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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2203505

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2203505

mercredi 27 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2203505
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Sous le n°2203505, par une requête enregistrée le 10 mai 2022, M. G C, représenté par Me Sabatier, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 12 avril 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien de 10 ans sur le fondement des stipulations de l'article 7 bis-b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ou un certificat de résidence algérien d'un an sur le fondement des stipulations de l'article 6-5 du même accord dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

M. C soutient que :

- l'ensemble des décisions sont entachées d'incompétence ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 7 bis-b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet du Rhône a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination sont illégales en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 mai 2022.

La clôture d'instruction a été fixée au 10 juin 2022 par ordonnance du 10 mai 2022.

Le préfet du Rhône a produit un mémoire le 27 juin 2022, après clôture d'instruction et non communiqué.

II- Sous le n°2203509, par une requête, enregistrée le 10 mai 2022, Mme H C, représentée par Me Sabatier, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 12 avril 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien de 10 ans sur le fondement des stipulations de l'article 7 bis-b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ou un certificat de résidence algérien d'un an sur le fondement des stipulations de l'article 6-5 du même accord dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

Mme C soutient que :

- l'ensemble des décisions sont entachées d'incompétence ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 7 bis-b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco algérien du 27 décembre 1968 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet du Rhône a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination sont illégales en conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 mai 2022.

La clôture d'instruction a été fixée au 10 juin 2022 par une ordonnance du 10 mai 2022.

Le préfet du Rhône a produit un mémoire le 27 juin 2022, après clôture d'instruction et non communiqué.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme J,

- et les observations de Me Guillaume, substituant Me Sabatier, représentant M. et Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Les deux requêtes précitées concernent la situation de deux époux étrangers, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a ainsi lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. et Mme C, de nationalité algérienne, déclarent être entrés en France le 27 mai 2019 munis de leurs passeports revêtus d'un visa court séjour Schengen portant la mention " ascendant non à charge " valable du 3 juin 2019 au 2 juin 2020. En raison de la crise sanitaire et à titre exceptionnel, les intéressés ont bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour valable du 10 avril 2020 au 9 juillet 2020, prolongée jusqu'au 8 janvier 2021. Le 5 mars 2021, ils ont chacun sollicité un titre de séjour sur le fondement des articles 7-bis-b et 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Par deux décisions en date du 12 avril 2022, le préfet du Rhône a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel ils sont susceptibles d'être reconduits d'office. Les intéressés demandent l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

3. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme D I, directrice des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation accordée le 11 janvier 2022 par le préfet du Rhône, publiée au recueil des actes administratifs le même jour, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant refus d'admission au séjour :

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968: " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau [l'article 6], ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord () ".Aux termes de l'article 7 bis b dudit accord " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue en France de trois années. Il est statué sur leur demande en tenant compte des moyens d'existence dont ils peuvent faire état, parmi lesquels les conditions de leur activité professionnelle et, le cas échéant, des justifications qu'ils peuvent invoquer à l'appui de leur demande./Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées./Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : () b) À l'enfant algérien d'un ressortissant français si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est à la charge de ses parents, ainsi qu'aux ascendants d'un ressortissant français et de son conjoint qui sont à sa charge ()".

5. L'autorité administrative, lorsqu'elle est saisie d'une demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence au bénéfice d'un ressortissant algérien qui fait état de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, peut légalement fonder sa décision de refus sur la circonstance que l'intéressé ne saurait être regardé comme étant à la charge de son descendant, dès lors qu'il dispose de ressources propres, que son descendant de nationalité française ne pourvoit pas régulièrement à ses besoins, ou qu'il ne justifie pas des ressources nécessaires pour le faire.

