vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS CABINET CHAMPAUZAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 avril 2022 et 17 mai 2022, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 février 2022 par lequel le maire de Lavilledieu a procédé au retrait du permis de construire tacite dont il bénéficiait depuis le 2 janvier 2022 pour la construction d'une maison individuelle.
Il soutient que la procédure contradictoire préalable n'a pas été respectée, en méconnaissance de l'article L. 121-1 et de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2022, la commune de Lavilledieu, représentée par la SELARL Cabinet Champauzac, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. A le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Par ordonnance du 3 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 24 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chapard,
- les conclusions de M. Bodin-Hullin, rapporteur public,
- et les observations de M. A, requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé en mairie de Lavilledieu le 2 novembre 2021 une demande de permis de construire pour la réalisation d'une maison d'habitation. Il a bénéficié le 2 janvier 2022 d'un permis de construire tacite, né du silence gardé par la commune sur sa demande. Par arrêté du 3 février 2022, le maire de Lavilledieu a procédé au retrait du permis de construire dont bénéficiait M. A. Ce dernier demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Lavilledieu :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article L. 112-15 du code des relations entre le public et l'administration : " () / Lorsque l'administration doit notifier un document à une personne par lettre recommandée, cette formalité peut être accomplie par l'utilisation d'un envoi recommandé électronique au sens du même article L. 100 ou d'un procédé électronique permettant de désigner l'expéditeur, de garantir l'identité du destinataire et d'établir si le document a été remis. L'accord exprès de l'intéressé doit être préalablement recueilli. " En application de l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été notifié à M. A par courrier recommandé avec accusé de réception distribué le 25 février 2022. Si la commune de Lavilledieu soutient qu'une première notification a été effectuée par courriel simple le 7 février 2022, il n'est pas démontré que ce document aurait été effectivement remis au requérant à cette date et aurait ainsi eu pour effet de faire courir le délai de recours. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Lavilledieu tenant à la tardiveté de la requête doit être écartée, cette dernière ayant été enregistrée le 24 avril 2022, soit dans le délai de recours qui a commencé à courir le 25 février 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " En application de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. " Aux termes de l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / () ".
5. Le respect du caractère contradictoire de la procédure prévue par les articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration constitue une garantie pour le titulaire du permis de construire que l'autorité administrative entend rapporter.
6. Eu égard à la nature et aux effets d'un tel retrait, le délai de trois mois prévu par l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme oblige l'autorité administrative à mettre en œuvre la procédure contradictoire préalable à cette décision de retrait de manière à éviter que le bénéficiaire du permis ne soit privé de cette garantie.
7. Il ressort des pièces du dossier que le maire de Lavilledieu a adressé à M. A un courrier, daté du 18 janvier 2022, l'informant de l'illégalité du permis tacite dont il bénéficiait depuis le 2 janvier 2022 et de sa volonté de procéder au retrait de ce permis et l'invitant à présenter des observations jusqu'au 2 février 2022. La commune a notifié ce courrier à M. A par lettre recommandée avec accusé de réception, prise en charge par la Poste le lendemain et remise au requérant le 5 février 2022. Si elle fait valoir avoir aussi adressé une copie de ce courrier par courriel à M. A et au maître d'œuvre de son projet le 20 janvier 2022, il n'est pas démontré que ce document aurait été effectivement remis au requérant, la commune ne produisant aucun élément en ce sens. Dans ces conditions, l'intéressé ayant été effectivement averti de l'intention de la commune de procéder au retrait de son permis le 5 février 2022, soit deux jours après que le maire de Lavilledieu ait signé l'arrêté procédant à ce retrait, alors au demeurant que ce dernier pouvait intervenir jusqu'au 2 avril 2022, M. A est fondé à soutenir qu'il a été privé de la garantie que constitue la procédure contradictoire préalable et, par suite, que l'arrêté attaqué est illégal.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Villedieu du 3 février 2022.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par la commune de Lavilledieu au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de M. A qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 3 février 2022 du maire de Lavilledieu est annulé.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Lavilledieu présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Lavilledieu.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Marine Flechet, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
A. Baviera
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ardèche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026