mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203488 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | GUERAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2022, M. B A, représenté par Me Guerault, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date du 24 janvier 2022 par lesquelles la préfète de l'Ain lui a refusé le séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Ain de réexaminer son droit au séjour sous couvert d'une autorisation provisoire de séjour à lui délivrer dans un délai de 8 jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, puis de lui délivrer un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois et sous la même condition d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 300 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Le requérant soutient que :
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 6, 5° de l'accord franco-algérien ; elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de renvoi seront annulées par voie de conséquence.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête au motif que les moyens invoqués ne sont pas fondés, et subsidiairement en demandant en tant que de besoin que soit substitué à son motif de rejet celui tiré de l'inapplicabilité de l'article 6, 5° de l'accord franco-algérien pour un ressortissant algérien relevant du regroupement familial.
Par ordonnance du 9 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 juin 2022 à 12h.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er avril 2022.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, modifiée, conclue à Rome le 4 novembre 1950 ;
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, complété par un protocole, deux échanges de lettres et une annexe, modifié, signé à Alger le 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique, ensemble le décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Stillmunkes, président.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité algérienne, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de ses attaches privées et familiales sur le fondement de l'article 6, 5° de l'accord franco-algérien susvisé. Par les décisions attaquées, la préfète de l'Ain lui a opposé un refus, qu'elle a assorti d'une mesure d'éloignement.
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A est né à Beni Messous en juillet 1993 et qu'il est de nationalité algérienne. Il est entré sur le territoire français en novembre 2016, sous couvert d'un visa court séjour, et s'y serait maintenu irrégulièrement. Il fait valoir sa durée de présence, ses efforts d'intégration ainsi que son mariage, célébré le 19 juin 2021, avec une compatriote titulaire d'un certificat de résidence de dix ans. Il aurait rencontré son épouse, à distance, en 2019 et ils vivraient ensemble depuis juillet 2020. Son épouse serait par ailleurs enceinte depuis novembre 2021. A la date de la décision, leur relation puis leur union demeurent toutefois extrêmement récentes, le mariage ne datant lui-même que de quelques mois. Par ailleurs, en admettant que le requérant justifie sa présence en France depuis cinq ans, il ne fournit pas d'éléments de nature à établir une insertion sociale ancrée dans la durée. Eu égard en particulier à la durée et aux conditions de son séjour ainsi qu'au caractère très récent du mariage invoqué, la préfète de l'Ain n'a pas, en prenant les décisions attaquées de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire français, porté en l'espèce une atteinte excessive au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, au regard des buts que ces décisions poursuivaient. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et en tout état de cause de l'article 6, 5° de l'accord franco-algérien doivent, dès lors, être écartés. La préfète de l'Ain n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de ses décisions sur la situation personnelle du requérant.
3. Il résulte de ce qui précède que les moyens dirigés contre les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ne peuvent être accueillis. Le requérant n'est dès lors pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de renvoi.
4. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi en conséquence que les conclusions afférentes à fin d'injonction et concernant les frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et à la préfète de l'Ain.
Copie en sera adressée à Me Guérault.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente du tribunal,
M. Stillmunkes, président,
M. d'Hervé, président honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.
Le rapporteur,
H. Stillmunkes
La présidente,
G. Verley-Cheynel
La greffière
C. Driguzzi
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026