mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203534 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BS2A BESCOU ET SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2022, M. A B, représenté par la SELARL Bescou et Sabatier avocats associés (Me Sabatier), demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date du 12 avril 2022 par lesquelles préfet du Rhône lui a refusé le séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé à trente jours le délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", ou à tout le moins de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement à son conseil d'une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Le requérant soutient que :
- les décisions sont entachées d'incompétence ;
- le refus de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il méconnaît l'article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lu à la lumière de la circulaire du 28 novembre 2012 invoquée sur le fondement de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration ; il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de séjour ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle méconnaît l'article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- la fixation du délai de départ volontaire est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la fixation du pays de renvoi est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;
- l'interdiction de retour est illégale en conséquence de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle méconnaît l'article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant ; elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par une ordonnance du 10 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 juin 2022 à 12h.
Par un mémoire enregistré le 29 juin 2022, le préfet du Rhône a produit des pièces qui n'ont pas été communiquées.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par le requérant a été rejetée par une décision du 22 juillet 2022.
Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, modifiée, conclue à Rome le 4 novembre 1950 ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique, ensemble le décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Stillmunkes, président,
Considérant ce qui suit :
1. M. B, de nationalité albanaise, demande l'annulation des décisions en date du 12 avril 2022 par lesquelles le préfet du Rhône lui a refusé le séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé à trente jours le délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois.
Sur la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme C, directrice adjointe des migrations et de l'intégration de la préfecture du Rhône, sur le fondement de la délégation de signature prévue par l'article 2 de l'arrêté du 5 avril 2022 portant délégation de signature aux agents de la préfecture, régulièrement publié le 8 avril. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment de la décision attaquée ainsi que de la requête, que M. B est né en février 1991 à Shkodër et qu'il est de nationalité albanaise. Il est entré sur le territoire français pour la première fois en octobre 2016. Il est constant que ses demandes d'asile ont été rejetées. Par ailleurs, s'il entend se prévaloir d'un mariage avec une compatriote et de la naissance d'un enfant, toutefois, ainsi que le préfet du Rhône le relève dans sa décision, le couple s'est séparé en raison de violences conjugales répétées et graves commises par le requérant, qui a été en dernier lieu condamné pénalement le 16 juillet 2021 à 10 mois d'emprisonnement dont trois avec sursis, pour violences par conjoint en présence d'un mineur. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que son épouse disposerait d'un droit au séjour et qu'elle aurait ainsi vocation à demeurer sur le territoire français avec l'enfant du couple. Si le requérant fait valoir avoir exercé une activité de maçon durant quelques mois de l'année 2019, cette activité est ainsi très limitée et ne s'est pas prolongée. Enfin, le préfet du Rhône relève que le requérant a déjà fait l'objet le 3 novembre 2017 d'un refus de séjour assorti d'une mesure d'éloignement. Eu égard à la durée et aux conditions du séjour du requérant ainsi qu'à son comportement, le préfet du Rhône n'a pas porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts que la décision de refus de séjour poursuivait. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 doivent, ainsi, être écartés. Le préfet du Rhône n'a pas, pour les mêmes motifs, davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant. Enfin, eu égard notamment au comportement familial du requérant, et alors qu'en tout état de cause il ne ressort pas des pièces du dossier que l'épouse du requérant disposerait d'un droit au séjour et qu'elle aurait vocation à demeurer en France avec l'enfant du couple, le préfet du Rhône n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant.
4. En troisième lieu, pour les motifs qui viennent d'être exposés sur la situation personnelle et professionnelle du requérant, le préfet du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant ne peut utilement invoquer la méconnaissance de la circulaire du 28 novembre 2012, qui est dénuée de valeur réglementaire. S'il entend se prévaloir des dispositions de l'article L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration, cette circulaire, qui se borne à suggérer des orientations non impératives, ne contient pas d'interprétation opposable au sens de ces dispositions.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.
6. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés.
7. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant doivent en l'absence de tout autre élément invoqué par le requérant être écartés pour les motifs qui ont été exposés.
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ni en tout état de cause de celle de la décision portant refus de séjour.
9. En second lieu, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ni en tout état de cause de celle de la décision portant refus de séjour.
11. En second lieu, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ni en tout état de cause de celle de la décision portant refus de séjour.
13. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés.
14. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence de tout autre élément invoqué par le requérant, être écartés pour les motifs qui ont été exposés.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ". Pour décider, en l'espèce, que soit fait interdiction au requérant de retourner sur le territoire français pour la durée maximale de vingt-quatre mois, le préfet du Rhône s'est fondé sur l'absence d'insertion familiale, sociale et professionnelle ancrée dans la durée, sur le comportement délictuel grave précité, sur la méconnaissance d'une précédente mesure d'éloignement et sur le maintien prolongé en séjour irrégulier. Ce faisant, le préfet du Rhône, qui a pris en compte l'ensemble des éléments pertinents du comportement de l'intéressé et ne s'est pas cru à tort lié par la condamnation pénale précitée mais a plutôt recherché le risque que révélait le comportement en cause, n'a commis ni erreur de droit, ni erreur de fait, ni erreur d'appréciation.
16. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions afférentes à fin d'injonction et concernant les frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet du Rhône.
Copie en sera adressée à la SELARL Bescou et Sabatier avocats associés.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Verley-Cheynel, présidente du tribunal,
M. Stillmunkes, président,
M. d'Hervé, président honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.
Le rapporteur,
H. Stillmunkes
La présidente,
G. Verley-Cheynel
La greffière
C. Driguzzi
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026