vendredi 27 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203496 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ABBOUB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 mai 2022, M. A D, représenté par Me Abboub, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mars 2022 en tant que le préfet du Rhône a refusé de renouveler sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de renouveler sa carte de résident dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. D soutient que :
- le signataire de la décision ne disposait pas d'une délégation régulière de signature ;
- la décision est imprécise et insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'illégalité pour manque de loyauté dès lors que le préfet du Rhône a tenu compte de faits anciens ;
- le préfet a commis une erreur de droit en " ne procédant pas à l'examen administratif et individuel de la situation de M. C " ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône qui n'a pas produit d'observations.
Par un courrier du 25 septembre 2020, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office tiré de la méconnaissance du champ d'application de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que la dernière carte de résident de M. D étant expirée au 20 mai 2020, sa demande de " renouvellement " présentée auprès des services de la préfecture du Rhône le 17 septembre 2020 devait être regardée comme tendant à la première délivrance d'une carte de résident et ne pouvait donner lieu à une décision refusant le renouvellement d'une telle carte.
Des observations en réponse à ce moyen relevé d'office ont été enregistrées pour M. D le 29 septembre 2023 et ont été communiquées au défendeur.
Des observations en réponse à ce moyen relevé d'office ont été enregistrées pour la préfète du Rhône le 3 octobre 2023 et ont été communiquées au requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-328 du 25 mars 2020 portant prolongation de la durée de validité des documents de séjour ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertolo,
- et les observations de Me Abboub, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant tunisien né le 21 mai 1972, est entré en France en janvier 1973. L'intéressé a bénéficié d'une carte de résident à compter du 21 mai 1990 renouvelée successivement jusqu'au 20 mai 2020. Le 17 septembre 2020, le requérant en a sollicité le renouvellement. Par une décision du 18 mars 2022, dont M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a refusé de faire droit à sa demande et lui a délivré une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ".
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme B E, directrice des migrations et de l'intégration de la Préfecture du Rhône, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet en date du 1er mars 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial n° 69-2022-034 de la préfecture du Rhône, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment celles de l'article L. 432-12, rappelle les différentes condamnations définitives de M. D et précise que l'intéressé a été condamné à plusieurs reprises pour des faits d'outrage et de violence sur personne dépositaire de l'autorité publique. Par suite, cette décision satisfait aux exigences de motivation prévues par les dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, dès lors, être écarté.
4. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que le préfet du Rhône aurait manqué de loyauté en retenant des condamnations anciennes n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. En quatrième lieu, le moyen tiré de ce que le préfet du Rhône " n'a pas procédé à l'examen administratif et personnel de la situation de Monsieur C " est sans incidence sur la légalité de la décision refusant à M. D le renouvellement de sa carte de résident.
6. Enfin, en dernier lieu, alors qu'il est constant que M. D s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et que la décision attaquée ne l'oblige pas à quitter le territoire français, si l'intéressé indique disposer d'une vie privée et familiale stable en France et en particulier avoir la charge de ses enfants, cette circonstance ne saurait permettre à elle seule d'établir que l'arrêté en litige aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite, et en tout état de cause, être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2023, où siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.
Le rapporteur,
C. Bertolo
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026