jeudi 18 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203701 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | DACHARY |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 16 mai 2022 sous le n° 2203701, Mme B E, représentée par Me Dachary, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 27 avril 2022 par lesquelles le préfet du Rhône l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
3°) de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à la lecture de la décision ou la notification de l'ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile ;
4°) d'enjoindre au préfet du Rhône, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard,
- à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de son dossier ;
- le préfet du Rhône a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 542-2, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il existe des éléments sérieux de nature à permettre au juge d'ordonner la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement dont ils sont l'objet ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
II. Par une requête enregistrée le 16 mai 2022 sous le n° 2203702, M. C F, représenté par Me Dachary, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les décisions du 27 avril 2022 par lesquelles le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
3°) de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à la lecture de la décision ou la notification de l'ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile ;
4°) d'enjoindre au préfet du Rhône, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard,
- à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile ;
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de son dossier ;
- le préfet du Rhône a méconnu son droit d'être entendu ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 542-2, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il existe des éléments sérieux de nature à permettre au juge d'ordonner la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement dont ils sont l'objet ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 24 juin 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet des deux requêtes.
Il fait valoir qu'aucun des moyens articulés dans les deux requêtes n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Ont été entendus au cours de l'audience publique les rapports de M. Habchi, magistrat désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2203701 et n° 2203702 présentées pour Mme D et M. F présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme D et M. F, respectivement nés les 23 janvier 1961 et 2 janvier 1952 et originaires de Géorgie, déclarent être entrés en France le 12 octobre 2021. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et des aptrides (OFPRA), qui a statué en procédure accélérée, le 28 février 2022. Par deux arrêtés du 27 avril 2022, le préfet du Rhône les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a fixé le pays à destination duquel ils sont susceptibles d'être reconduits d'office. Par la présente requête, Mme D et M. F demandent l'annulation de l'ensemble de ces décisions prises par l'autorité administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Compte tenu de l'urgence qui s'attache à la situation administrative de Mme D et de M. F, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de les admette au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, les décisions du 27 avril 2022 par lesquelles le préfet du Rhône a obligé Mme D et M. F à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours visent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que, notamment, les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elles précisent en outre, et alors même que l'autorité administrative n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation du requérant, que les demandes d'asile ont été rejetées par l'OFPRA, le 28 février 2022, que leur fils majeur n'a pas acquis de droit au séjour pérenne en France et que leurs deux autres fils majeurs résident toujours en Géorgie. Dès lors, les décisions en litige qui comportent l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, satisfont ainsi aux exigences de motivation. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la lecture des décisions attaquées, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme D et M. F au regard de l'ensemble des informations portées à sa connaissance préalablement à son édiction. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D et M. F auraient été empêchés de faire valoir toute observation utile lors du dépôt de leurs demandes d'asile, ni qu'ils auraient été dans l'incapacité de porter, ultérieurement, tout élément pertinent à la connaissance du préfet du Rhône. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'ils auraient été privés de leur droit d'être entendus.
7. En quatrième lieu, Mme D et M. F soutiennent que le préfet du Rhône aurait méconnu les dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à leur encontre une obligation de quitter le territoire français alors qu'ils ont fait appel du rejet de leur demande d'asile le 16 mai 2022.
8. Toutefois, ainsi qu'il résulte expressément des termes mêmes de l'arrêté en litige du 27 avril 2022, le préfet du Rhône s'est fondé, après avoir constaté que les demandes d'asile de Mme D et M. F avaient été rejetées par l'OFPRA le 28 février 2022, et que ceux-ci étaient placés en procédure accélérée, et avoir noté la saisine de la CNDA le 16 mai 2022 pour contester ces décisions, sur les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes desquelles : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3 ". En application des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile selon lesquelles " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () " combinées à celles de l'article L. 531-24 aux termes desquelles " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () " ; Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Mme D et M. F ne disposent plus d'un droit au maintien dès lors que leurs demandes d'asile ont été placées en procédures accélérées et rejetées par l'OFPRA et que leur recours devant la CNDA n'est pas suspensif. En outre, contrairement à ce qui est soutenu, le préfet relève que les requérants n'ont pas justifié des risques qu'ils encourraient en cas de retour dans leur pays d'origine, préalablement à la suppression de leur droit au maintien sur le sol français, et partant, à l'édiction des décision d'éloignement contestées. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet du Rhône aurait entaché ses décisions d'éloignement d'une erreur de droit en s'abstenant d'examiner les risques auxquels ils pourraient être soumis et qu'il aurait ainsi méconnu les dispositions de l'article L. 542-2 précité. Pour les mêmes motifs ils ne sont pas davantage fondés à soutenir que ces décisions seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ".
