vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203451 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | MESSAOUDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique enregistrés le 5 mai 2022 ainsi que les 3 et 19 juillet 2023, Mme B A, représentée par Me Messaoudi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 décembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Pierre-Bénite l'a suspendue de ses fonctions pour une durée de quatre mois, ensemble la décision du 8 mars 2022 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de condamner la commune de Pierre-Bénite à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation des préjudices résultant de l'illégalité fautive de son exclusion du service, assortie des intérêts légaux et de leur capitalisation ;
3°) d'enjoindre à la commune de Pierre-Bénite de régulariser sa situation administrative et financière dans le délai d'un mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Pierre-Bénite la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa suspension de fonctions est entachée d'illégalité dès lors que sa suspension ne se fonde sur aucun fait de nature à la justifier et que le conseil de discipline n'a pas été saisi, en violation de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- l'illégalité fautive de la décision prononçant sa suspension de fonctions est de nature à engager la responsabilité de la commune de Pierre-Bénite ;
- la perte de revenus liée à la suspension illégale dont elle a fait l'objet peut être évaluée à 4 948 euros et son préjudice moral pourra être fixé à 10 000 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 13 mars et 20 juillet 2023, la commune de Pierre-Bénite, représentée par la société d'avocats Vedesi, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable comme tardive ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés et les préjudices allégués ne sont pas établis.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code civil, notamment son article 1343-2 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard-Rendolet,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- les observations de Me Messaoudi pour Mme A, ainsi que celles de Me Jounier pour la commune de Pierre-Bénite.
Considérant ce qui suit :
1. Gardien-brigadier de police municipale employée par la commune de Pierre-Bénite, Mme A conteste la décision du 21 décembre 2021 par laquelle le maire de cette commune a prononcé sa suspension de fonctions et demande la condamnation de la commune à l'indemniser des préjudices résultant de l'illégalité de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 alors applicable : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois ". Ces dispositions trouvent à s'appliquer dès lors que les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
3. Pour soutenir que les conclusions de la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision du 21 décembre 2021 prononçant sa suspension de fonctions sont tardives, la commune défenderesse fait valoir que le recours gracieux que la requérante a exercé contre cette décision le 28 février 2022 et que le maire de Pierre-Bénite a rejeté par une décision du 8 mars 2022 n'avait lui-même été exercé qu'après expiration du délai de recours contentieux de deux mois et n'avait pu ainsi le proroger. Toutefois, il est constant que, si la décision contestée faisait mention des voies et délais de recours, elle précisait également de façon erronée que le délai de recours contentieux de deux mois courrait à compter de sa notification mais également de sa publication, à laquelle il n'a pas été procédé. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Pierre-Bénite doit être écartée.
4. Pour suspendre la requérante de ses fonctions, le maire de Pierre-Bénite s'est fondé sur le dépôt par Mme A d'une plainte dirigée contre divers agents de la commune pour des faits de harcèlement moral et sur la plainte déposée contre Mme A par deux de ses collègues et son supérieur hiérarchique pour des faits de dénonciation calomnieuse, sur l'impact de cette situation sur l'ambiance au sein du service de police municipale ainsi que sur la nécessité d'éviter d'éventuels troubles au sein de ce service. Toutefois, et alors qu'il ressort des pièces du dossier que les relations entre Mme A et sa hiérarchie étaient marquées d'une défiance réciproque et que l'enquête administrative mentionnée dans l'arrêté en litige ne s'était pas prononcée sur la véracité des faits de harcèlement dénoncés par Mme A, aucun de ces motifs n'était de nature à faire supposer la commission par la requérante d'une faute grave qui aurait justifié sa suspension. Dans ces conditions, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 21 décembre 2021 et de la décision du 8 mars 2022 rejetant le recours gracieux formé à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
5. Il résulte de ce qui précède que Mme A, qui fait état des conséquences psychologiques et financières de sa suspension de fonctions, est fondée à soutenir que la décision du 21 décembre 2021 est entachée d'une illégalité fautive de nature à engager la responsabilité de la commune de Pierre-Bénite.
6. Compte tenu de la durée de quatre mois de la suspension en litige et du montant brut mensuel d'environ 670 euros correspondant au régime indemnitaire dont la requérante indique avoir été privée pendant sa suspension, alors que Mme A, qui a fait valoir ses droits à congés à l'expiration de la période en cause avant de demander sa mutation, n'établit pas avoir été privée d'une chance sérieuse d'effectuer des heures supplémentaires ou de percevoir une prime de nuit et que le bénéfice de tickets restaurants dont elle fait état ne constitue pas un élément de sa rémunération, il sera fait une juste appréciation du préjudice matériel subi par la requérante du fait de l'illégalité de la décision critiquée en condamnant la commune de Pierre-Bénite à lui verser à ce titre la somme de 2 000 euros. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par la requérante, qui faisait déjà l'objet d'un suivi médical lorsque la décision en litige est intervenue, en fixant à 500 euros le montant de la réparation qui lui est due à ce titre.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander la condamnation de la commune de Pierre-Bénite à lui verser la somme de 2 500 euros assortie des intérêts légaux à compter du 3 mars 2022, date de réception de sa demande d'indemnisation par la commune défenderesse. En application de l'article 1343-2 du code civil, ces intérêts seront capitalisés au 3 mars 2023 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Alors que Mme A a sollicité sa mutation et a été radiée des effectifs de la commune de Pierre-Bénite à compter du 14 novembre 2022, l'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement que la commune de Pierre-Bénite régularise la situation administrative de Mme A pour la période correspondant à la suspension en litige. Il y a lieu de lui adresser une injonction en ce sens et de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la commune de Pierre-Bénite présentées sur leur fondement et dirigées contre Mme A, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce et en application de ces mêmes dispositions, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Pierre-Bénite la somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance.
DECIDE :
Article 1er : La décision du 21 décembre 2021 du maire de la commune de Pierre-Bénite portant suspension de fonctions de Mme A et la décision du 8 mars 2022 rejetant le recours gracieux formé à son encontre sont annulées.
Article 2 : La commune de Pierre-Bénite est condamnée à verser à Mme A une indemnité de 2 500 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 mars 2022. Les intérêts échus à la date du 3 mars 2023 seront capitalisés ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Il est enjoint à la commune de Pierre-Bénite de régulariser la situation administrative de Mme A au titre de la période de suspension de fonctions dont elle a fait l'objet dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : La commune de Pierre-Bénite versera la somme de 1 500 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions de la commune de Pierre-Bénite tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Pierre-Bénite.
Délibéré après l'audience du 20 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 avril 2024.
Le rapporteur,
F-X. Richard-RendoletLe président,
A. Gille
Le greffier,
Y. Mesnard
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026