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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2203503

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2203503

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2203503
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU Chambre Sociale
Avocat requérantMOUTOUSSAMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 mai 2022 et le 16 octobre 2024, Mme C A, représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de la décision du 28 juillet 2020 et de la carence à assurer son relogement.

Elle soutient que :

- sa pathologie invalidante rend son logement actuel inadapté ;

- la carence à assurer son relogement lui cause des troubles dans les conditions d'existence.

Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2024, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- elle est irrecevable en l'absence de preuve de la réception de la seconde réclamation indemnitaire ;

- la carence n'est pas établie dès lors qu'elle a bénéficié de deux propositions de logement adapté dans le délai requis, le premier ayant été refusé en raison des dettes de la requérante et de l'absence de mise à jour de son dossier ;

- les troubles dans les conditions d'existence ne sont pas établis.

Mme A bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mars 2022.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux prestations, allocations ou droits attribués au titre du logement en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les observations de Mme B pour la préfète du Rhône, la requérante n'étant ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision du 18 mai 2021 prise en exécution du jugement n° 2007094 rendu le 20 avril 2021 ayant annulé sa précédente décision du 28 juillet 2020, la commission de médiation " droit au logement opposable " du Rhône a reconnu Mme A comme étant prioritaire et devant être relogée d'urgence dans un logement de type T3 adapté à ses besoins et ses capacités. En l'absence de proposition de relogement, elle a sollicité l'indemnisation des préjudices subis par une première demande préalable reçue le 5 janvier 2022.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière (), n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. / Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".

3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour provoquer une offre de logement.

4. Il résulte de l'instruction qu'avant son relogement le 4 novembre 2022 dans un appartement de type 2 à Caluire-et-Cuire dont il n'est pas allégué qu'il serait inadapté, Mme A, reconnue affectée d'un handicap avec un taux d'incapacité d'au moins 80 % pour la période 2019-2022 par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées, occupait à Meyzieu un logement inadapté à sa situation et ses besoins compte tenu de la présence d'un escalier sans main-courante, de toilettes inadaptées et de l'absence de douche au profit d'une baignoire, eu égard à la spondylartrite de niveau IV la plaçant dans la " difficulté absolue " à marcher ou se laver et nécessitant l'aménagement de son appartement selon le certificat médical produit qui n'est pas sérieusement contesté. Cependant, il n'est pas établi que l'illégalité de la décision du 28 juillet 2020 qui a retardé sa reconnaissance comme devant être prioritaire et relogée d'urgence dans un logement adapté, ainsi que la carence à exécuter la décision de la commission finalement prise en ce sens, sont la cause directe et certaine de l'obligation de Mme A à se maintenir dans ce logement de Meyzieu dès lors que la requérante, qui a déclaré souhaiter un logement de type 3 alors qu'elle vit seule depuis le début de l'année 2022, a bénéficié d'une proposition de logement de ce type à Saint Symphorien d'Ozon en janvier 2022 qui lui a été refusé par la commission d'attribution des logements sociaux et de l'examen de l'occupation des logements en raison de ses dettes de loyer qu'elle ne conteste pas.

5. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui verser une somme en réparation des troubles dans ses conditions d'existence, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

R. Reymond-Kellal

La greffière,

T. Zaabouri

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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