vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203491 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS ASTERIO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 mai 2022 et le 11 août 2023, Mme B A, représentée par Me Walgenwitz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2021 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 19 avril 2021, ainsi que la décision du 8 mars 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes de reconnaître l'imputabilité au service de son accident et de prendre les décisions statutaires qui en découlent ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la requête est recevable dès lors que la décision attaquée a été produite avant la clôture de l'instruction ;
- les décisions sont entachées d'incompétence de leur auteur ; la preuve de la publication des délégations consenties aux auteurs des décisions n'est pas apportée ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure en l'absence d'information du médecin de prévention, conformément à l'article 18 du décret du 14 mars 1986 ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'appréciation : il existe un lien direct et certain entre l'accident et le service ; l'entretien du 19 avril 2021, qui s'inscrit dans un contexte particulier, doit être considéré comme un accident ; aucune faute personnelle, circonstance particulière ou état antérieur ne sauraient être retenus ; l'administration s'est estimée en compétence liée pour rejeter sa demande en se bornant à reprendre l'avis du conseil médical ;
- l'administration n'a jamais évoqué la tardiveté de la demande, mais a au contraire admis sa recevabilité par un courrier transmis le 27 juillet 2021 ; la demande de substitution de motif ne peut être accueillie.
Par des mémoires en défense enregistrés le 15 juin 2022 et le 17 août 2023, l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, représentée par Me Bracq, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de production de la décision attaquée ;
- les signataires des décisions disposaient d'une délégation régulière de signature ;
- le vice de procédure alléguée n'est pas fondé : le médecin de prévention a été informé de la convocation de Mme A à la séance de la commission de réforme ; en tout état de cause, compte tenu des certificats médicaux produits devant la commission de réforme, l'avis du médecin de prévention n'aurait pas eu d'influence sur le sens de la décision ;
- l'entretien du 19 avril 2021 ne peut pas être considéré comme un accident de service, en l'absence de comportements ou de propos du supérieur hiérarchique de Mme A excédant l'exercice normal de son pouvoir hiérarchique ; les difficultés exprimées par la requérante ont une origine antérieure ;
- Mme A n'a pas respecté le délai de 15 jours prévu par dispositions de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 pour déclarer son accident de service ; ce motif doit être substitué au motif retenu dans la décision du 10 décembre 2021.
Par une lettre du 4 septembre 2023, les parties ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative que le tribunal était susceptible de retenir d'office la compétence liée de l'administration pour rejeter la demande de Mme A de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident survenu le 19 avril 2021, compte tenu de la tardiveté de sa demande déposée au-delà du délai de quinze jours prévu par l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986.
Mme A a produit des observations en réponse le 11 septembre 2023, qui ont été communiquées au défendeur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertolo,
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public,
- et les observations de Me Allala, représentant Mme A, et les observations de Me Teston, représentant l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes.
Des notes en délibéré présentées pour Mme A ont été enregistrées les 15 et 18 septembre 2023.
Une note en délibéré présentée pour l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a été enregistrée le 18 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Inspectrice hors classe de l'action sanitaire et sociale, affectée à l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes depuis le 1er octobre 2018, Mme A a eu, le 19 avril 2021, un entretien avec son supérieur hiérarchique relatif à sa situation personnelle et à ses souhaits de changement d'affectation. En suivant, dès le 20 avril 2021, l'intéressée a été placée en arrêt de travail. Le 25 juin 2021, Mme A a déclaré auprès de l'agence régionale de de santé un accident de service en lien avec l'entretien du 19 avril 2021. Par un avis du 18 novembre 2021, la commission de réforme a émis un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident déclaré. Par une décision du 10 décembre 2021 dont Mme A demande au tribunal de prononcer l'annulation, le directeur général de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident ainsi déclaré.
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service () ". Aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, créé par le décret susvisé du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'Etat : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. " Aux termes de l'article 47-3 du même décret : " I.- La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () IV. Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes ". Il résulte de ces dispositions que le bénéfice du congé pour invalidité temporaire imputable au service est subordonné à une demande en ce sens émanant du fonctionnaire présentée dans les formes et délais qu'elles prévoient.
3. Il ressort des pièces du dossier que le médecin ayant examiné Mme A a établi le 20 avril 2021 un certificat médical d'accident du travail. Ce document constitue le certificat médical prévu par le 2° de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986. Aussi, la déclaration d'accident de service effectuée par Mme A et enregistrée le 21 juin 2021, qui a été présentée au-delà du délai de quinze jours à compter de la date de l'accident tel que prévu par les dispositions de l'article 47-3 précitées dudit décret, est dès lors tardive. Mme A n'invoquant ni force majeure, ni impossibilité absolue, ni aucun motif légitime, le directeur général de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes était tenu, en application des dispositions précitées de ce décret, de rejeter la demande de reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident survenu le 19 avril 2021, la circonstance que le directeur général de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes ait accusé réception de la demande de l'intéressé et indiqué qu'elle était recevable étant, à cet égard, sans incidence. Par suite, l'ensemble des moyens articulés par Mme A à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 10 décembre 2021 rejetant sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident sont inopérants et doivent donc être écartés.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 10 décembre 2021 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 19 avril 2021, ni davantage celle de la décision du 8 mars 2022 rejetant son recours gracieux à l'encontre de laquelle elle n'a développé aucun moyen propre d'annulation. Par suite, sa requête doit être rejetée en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée à l'agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, où siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
Le rapporteur,
C. Bertolo
La présidente,
A. Baux
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026