jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203700 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2022, M. A B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions de retrait de points consécutives à des infractions commises les 26 novembre 2015, 3 juillet 2019, 1er août 2019, 11 septembre 2019, 12 septembre 2019, 14 février 2020, 21 mai 2020 et 28 juin 2021, ainsi que la décision référencée " 48 SI " du 26 avril 2022 du ministre de l'intérieur constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son titre de conduite doté des points illégalement retirés, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- il n'a pas été destinataire de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- la réalité des infractions qui lui sont reprochées n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions d'invalidation du permis de conduire et de retrait de trois points consécutivement à l'infraction du 3 juillet 2019 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- les mentions relatives à l'infraction du 3 juillet 2019 et à la décision référencée " 48 SI " du 26 avril 2022 ont été supprimées du relevé d'information intégral de M. B ;
- les moyens qu'il soulève ne sont pas fondés.
Par un courrier du 10 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions portant retrait d'un point à la suite des infractions commises les 12 septembre 2019 et 14 février 2020, dès lors qu'il résulte du relevé d'information intégral du requérant que les points retirés à la suite de ces infractions ont été restitués à l'intéressé les 18 avril et 26 août 2020, soit à une date antérieure à l'introduction du présent recours.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal ayant désigné Mme Michel, présidente de la troisième chambre, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article ;
La magistrate désignée ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de Mme Michel ayant été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " du 26 avril 2022, intervenant à la suite de décisions de retrait de points consécutives à des infractions commises entre le 26 novembre 2015 et le 28 juin 2021, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. A B. M. B demande l'annulation de cette décision et des décisions de retrait de points.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, il résulte des mentions du relevé d'information intégral édité le 13 juin 2022 et produit en défense que les mentions afférentes à la décision référencée " 48 SI " du 26 avril 2022 et au retrait de trois points fondé sur une infraction commise le 3 juillet 2019 ont été supprimées du relevé d'information intégral de M. B et que le solde de points affecté à son permis de conduire est de nouveau positif. Dans ces conditions, les conclusions de la requête dirigées contre ces décisions ont perdu leur objet et, dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. () Toutefois, en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points. ".
4. Il résulte du relevé d'information intégral de M. B que les points retirés à la suite des infractions commises les 12 septembre 2019 et 14 février 2020 ont été restitués à l'intéressé les 18 avril et 26 août 2020, soit à une date antérieure à l'introduction du présent recours. Ainsi, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ces décisions sont dépourvues d'objet et, par suite, irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a seulement lieu pour le tribunal de statuer sur les conclusions de la requête en tant qu'elles portent sur les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 26 novembre 2015, 1er août 2019, 11 septembre 2019, 21 mai 2020 et 28 juin 2021.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
6. En application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, dans leurs versions successives applicables à la date des infractions en litige, lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
7. L'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. M. B soutient que les informations préalables, mentionnées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées lors de la commission des infractions des 26 novembre 2015, 1er août 2019, 11 septembre 2019, 21 mai 2020 et 28 juin 2021.
S'agissant des infractions commises les 26 novembre 2015, 21 mai 2020 et 28 juin 2021 :
8. L'omission de la formalité prévue aux articles L. 223-3 et R. 223 3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester. Cette dernière condition est également remplie lorsque la condamnation intervient selon la procédure simplifiée régie par les articles 524 et suivants du code de procédure pénale, qui permettent au juge de statuer sans débat préalable sur une contravention de police, mais qui réservent la possibilité, pour le prévenu, de former opposition à l'ordonnance pénale ainsi prononcée et d'obtenir que l'affaire soit portée à l'audience du tribunal de police ou de la juridiction de proximité dans les formes de la procédure ordinaire.
9. Il résulte de l'instruction que la réalité des infractions commises les 26 novembre 2015, 21 mai 2020 et 28 juin 2021 par M. B a été établie par des condamnations pénales prononcées les 6 octobre 2017, 21 septembre 2020 et 9 novembre 2021 par des tribunaux judiciaires d'Evreux, Bourgoin-Jallieu, et Quimper et devenues définitives. Le moyen tiré du manquement à l'obligation d'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne saurait, dès lors et en tout état de cause, être utilement invoqué à l'encontre des retraits de points consécutifs à ces infractions.
S'agissant des infractions commises les 1er août et 11 septembre 2019 :
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de M. B, que ce dernier a payé les amendes forfaitaires relatives aux infractions des 1er août et 11 septembre 2019, relevées par radar automatique, ainsi que le prouvent les mentions " tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA (centre national de traitement - contrôle sanction automatisé) ". Il découle de ces seules constatations qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention pour ces infractions. Il suit de là que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que l'intéressé n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci seraient inexacts ou incomplets, comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant. M. B n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que les décisions par lesquelles le ministre a retiré un point de son permis de conduire à la suite de chacune de ces infractions auraient été prises au terme d'une procédure irrégulière.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :
11. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points dont est affecté le permis de conduire est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. Il résulte du même article que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive.
12. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral de M. B qu'il a réglé les amendes forfaitaires correspondant aux infractions commises les 1er août et 11 septembre 2019. En outre, et comme indiqué au point 9, les infractions des 26 novembre 2015, 21 mai 2020 et 28 juin 2021 ont donné lieu à des condamnations pénales devenus définitives. Dans ces conditions, la réalité de ces infractions doit être regardée comme établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route et le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité de ces infractions ne peut qu'être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions portant retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 26 novembre 2015, 1er août 2019, 11 septembre 2019, 21 mai 2020 et 28 juin 2021. Les conclusions de la requête aux fins d'annulation de ces décisions et d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant retrait de points à la suite de l'infraction commise le 3 juillet 2019 et de la décision " 48 SI " du 26 avril 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La magistrate désignée,
C. Michel
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026