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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2203604

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2203604

lundi 20 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2203604
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantBRENDEL-FARGETTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 29 avril 2022, enregistrée au greffe du tribunal le 12 mai 2022, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. B D.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 17 avril 2022, et trois mémoires, enregistrés au greffe du tribunal le 13 juin 2022 et les 2 mars et 3 juillet 2023, M. D, représenté par Me Brendel-Fargette, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le ministre de l'intérieur a accepté son offre de démission à compter du lendemain de la date de sa notification et l'a déclaré redevable de la somme forfaitaire liée à l'application des dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 5 février 1997 portant application de l'article 9 du décret n° 95-654 du 9 mai 1995 relatif à l'engagement de servir l'État et au remboursement d'une somme forfaitaire par certains élèves ou anciens élèves issus des corps actifs des services de la police nationale ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de le réintégrer au sein de l'école nationale de police d'Oissel afin qu'il y poursuive sa formation d'élève gardien de la paix jusqu'à son terme ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a décidé de démissionner de ses fonctions d'élève gardien de la paix en raison de difficultés financières ayant eu un impact sur sa santé et des conditions de vie au sein du centre de formation de la police (CFP) de Chassieu ;

- il regrette d'avoir présenté sa démission ;

- le secrétariat du CFP de Chassieu l'a informé qu'il devrait rembourser un montant forfaitaire sans être en mesure de lui préciser ce montant ;

En ce qui concerne la décision portant acceptation de son offre de démission :

- elle est entachée d'incompétence de sa signataire ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 551-1 du code général de la fonction publique ; en effet :

• il n'a pas manifesté sa volonté non équivoque de quitter ses fonctions ;

• il a présenté son offre de démission sous la pression, alors qu'il se trouvait dans un état de santé qui ne lui permettait pas d'en apprécier la portée ;

• il a informé oralement le secrétariat du CFP de Chassieu de son souhait de retirer cette offre deux jours après l'avoir présentée ;

En ce qui concerne la décision le déclarant redevable d'une somme forfaitaire :

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 9 du décret n° 95-654 du 9 mai 1995, dès lors qu'il n'a jamais souscrit un engagement préalable de rester au service de l'État et qu'il a mis fin à sa scolarité pour cause d'inaptitude physique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que l'unique moyen soulevé par M. D doit être écarté.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 ;

- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;

- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 ;

- l'arrêté du 5 février 1997 portant application de l'article 9 du décret n° 95-654 du 9 mai 1995 relatif à l'engagement de servir l'État et au remboursement d'une somme forfaitaire par certains élèves ou anciens élèves issus des corps actifs des services de la police nationale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gueguen ;

- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public ;

- et les observations de Me Verrier, substituant Me Brendel-Fargette, représentant M. D.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du ministre de l'intérieur du 22 juillet 2020, M. D, lauréat du concours de gardien de la paix, a été nommé en qualité d'élève gardien de la paix à compter du 22 juin 2020 et admis à suivre sa première période de formation statutaire au sein de la 257ème promotion de l'école nationale de police (ENP) d'Oissel, située dans le département de la Seine-Maritime. Après avoir interrompu une première fois sa scolarité pour des raisons de santé, par un arrêté du ministre de l'intérieur en date du 9 mars 2021, l'intéressé a été autorisé à suivre une nouvelle période de formation au sein la 260ème promotion de l'ENP d'Oissel à compter du 8 mars 2021. Ayant une nouvelle fois interrompu sa scolarité pour des raisons de santé, par un arrêté du ministre de l'intérieur en date du 9 décembre 2021, M. D a été autorisé à suivre une nouvelle période de formation statutaire au sein de la 264ème promotion du centre de formation de la police (CFP) de Chassieu, situé dans le département du Rhône, à compter du 6 décembre 2021. Par un courrier du 18 mars 2022, adressé au chef du CFP de Chassieu sous couvert de la voie hiérarchique, M. D a présenté sa démission. Par un arrêté du 4 avril 2022 notifié le 14 avril suivant, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, le ministre de l'intérieur a accepté cette offre de démission, à compter du lendemain de la date de sa notification, et l'a déclaré redevable de la somme forfaitaire prévue par les dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 5 février 1997 portant application de l'article 9 du décret n° 95-654 du 9 mai 1995 relatif à l'engagement de servir l'État et au remboursement d'une somme forfaitaire par certains élèves ou anciens élèves issus des corps actifs des services de la police nationale. Enfin, par un courriel du 8 août 2022, postérieur à la date d'introduction de sa requête, M. D a formé un recours gracieux qui a été rejeté par le ministre de l'intérieur et des outre-mer le 17 août suivant.