10. Mme D et M. F soutiennent disposer d'attaches familiales fortes sur le territoire français où leur fils réside régulièrement depuis octobre 2020 avec son épouse et leurs deux enfants, sous couvert d'un titre de séjour en qualité de parent accompagnant un enfant malade. Cependant, cet élément ne saurait, à lui seul, justifier de ce que la vie privée et familiale des requérants serait désormais installée sur le territoire français et de ce que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer en Géorgie, et ce alors au surplus, alors que leur fils ne dispose pas d'un titre de séjour pérenne en France. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées auraient porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, c'est sans méconnaître les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que le préfet du Rhône a prononcer leur éloignement. Pour les mêmes motifs ces décisions ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision de M. F portant éloignement :
11. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. "
12. M. F fait état, d'une part, du diabète et de l'hypertension dont il souffre depuis plusieurs années et, d'autre part, du cancer du rein qui lui a été diagnostiqué le 16 décembre 2021, qui a nécessité en janvier 2022 une néphrectomie partielle droite par laparotomie et pour lequel il est régulièrement suivi. Toutefois, s'il s'appuie sur un rapport de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) publiée le 30 juin 2020 et un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquant respectivement que " les patients psychiatriques n'ont généralement pas accès aux divers programmes de dépistage précoce des maladies " et que, bien que des réformes aient été entreprises en Géorgie, des " lacunes [persistent] en termes de protection des personnes contre les difficultés financières causées par les paiements directs pour les soins de santé ", notamment pour les ménages les plus pauvres, M. F ne justifie toutefois pas suivre un traitement médicamenteux en France ni même qu'il ne pourrait effectivement pas y avoir accès en Géorgie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne pourra qu'être écarté.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre des décisions fixant le pays de destination, doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
15. Les requérants font état de craintes de persécution en raison des représailles subies par l'un de leurs fils, notamment la circonstance qu'ayant refusé de rejoindre le parti politique " rêve géorgien " à l'occasion des élections municipales de 2020 et 2021, celui-ci a été violemment agressé, a subi des pressions et a porté plainte en 2019 pour ces agressions. Le fils des requérants a en effet invoqué des menaces visant à le contraindre à retirer sa plainte, de sorte qu'il aurait quitté la Géorgie pour rejoindre l'Europe. Aussi, les époux font état de menaces les contraignant à voter pour le parti " rêve géorgien ". Toutefois, dès lors qu'ils n'apportent aucune preuve justifiant du caractère réel et sérieux de ces menaces à l'appui de leurs allégations qui ont, par ailleurs, été prises en considération dans le cadre de leurs demandes d'asile qui ont été rejetées, Mme D et M. F ne sont pas fondés à soutenir que les décisions fixant le pays de destination méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
16. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux précédemment exposés s'agissant des mesures d'éloignement.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
17. Aux termes de l'article L. 752-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-1, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision ".
18. Mme D et M. F font état de leurs craintes en cas de retour dans leur pays d'origine. Toutefois, les requérants qui réitèrent le récit fait lors de leurs demandes d'asile, lesquelles ont été rejetées par l'OFPRA n'apportent aucun élément nouveau permettant d'établir le caractère réel et circonstancié des risques personnellement encourus en Géorgie. Par suite, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D et M. F présentent au tribunal des éléments sérieux de nature à justifier qu'ils demeurent sur le territoire français jusqu'à l'examen de leurs recours devant la Cour nationale du droit d'asile.
19. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de ces requêtes doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, de suspension, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme D et M. F sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2203701 et n° 2203702 de Mme D et M. F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à M. C F et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 août 2022.
Le magistrat désigné,
H. A La greffière en chef,
B. FAUTRIER-VRAY
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°2203701, 220370
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026