6. M. et Mme C soutiennent d'une part, qu'ils sont à la charge de leur fille, B, de nationalité française, qui leur verse régulièrement depuis 2017 une aide financière et les héberge à titre gratuit depuis leur arrivée en France, et d'autre part, que la pension de retraite perçue par M. C, unique source de revenu du couple, est insuffisante pour subvenir à leurs besoins. Il ressort des pièces produites par les requérants notamment d'une attestation de revenu établie par la caisse nationale des retraites que M. C perçoit depuis le 1er février 2009 une pension de retraite d'un montant mensuel de 52 315,36 dinars algérien, excédant le salaire minimum algérien, indépendamment des subsides que leur verse leur fille. Il résulte de ce qui précède que M. C bénéficie de ressources propres d'un niveau supérieur au salaire minimum algérien, assurant une indépendance financière au couple et leur permettant de régler leur loyer de 90 euros par mois. En outre, M. et Mme C n'établissent pas être dans l'impossibilité de subvenir à leurs besoins dans leur pays d'origine. En tout état de cause, alors même que les pièces versées au dossier justifient que leur fille B, de nationalité française, a effectué des virements bancaires en faveur de M. C alors qu'il résidait encore en Algérie, les 29 mars 2017 pour un montant de 4 500 euros, 28 août 2018 pour un montant de 5000 euros et 3 mai 2019 pour un montant de 6 000 euros, cette circonstance ne permet pas d'établir que leur fille pourvoit régulièrement à leurs besoins, et ce, alors même que la somme de 6 000 euros versée en mai 2019 a été déclarée sur sa déclaration d'impôt sur le revenu dans la catégorie des pension alimentaires versées. En outre, en admettant même que les intéressés aient besoin d'une aide matérielle, il ne ressort pas des pièces du dossier que les quatre autres filles des époux résidant en Algérie ne pourraient leur apporter une telle aide. En outre, M. et Mme C ne peuvent se prévaloir utilement de l'intégration de leurs trois autres enfants résidant en France sous couverts de certificat de résidence algérien. Il suit de là qu'en estimant que M. et Mme C ne versaient au dossier aucun élément probant justifiant de leur dépendance, le préfet du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ni méconnu le b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 :" Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ().

8. Il ressort des pièces versées au dossier que M. et Mme C sont entrés en France le 27 décembre 2019 alors qu'ils étaient respectivement âgés de 67 et 62 ans. S'ils se prévalent de la présence en France de cinq de leurs enfants, dont deux sont de nationalité française, parmi lesquels leur fille B qui les héberge, ils ne justifient cependant pas être dépourvus de toutes attaches familiales en Algérie où ils ont vécu l'essentiel de leur existence et où résident notamment quatre de leurs enfants. S'ils font valoir sans l'établir la nécessité pour M. C de demeurer sur le territoire français en raison de son état de santé, et se prévalent de leurs liens réguliers et étroits avec leurs enfants et petits-enfants en France ainsi que de leur maîtrise de la langue française, ces éléments ne suffisent pas à démontrer qu'ils y auraient désormais, ainsi qu'ils le soutiennent, le centre de leur vie privée et familiale. Compte tenu de la durée de leur présence en France, et alors même qu'ils ne constituent pas une menace à l'ordre public, les décisions du 12 avril 2022 du préfet du Rhône n'ont pas porté au droit des intéressés au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Les décisions attaquées n'ont ainsi méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien susvisé. Pour les mêmes motifs, ces décisions ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur leur situation personnelle.

9. Les requérants soutiennent que le préfet du Rhône a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation au motif que les liens qu'ils entretiennent avec leurs enfants ainsi que les problèmes de santé de M. C constituent des circonstances humanitaires justifiant une mesure de régularisation. Toutefois, compte-tenu de ce qui précède, le préfet du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation.

En ce qui concerne les obligations de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, M. et Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour prises à leur encontre, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

11. En l'absence de tout élément particulier invoqués, et même en tenant compte des conséquences spécifiques à la mesure d'éloignement, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs énoncés au point 8 s'agissant des décisions portant refus d'admission au séjour.

En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire :

12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". () Eu égard à la situation personnelle de l'étranger, l'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours () ".

13. M. et Mme C n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et leur faisant obligation de quitter le territoire, ne sont pas fondés à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions fixant le délai de départ volontaire.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :

14. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions du préfet en date du 12 avril 2022 fixant le pays de destination seraient illégales du fait qu'elles seraient la conséquence de décisions de refus de titre de séjour et faisant obligation de quitter le territoire elles- mêmes illégales.

Sur les frais liés au litige :

15. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement au conseil des requérants, de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M C et de Mme C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G C, à Mme H C et au préfet du Rhône.

Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Verley-Cheynel, présidente,

M. Stillmunkes, vice-président,

M. d'Hervé, président honoraire.

.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.

La présidente,

G. JLe vice-président,

H. Stillmunkes

La greffière,

C. Driguzzi

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

2-2203509

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