En ce qui concerne la décision portant acceptation de l'offre de démission présentée par M. D :

2. En premier lieu, par une décision du 24 janvier 2022, régulièrement publiée au journal officiel de la République française, le 1er février suivant, et accessible tant au juge qu'aux parties, M. C A, inspecteur général de l'administration, directeur des ressources et des compétences de la police nationale, a donné délégation à Mme Sylvie Hervé-Magne conseillère d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, adjointe à la cheffe du bureau des gradés et gardiens de la paix, à l'effet de signer, au nom du ministre de l'intérieur, les décisions contenues dans l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée manque en fait et ne peut qu'être écarté.

3. En second lieu, selon les termes de l'article L. 551-1 du code général de la fonction publique : " La démission ne peut résulter que d'une demande écrite de l'intéressé marquant sa volonté non équivoque de cesser ses fonctions. / Elle n'a d'effet qu'après acceptation par l'autorité investie du pouvoir de nomination, à la date fixée par cette autorité. / La démission du fonctionnaire, une fois acceptée, est irrévocable. ".

4. Si la démission d'un agent public ne peut résulter que d'une demande écrite de l'intéressé marquant sa volonté claire et non équivoque de rompre le lien qui l'unissait au service, cette offre de démission ne peut toutefois être légalement acceptée par l'autorité administrative qu'à la condition de ne pas être entachée d'un vice du consentement.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 18 mars 2022, transmis sous couvert de la voie hiérarchique, M. D a adressé au chef du CFP de Chassieu sa démission qui a été transmise aux services du ministère de l'intérieur, après visas du chef du pôle pédagogique, de l'adjoint au chef du CFP de Chassieu chargé de la division des formations et de la cheffe adjointe, au plus tôt le 28 mars suivant. Contrairement à ce qu'il soutient, il ressort des termes mêmes de cette offre, dont l'objet était intitulé " demande de démission de mon poste d'élève gardien de la paix ", que le requérant avait manifesté par écrit, de manière claire et non équivoque, sa volonté de quitter ses fonctions d'élève gardien de la paix aux motif qu'il était " dans l'obligation de démissionner () pour des raisons médicales et sur les instructions de (s)on médecin traitant ", dès lors que " (s)on état de santé ne (lui) permet(ait) plus de suivre (s)a scolarité ", la circonstance qu'il ait introduit un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif de Versailles le 17 avril 2022, soit trois jours après la notification de la décision en litige, étant à cet égard sans incidence. Par ailleurs, et contrairement à ce que soutient également l'intéressé, il ne ressort pas des pièces du dossier que ladite offre puisse être regardée comme entachée d'un vice du consentement compte tenu de la chronologie des faits, de son état de santé et du contexte dans lequel il l'a présentée. En effet, alors que les éléments qu'il verse au débat ne sont pas de nature à démontrer qu'il était placé en arrêt de travail à la date à laquelle il a présenté son offre de démission, si le requérant fait état de ce qu'il aurait présenté sa démission alors qu'il souffrait d'un " profond syndrome dépressif " résultant de ses difficultés financières, de son éloignement du domicile familial situé dans le département des Yvelines et des conditions de sa scolarité au sein de cet établissement, il ne justifie toutefois pas que son état de santé ne lui permettait pas d'apprécier la portée de sa décision à la date du 18 mars 2022 en se bornant à produire deux certificats médicaux rédigés par son médecin traitant les 16 mars et 3 juin 2022, mentionnant, de façon très peu circonstanciée, que son état de santé était " incompatible avec sa formation de gardien de la paix " et qu'il avait " nécessité des arrêts de son activité professionnelle en début d'année 2022 ", un certificat médical rédigé le 27 juin suivant par une psychologue recommandant son " évaluation médicale dans les plus brefs délais " compte tenu de sa " fragilité psychique ", ou enfin, un certificat médical rédigé par ce même médecin traitant le 5 juillet 2023, soit plus d'un an et trois mois après les faits, et aux termes duquel il l'avait " consulté à plusieurs reprises entre (janvier) et (mai) 2022 dans le cadre de troubles anxieux liés à ses activités professionnelles ". À cet égard, si M. D se prévaut également de ce que cette offre de démission résulterait d'un " acte de désespoir ", à la fois " irrationnel et irréfléchi ", commis alors qu'il était " sous la pression " de " circonstances particulières ", il ressort toutefois des pièces produites en défense que l'intéressé avait pris l'attache des services du CFP de Chassieu dès son intégration au sein de cet établissement à compter du 6 décembre 2021, afin d'obtenir des informations sur les conséquences d'une démission envisagée du fait des difficultés financières importantes qu'il allait rencontrer dans le cadre de sa scolarité au regard de l'éloignement de son domicile familial et du rejet de ses demandes tendant à suivre sa formation au sein de l'ENP d'Oissel ou de Sens. En outre, si le requérant fait grief à l'administration de ne pas l'avoir reçu " en entretien " suite à la réception de son offre de démission " associée " à ses " nombreux arrêts de travail précédents " et ses " multiples alertes ", afin de " vérifier qu'il avait conscience de la portée de son acte " et de " s'assurer de son maintien ", il ne se prévaut d'aucune disposition ni d'aucun principe imposant la tenue d'un tel entretien, alors au surplus qu'il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'il ne démontre pas avoir été placé en arrêt de travail avant la période comprise entre le 19 et le 27 mars 2022 et qu'il ressort du courriel du 9 juin suivant versé au débat qu'il avait seulement évoqué " ses problèmes financiers " avec le service médical statutaire du CFP de Chassieu et non d'éventuelles pathologies psychiques ou psychiatriques. Enfin, s'il ne ressort pas des pièces du dossier, contrairement à ce que fait valoir le ministre de l'intérieur et des outre-mer, que M. D a " réitéré sa volonté de démission " postérieurement à l'offre qu'il avait présentée le 18 mars 2022, en tout état de cause, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le requérant aurait manifesté la volonté claire et non équivoque de retirer cette offre avant le 14 avril 2022, date à laquelle la décision contestée du 4 avril 2022 lui a été notifiée, la circonstance, alléguée dans le dernier état de ses écritures, selon laquelle il en aurait " informé oralement le secrétariat " du CFP de Chassieu " deux jours seulement " après avoir présentée ladite offre n'étant pas établie par la seule production d'un courrier qu'il a lui-même rédigé le 16 juin 2023. Par suite, dès lors que M. D n'a pas manifesté, entre le 18 mars et le 14 avril 2022, le souhait de revenir sur l'offre de démission qu'il avait librement présentée de manière claire et non équivoque, le ministre de l'intérieur n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 551-1 du code général de la fonction publique en l'acceptant.

