappelle que celui-ci ne compte aucune stipulation relative aux accompagnants d'enfant malade mais expose que les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile peuvent néanmoins être appliquées aux algériens. Il relève que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu un avis le 7 septembre 2021, selon lequel si le fils de A E a besoin d'une prise en charge médicale, son absence ne devrait pas avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il expose enfin que la requérante, arrivée récemment en France, n'y justifie pas d'une vie privée et familiale ancienne, intense et stable. Cet arrêté expose ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles est fondé le refus de délivrance d'un titre de séjour. Le moyen tiré de ce qu'il serait insuffisamment motivé sur ce point doit dès lors être écarté.
5. En deuxième lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux différents titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers en général et aux conditions de leur délivrance s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 110-1 de ce code, " sous réserve () des conventions internationales ". En ce qui concerne les ressortissants algériens, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles ils peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Dès lors, A E ne peut utilement se prévaloir ni des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni de celles de son article L. 423-23.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
7. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du compte rendu de consultation de l'unité d'évaluation Loire Autisme et des résultats des tests auxquels le fils mineur F A E a été soumis, que celui-ci présente un tableau de troubles du spectre de l'autisme associé à une important déficience mentale, nécessitant une prise en charge globale et intense, pour laquelle il a été orienté vers un institut médico-éducatif où il est effectivement accueilli depuis mai 2021. Toutefois, consulté, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que, si l'état de santé du fils mineur F A E nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci ne devrait pas avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les pièces produites par la requérante n'indiquent pas précisément les conséquences qu'aurait pour son fils l'interruption de la prise en charge dont il bénéficie en France, et ne justifie pas de ce que celle-ci ne pourrait être poursuivie en Algérie. Dans ces circonstances, il n'est pas établi que le refus de titre de séjour attaqué méconnaît l'intérêt supérieur du fils de la requérante. Cette dernière n'est dès lors pas fondée à soutenir qu'il viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
8. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. A E, entrée récemment en France, a vécu l'essentiel de sa vie en Algérie, pays dont il a la nationalité. La délivrance d'un titre de séjour a également été refusée à son époux, auquel il a été fait obligation de quitter le territoire français, et par un jugement de ce jour, le tribunal rejette la requête formée par celui-ci contre ces mesures. Enfin, rien ne fait obstacle à ce que le fils mineur de la requérante suive ses parents en Algérie, où résident son frère et sa sœur. Dans ces circonstances, le refus de délivrer un titre de séjour à A E n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté. Pour les mêmes raisons, la requérante n'est pas fondée à soutenir que ce refus est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ".
11. Il résulte de ce qui précède que A E n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de lui délivrer un titre de séjour à l'encontre des dispositions de l'arrêté attaqué lui faisant obligation de quitter le territoire français.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ".
13. Ainsi que cela a été exposé ci-dessus l'arrêté attaqué expose les motifs de droit et de fait qui fondent le refus de délivrance d'un titre de séjour. Il vise en outre l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement duquel un tel refus peut être assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Dans ces circonstances, cette mesure d'éloignement n'avait pas en outre à faire l'objet d'une motivation en fait.
14. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9 ci-dessus, A E n'est pas fondée à soutenir que l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne le délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, aux termes de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 visée ci-dessus : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4. () 2. Si nécessaire, les États membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux. () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas ".
16. Il ressort des termes même du paragraphe 1 de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008 que le délai de départ volontaire ne peut être prolongé au-delà de trente jours qu'à titre exceptionnel. A E n'est dès lors fondée ni à exciper de l'incompatibilité de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avec cette directive, ni à soutenir que la préfète de la Loire a entaché sa décision d'une erreur de droit.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 14 de la directive du 16 décembre 2008 : " 1. () les États membres veillent à ce que les principes ci-après soient pris en compte dans la mesure du possible en ce qui concerne les ressortissants de pays tiers au cours du délai de départ volontaire accordé conformément à l'article 7 () : a) l'unité familiale avec les membres de la famille présents sur le territoire est maintenue (). 2. Les États membres confirment par écrit aux personnes visées au paragraphe 1, conformément à la législation nationale, que le délai de départ volontaire a été prolongé conformément à l'article 7, paragraphe 2, ou que la décision de retour ne sera temporairement pas exécutée ".
18. Si ces dispositions imposent aux Etats membres de prévoir qu'en cas de prolongation du délai de départ volontaire, l'étranger en est informé par écrit, elles n'imposent pas que, lorsque l'autorité administrative accorde un délai de départ volontaire allant de sept à trente jours, elle motive sa décision de ne pas accorder un délai plus long. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète de la Loire n'a pas motivé la décision d'accorder un délai de départ volontaire de trente jours à A E, ne peut être accueilli.
19. En troisième et dernier lieu, A E ne produit aucun élément à l'appui du moyen tiré de ce que le délai de départ volontaire de trente jours ne serait pas suffisant pour garantir le respect de l'intérêt supérieur de son enfant et du principe de l'unité familiale.
En ce qui concerne le pays de renvoi :
20. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
21. A E ne justifiant ni des conséquences de l'interruption de la prise en charge dont son fils mineur bénéficie en France, ni de ce que celle-ci ne serait pas accessible en Algérie, il n'est pas établi que son fils sera exposé dans ce pays à une privation de soins constituant un traitement inhumain ou dégradant. Le moyen tiré de ce que le renvoi de la requérante en Algérie viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit dès lors être écarté.
22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que A E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure d'exécution de la part de l'administration. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus font obstacle à ce que le tribunal mette à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, le versement de la somme que réclame Me Zabad-Bustani au titre des frais non compris dans les dépens que A E aurait exposés si elle n'avait pas été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de A E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à A C B, épouse E, et à la préfète de la Loire.
Copie en sera adressée à Me Zabad-Bustani.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Chenevey, président,
M. Arnould, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
J. D
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, en ce qui la concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026