mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203455 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2022, Mme B C, représentée par Me Bescou, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 5 avril 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.
Mme C soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence ;
- le refus de titre de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur de fait.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2022.
La clôture d'instruction a été fixée au 7 juin 2022 par ordonnance du 6 mai 2022.
Postérieurement à la clôture d'instruction, des pièces ont été produites pour la requérante le 28 juin 2022, et une mémoire par le préfet du Rhône le 30 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F ;
- et les observations de Me Guillaume, substituant Me Bescou, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante nigériane née le 22 juin 1987, déclare être entrée en France le 3 décembre 2007. Sa demande d'asile du 7 janvier 2008 a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 19 mars 2008, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 29 juillet 2008. L'intéressée a sollicité le réexamen de sa demande le 25 août 2009, laquelle a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 septembre 2009, que par la Cour nationale du droit d'asile le 14 mars 2012. Par ailleurs, elle a également sollicité le bénéfice d'un titre de séjour à trois reprises. Par des arrêtés des 9 décembre 2008, 9 septembre 2013 et 9 février 2017, respectivement confirmés par des jugements du tribunal administratif de Lyon, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer les titres sollicités et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le 26 juillet 2019, Mme C a sollicité de nouveau un titre de séjour sur les fondements de sa vie privée et familiale ainsi que de l'admission exceptionnelle. Le silence gardé par le préfet sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet, laquelle a été annulée pour défaut de motivation par un jugement du tribunal administratif de Lyon du 27 janvier 2021. Par un arrêté du 5 avril 2022, le préfet du Rhône a procédé au réexamen de la demande de l'intéressée et a explicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Mme C demande l'annulation de ces dernières décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme E D, directrice adjointe des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet en date du 1er décembre 2021, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône le même jour, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L ' 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, âgée de 34 ans à la date de la décision attaquée, est mère de trois enfants nés sur le territoire français les 24 mars 2016, 3 septembre 2019 et 17 mai 2021. Le père de sa première fille, de nationalité nigériane, est également en situation irrégulière et fait lui-même l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal. En outre, le père de ses deux autres enfants, également de nationalité nigériane, avec lequel elle entretient une relation, réside quant-à-lui en Allemagne. Si la requérante se prévaut de la durée de sa résidence en France, il ressort des pièces du dossier qu'elle s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français et en méconnaissance de trois mesures d'éloignement prononcées à son encontre les 9 décembre 2008, 9 septembre 2013 et 9 février 2017, respectivement confirmées par des jugements du tribunal administratif de Lyon des 29 décembre 2008, 25 février 2014 et 4 octobre 2017. Par ailleurs, si Mme C fait valoir son apprentissage de la langue française, le suivi d'un stage de formation de février à juin 2017, sa participation au tissu associatif local et la scolarisation en France de ses trois enfants, et si elle mentionne qu'elle aurait été victime d'un réseau de prostitution dont elle aurait réussi à se défaire, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'au regard notamment de ses conditions d'existence et de la nature de ses liens, la requérante puisse se prévaloir d'une insertion effective dans la société française ni qu'elle aurait en France, ainsi qu'elle le soutient, le centre de sa vie privée et familiale. Enfin, l'intéressée a vécu l'essentiel de son existence au Nigéria, où demeurent sa mère, ses trois frères, ainsi que ses deux sœurs et l'impossibilité pour sa fille aînée de poursuivre sa récente scolarité dans son pays d'origine n'est démontrée par aucune pièce versée au dossier. Dans ces circonstances, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ainsi méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations susmentionnées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
6. Compte tenu des éléments indiqués au point 4 ci-dessus, le préfet n'a pas entaché d'erreur manifeste l'appréciation à laquelle il s'est livré pour refuser l'admission exceptionnelle au séjour de Mme C par la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " " ni, en l'absence d'expérience et de qualifications, au titre d'une activité salariée. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le refus de titre de séjour contesté méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. Mme C fait valoir que sa fille aînée Astrid est scolarisée depuis l'année scolaire 2019/2020 et soutient que ses trois filles risquent de subir des mutilations génitales féminines en cas de retour au Nigéria. Toutefois en l'absence d'élément de nature à établir de risque démontré, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Rhône aurait porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
9. Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prise à son encontre, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
10. En outre, en l'absence de tout élément particulier invoqués, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la mesure d'éloignement doivent être écartés pour les motifs énoncés aux points 4 et 8 s'agissant du refus d'admission au séjour.
11. Enfin, il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de tout élément particulier invoqué, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". () Eu égard à la situation personnelle de l'étranger, l'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours () ".
13. Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire, elle n'est pas fondée à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
14. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision du préfet en date du 5 avril 2022 fixant le pays de destination serait illégale du fait qu'elle serait la conséquence d'une mesure d'éloignement elle-même illégale.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français prises à son encontre, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français par voie de conséquence des précédentes devra être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français / Il en est de même pour l'édiction de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () "
17. Mme C fait valoir que le préfet aurait commis une erreur de fait en estimant qu'elle ne justifiait pas d'une vie familiale stable en France, de moyens d'existence et d'une insertion dans la société française. Toutefois, ces éléments relèvent de l'appréciation portée par le préfet sur la situation de la requérante et ne révèlent pas une erreur sur la matérialité de faits pris en compte.
18. La requérante soutient qu'en prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois à son encontre, le préfet du Rhône a entaché sa décision d'une " erreur manifeste d'appréciation " dans l'application des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle justifie de plus de quatorze ans de présence sur le territoire français, qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'elle est mère de trois enfants et qu'elle justifie d'efforts d'insertion. Toutefois, il ressort de la décision attaquée que pour fixer à dix-huit mois la durée d'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet du Rhône a relevé que Mme C avait fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement qu'elle n'avait pas exécutées et qu'elle était dépourvue d'attaches anciennes et stables en France. Si la requérante justifie d'une durée de résidence de quatorze ans sur le territoire français, il ressort des pièces du dossier qu'elle se maintient en situation irrégulière sur le territoire français depuis son arrivée en France, malgré le prononcé de mesures d'éloignements prises à son encontre en 2008, 2013 et 2017, qu'elle n'a ainsi pas exécutées, alors au surplus que la légalité de ces mesures a été confirmée par le tribunal administratif de Lyon. Par ailleurs, bien que Mme C soit mère de trois jeunes enfants nés sur le territoire français, il ressort des pièces du dossier que les pères de ces derniers, tous deux de nationalité nigériane, sont pour l'un en situation irrégulière en France et pour l'autre résident en Allemagne. Enfin, l'intéressée ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 20 ans et où résident sa mère, ses trois frères et ses deux sœurs. Dans ces conditions, et alors même que Mme C ne représente aucune menace pour l'ordre public, le préfet a pu légalement prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dixhuit mois, laquelle ne présente pas, dans les circonstances de l'espèce, de caractère disproportionnée.
19. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 31 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence de tout élément particulier invoqué tenant à cette décision, être écartés pour les mêmes raisons que précédemment.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 avril 2022. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête, et par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement à la requérante, de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente,
M. Stillmunkes, vice-président,
M. d'Hervé, président honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.
La présidente,
G. FLe vice-président,
H. Stillmunkes
La greffière,
C. Driguzzi
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026