En ce qui concerne la décision déclarant M. D redevable d'une somme forfaitaire :

6. D'une part, aux termes de l'article 6 du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les candidats admis au concours de gardien de la paix qui ne peuvent être nommés élèves gardiens de la paix en raison d'une inaptitude médicale temporaire peuvent obtenir, à leur demande, un report d'entrée en formation, pour une durée qui ne peut être supérieure à un an, sur avis d'un médecin agréé ou du comité médical compétent en application du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires. ". Par ailleurs, selon les termes de l'article 7 du même décret : " La formation statutaire des gardiens de la paix s'organise en deux périodes dans les conditions prévues aux articles 7-1 et 8. () ". L'article 7-1 de ce même décret prévoit à cet égard que : " Les candidats reçus sont nommés en qualité d'élève et suivent une première période de formation de huit mois au sein d'une structure de formation de la police nationale. Ceux d'entre eux qui, à l'issue de cette période, ont réussi les épreuves d'évaluation sont nommés gardiens de la paix stagiaires. / Il peut être mis fin à cette première période de formation en cas d'interruption de celle-ci pour une durée supérieure à trente jours du fait de congés de toute nature, consécutifs ou non, autres que le congé annuel. Il est alors fait obligation à l'élève de suivre une nouvelle formation. Il ne peut bénéficier de cette disposition qu'une seule fois. () ". Et selon les termes de l'article 8 du même décret : " Les gardiens de la paix stagiaires bénéficient d'une seconde période de formation sous forme de stage adapté à leur premier emploi d'une durée de seize mois. Cette période peut être prolongée pour une durée de trois mois à un an. A l'issue de ce stage, qui comporte des modules de formation obligatoires, les gardiens de la paix reconnus aptes sont titularisés et, sous réserve des dispositions de l'article 8-1, placés au premier échelon de leur grade. Les autres stagiaires sont soit licenciés, soit réintégrés dans leurs corps d'origine. ".

