mercredi 17 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203725 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | BARIOZ |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des pièces enregistrées le 17 mai et 12 juillet 2022 sous le n°2203725, M. A D ayant pour avocat Me Barioz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 29 avril 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision d'éloignement jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur sa situation ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une attestation de demande d'asile valant autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
II. Par une requête enregistrée le 17 mai 2022 sous le n°2203732, Mme C E, ayant pour avocat Me Barioz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 29 avril 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite d'office ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision d'éloignement jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur sa situation ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une attestation de demande d'asile valant autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
M. D et Mme E soutiennent que :
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés en fait ;
- le préfet a méconnu leur droit général d'être entendus ;
- les décisions contestées souffrent d'un défaut d'examen personnel et sérieux ;
- le préfet s'est senti lié par une position de principe, pour édicter ces mesures d'éloignement ;
- les décisions fixant le pays de destination sont illégales en raison de l'illégalité dont sont entachées les décisions portant éloignement ;
- elles méconnaissent également les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions de droit interne de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étranges et du droit d'asile ;
- il existe des raisons sérieuses justifiant de procéder à la suspension de l'exécution des décisions d'éloignement prises à leur endroit.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 24 et 29 juin 2022 au greffe du tribunal administratif de Lyon, le préfet du Rhône conclut au rejet des deux requêtes.
Il fait valoir qu'aucun des moyens articulés dans les deux requêtes n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, ensemble le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience à laquelle le préfet du Rhône n'était ni présent, ni représenté.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Habchi, magistrat désigné ;
- les observations de Me Barioz, pour M. D et Mme E, également présents, qui rappelle les craintes encourues par les requérants en cas de retour en Arménie, et insiste en outre sur le droit à l'asile des intéressés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2203725 et n° 2203732 présentées pour M. D et Mme E présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. D, né le 7 septembre 1956, et Mme E, née le 5 mai 1961, tous deux de nationalité arménienne, sont entrés en France le 28 août 2021 munis de visas de court séjour " Schengen " délivrés par les autorités consulaires espagnoles à Erevan, et ce afin d'y solliciter l'asile. Le 11 février 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté leurs demandes d'asile, décisions contre lesquelles ils ont interjeté appel auprès de la Cour nationale du droit d'asile le 28 avril 2022. Par deux arrêtés du 29 avril 2022, le préfet du Rhône leur a fait chacun, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligation de quitter le territoire français dans le délai de 90 jours, et a fixé le pays de renvoi duquel ils sont susceptibles d'être reconduits d'office. Par les présentes requêtes, M. et Mme D demandent l'annulation de l'ensemble de ces décisions prises par l'autorité administrative.
Sur les conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Compte tenu de l'urgence qui s'attache à la situation du couple arménien, il y a lieu d'admettre M. D et Mme E au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, les arrêtés du 29 avril 2022 par lesquels le préfet du Rhône a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 90 jours à M. et Mme D et a fixé le pays de destination visent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que, notamment, les dispositions de l'article L. 611-1 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables. Ils précisent en outre que les requérants sont entrés sur le territoire national le 28 août 2021, que leur demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et qu'ils ne disposent en conséquence plus du droit de se maintenir sur le territoire national, où ils ne justifient pas d'attaches intenses et stables, alors qu'ils n'ont pas justifié encourir de risques en cas de retour dans leur pays d'origine. Contrairement à ce que font valoir les intéressés, alors que les décisions font également état de leur situation privée et familiale en France, l'autorité administrative n'avait pas à expliciter davantage que les requérants provenaient d'un pays dit " sûr ", pour prononcer leur éloignement, ni à faire mention de leur recours pendant auprès de la CNDA. Dès lors, les décisions d'éloignement et fixant le pays de destination en litige qui comportent l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, satisfont aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Enfin, la circonstance que le préfet du Rhône n'a pas évoqué l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle et familiale du couple arménien demeure sans incidence sur la légalité des décisions contestées, dès lors que l'autorité préfectorale n'avait pas à faire état de tous ces éléments. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit, par suite, être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union " ; qu'aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ". Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision le plaçant en rétention dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
6. Il résulte des dispositions précitées que le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français non prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, une violation des droits de la défense, en particulier du droit d'être entendu, n'entraîne l'annulation de la décision prise au terme de la procédure administrative en cause que si, en l'absence de cette irrégularité, cette procédure pouvait aboutir à un résultat différent. Or, si les requérants, qui proviennent d'un pays " dit sûr ", se prévalent de l'introduction, en date du 28 avril 2022, de leur recours respectif auprès de la CNDA, dirigé contre les refus d'asile opposés par le directeur général de l'OFPRA le 11 février 2022, cette seule circonstance n'a exercé aucune influence sur le sens des décisions prises par le préfet du Rhône, ni sur leur légalité. Il ne ressort d'ailleurs pas des termes de leurs recours auprès de la CNDA, ni même des écritures produites devant le tribunal que l'introduction du recours qu'ils ont formé auprès de la CNDA aurait abouti à un résultat différent de celui qui a conduit le préfet du Rhône à prendre à leur encontre une obligation de quitter le territoire. En outre, s'ils se prévalent devant le tribunal de leur volonté de faire valoir leur droit au séjour, ils n'apportent aucun élément de nature à démontré qu'ils auraient été empêchés, préalablement à l'édiction de la décision contestée, et notamment durant l'instruction de leur demande d'asile, de saisir le préfet d'une telle demande. Au demeurant, ils ne font pas davantage état d'éléments pertinents tenant à leur situation qui auraient commandé leur maintien impératif sur le sol français. Enfin, les requérants ne sauraient sérieusement se prévaloir du délai écoulé entre la décision de rejet de leur demande d'asile et l'arrêté contesté pour soutenir qu'ils auraient été empêchés de présenter les observations de nature à faire obstacle à leur éloignement. Par suite, le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu reconnu par les stipulations citées au point 5 ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions attaquées telle qu'exposées au point 4, ni de l'ensemble des pièces du dossier que le préfet du Rhône se serait à tort estimé en situation de compétence liée eu égard aux précédentes décisions de refus d'asile dont les intéressés étaient l'objet, ou qu'il se serait limité à " une position de principe ", pour édicter ses décisions, ni encore qu'il aurait omis de procéder à un examen attentif et personnalisé de la situation des requérants, qui lui était soumise. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les requérants ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité des décisions d'obligation de quitter le territoire français.
9. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si M. et Mme D soutiennent qu'ils craignent toujours pour leur vie en cas de retour en Arménie où ils seraient menacés, la demande d'asile des requérants a toutefois été rejetée par l'OFPRA qui n'a pas tenu les risques invoqués par les étrangers comme établis. D'ailleurs, il ne ressort pas des pièces versées au dossier, que le couple arménien ne pourrait pas obtenir, le cas échéant, la protection des autorités arméniennes en cas de retour dans le pays d'origine. Dès lors, les requérants, qui n'apportent présentement devant le tribunal aucun élément établissant le caractère réel, sérieux et actuel des menaces invoquées en cas de retour en Arménie, ne sont pas fondés à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celles de droit interne codifiées à l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des mesures contestées :
10. Aux termes des dispositions combinées de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables à l'espèce : " l'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ", et celles de l'article L. 752-11 de ce code : " le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ".
11. Il résulte de la combinaison de ces dispositions, éclairées par l'avis du Conseil d'Etat n°432147 du 16 octobre 2019, que l'étranger, faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui forme un recours contentieux contre celle-ci peut, en application de l'article L. 752-5 précité, saisir le tribunal administratif de conclusions aux fins de suspension de cette mesure d'éloignement. Il est fait droit à la demande de suspension de la mesure d'éloignement si le juge a un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité opposée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides à la demande de protection, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office. Les moyens tirés des vices propres entachant la décision de l'Office ne peuvent utilement être invoqués à l'appui des conclusions aux fins de suspension de la mesure d'éloignement, à l'exception de ceux ayant trait à l'absence, par l'Office, d'examen individuel de la demande ou d'entretien personnel en dehors des cas prévus par la loi ou de défaut d'interprétariat imputable à l'Office.
12. Si les époux D ont, il est vrai, introduit chacun en ce qui le concerne, une contestation de la décision de l'Office devant la Cour nationale du droit d'asile le 28 avril 2022, ce recours n'est pas de nature en soi à établir, en l'absence d'élément probant ou de risque personnel pour les intéressés, que les décisions attaquées portant éloignement seraient illégales, comme il a été dit précédemment. A cet égard, les requérants n'apportent devant le tribunal aucun élément de nature à établir qu'il existerait un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet opposée par l'OFPRA, au regard des risques de persécutions allégués ou des autres motifs retenus par l'Office, et ce d'autant plus que l'Office a statué sur leurs situations, en prenant en compte une hypothèse de retour dans un pays dit " sûr ". Enfin, si M. D et Mme E se prévalent d'irrégularités commises par les services de l'Office durant l'instruction de leur demande d'asile, ils n'étayent cette allégation d'aucun commencement de preuve probante, ni ne précisent de manière substantielle la nature de ces irrégularités. Par suite, en l'état actuel de l'instruction, les conclusions aux fins de suspension de M. et Mme D ne peuvent qu'être rejetées.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D et de Mme E doivent être rejetées, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, de suspension et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : M. D et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes n°2203725 et n°2203732 est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme C E et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2022.
Le magistrat désigné,
H. B
La greffière en chef,
B. FAUTRIER-VRAY
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°s 2203725, 220373
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026