7. D'autre part, aux termes de l'article 9 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " La nomination en qualité d'élève dans un corps des services actifs de la police nationale est subordonnée à la souscription de l'engagement préalable de rester au service de l'Etat pendant une période de quatre ans à compter de la titularisation si la durée de la formation initiale est inférieure ou égale à un an, de cinq ans si cette durée est supérieure à un an et inférieure à deux ans, de sept ans si la durée de la formation initiale est égale ou supérieure à deux ans. / L'élève ou l'ancien élève qui, pour toute autre cause que l'inaptitude physique, met fin à sa scolarité plus de trois mois après son admission ou qui rompt son engagement doit reverser au Trésor une somme forfaitaire fixée par arrêté du ministre de l'intérieur dont le montant ne peut dépasser le montant cumulé du traitement perçu en qualité d'élève, de l'indemnité de résidence et des frais d'études. / En cas de difficultés personnelles graves, il peut être dispensé en tout ou partie de cette obligation. ". Selon les termes de l'article 1er de l'arrêté du 5 février 1997 portant application de l'article 9 du décret n° 95-654 du 9 mai 1995 relatif à l'engagement de servir l'État et au remboursement d'une somme forfaitaire par certains élèves ou anciens élèves issus des corps actifs des services de la police nationale : " En application des dispositions de l'article 9 du décret n° 95-654 du 9 mai 1995 susvisé, la somme forfaitaire due par l'élève qui, pour toute autre cause que l'inaptitude physique, interrompt sa scolarité plus de trois mois après son admission ou par l'ancien élève qui met fin à son stage ou qui rompt son engagement de servir l'Etat est fixée conformément aux articles 2 à 4 du présent arrêté. ". L'article 2 du même arrêté prévoit à cet égard que : " La somme forfaitaire due par l'élève qui interrompt sa scolarité correspond au montant des trois derniers mois de traitement brut, hors indemnités. ". Et selon les termes de l'article 7 de ce même décret : " En cas de difficulté personnelle grave, l'élève ou l'ancien élève peut être dispensé de tout ou partie de l'obligation de remboursement de la somme forfaitaire mentionnée aux articles 2, 3 ou 4 ci-dessus, par arrêté du ministre de l'intérieur. ".

8. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que l'élève gardien de la paix qui, pour toute autre cause que l'inaptitude physique, interrompt sa première période de formation de huit mois au sein d'une structure de formation de la police nationale plus de trois mois après son admission, est tenu de rembourser au Trésor public une somme forfaitaire, correspondant au montant des trois derniers mois de son traitement brut, hors indemnités, alors même qu'il n'aurait pas souscrit un engagement préalable de rester au service de l'État préalablement à sa nomination en qualité d'élève, sauf à ce qu'il soit dispensé du remboursement de tout ou partie de cette somme en cas de difficulté personnelle grave.

9. En l'espèce, il est constant que M. D a interrompu sa scolarité au sein de la 264ème promotion du CFP Chassieu plus de trois mois après son admission. Si le requérant, qui a nécessairement été reconnu apte aux fonctions d'élève gardien de la paix suite à son admission au concours et qui a été autorisé, à deux reprises, à suivre sa première période de formation statutaire après l'avoir interrompue pour des raisons de santé, soutient avoir démissionné de ses fonctions en raison de son " état de santé () incompatible avec le suivi de sa formation ", il ne justifie pas d'une inaptitude physique au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 9 du décret du 9 mai 1995 par la seule production des documents médicaux précédemment mentionnés au point 5, alors au surplus qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé avait entrepris des démarches afin de suivre sa formation au sein de l'ENP d'Oissel ou de Sens préalablement à la présentation de son offre de démission et qu'il demande au tribunal d'enjoindre au ministre de l'intérieur de le réintégrer au sein de l'ENP d'Oissel afin qu'il y poursuive sa formation d'élève gardien de la paix jusqu'à son terme. Par ailleurs, si M. D soutient, sans être contredit, ne jamais avoir souscrit un engagement préalable de rester au service de l'État à compter de sa titularisation en qualité d'élève au sens et pour l'application des dispositions de l'article 9 du décret du 9 mai 1995, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que cette circonstance est sans incidence sur son obligation de rembourser au Trésor public une somme forfaitaire correspondant au montant de ses trois derniers mois de traitement brut, hors indemnités. Par suite, et dès lors que l'intéressé n'établit ni même n'allègue justifier de difficultés personnelles graves, c'est à bon droit que le ministre de l'intérieur a déclaré M. D redevable de la somme forfaitaire liée à l'application des dispositions précitées de l'article 1er de l'arrêté du 5 février 1997.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 27 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Bertolo, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.

Le rapporteur,

C. Gueguen

La présidente,

A. Baux

La greffière,

F. Faure

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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