mardi 13 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DEME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 18 mai, 30 mai, 2 juin 2022 et 13 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Deme, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer un certificat de résidence dans le délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale, par voie d'exception, du fait l'illégalité de la décision portant refus de titre séjour ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 24 juin 2022, la préfète de la Loire conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir à titre principal, que la requête est tardive et à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.
La clôture d'instruction a été fixée au 30 juin 2022 par ordonnance du 30 mai 2022.
Par une ordonnance du 27 juin 2022 la clôture d'instruction a été reportée au 15 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 23 janvier 1998, de nationalité algérienne est entrée régulièrement en France le 28 juin 2015, munie d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour, valide pour la période du 7 juin 2015 au 6 juin 2016. Le 29 mars 2017, Mme A a demandé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 21 novembre 2019, le préfet de la Loire a refusé de lui délivrer ce certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale ". Le 31 janvier 2020, Mme A a demandé au préfet du Rhône la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiante. Par un arrêté du 23 juin 2020, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer ce titre et l'a obligée à quitter le territoire. La légalité de ces deux arrêtés a été confirmée par deux jugements du tribunal de céans en date du 19 novembre 2020 n° 2001902 et n°2006387. Le 28 septembre 2021, Mme A a sollicité son admission au séjour sur le fondement des articles 6-5 et 7-b et e de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ou à titre subsidiaire son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 9 mars 2022, dont la requérante demande au tribunal l'annulation, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5° au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".
3. Mme A est entrée en France à l'âge de 17 ans où elle y réside et poursuit ses études depuis plus de six ans à la date de la décision attaquée. Elle produit des bulletins scolaires attestant du sérieux et de l'assiduité dont elle fait preuve dans la poursuite de ses études. Pour l'année scolaire 2021/2022, Mme A poursuit ses études de physique chimie en troisième année de licence à l'université Lyon 1 Claude Bernard. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme A s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français depuis l'expiration de son visa le 22 septembre 2015 en dépit d'une précédente obligation de quitter le territoire prononcée le 23 juin 2020 qu'elle n'a pas exécutée. En outre, si elle se prévaut de la présence en France de sa sœur en situation régulière, elle n'apporte aucune pièce permettant d'établir la réalité et l'intensité de leurs liens. Par suite, si la requérante fait valoir sa maitrise de la langue française et son intégration sociale, ces éléments ne permettent pas de démontrer, alors qu'elle est célibataire et sans enfant à charge, qu'elle aurait désormais en France le centre de ses attaches familiales et personnelles alors qu'elle a vécu l'essentiel de son existence en Algérie et qu'elle ne conteste pas avoir des attaches dans ce pays où résident, selon ses propres déclarations, ses parents et six de ses frères et ses sœurs. De surcroît, elle n'établit pas être dans l'impossibilité de poursuivre ses études en Algérie. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait méconnu les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien précité et qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté. Il en va de même s'agissant du moyen tiré de l'illégalité des décisions de refus d'admission au séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de la Loire, que les conclusions de cette requête doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la préfète de la Loire.
Délibéré après l'audience du 30 août 2022, à laquelle siégeaient :
M. Clément, président,
Mme Tocut, première conseillère,
Mme Gros, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 202L'assesseure la plus ancienne,
C. Tocut
Le président,
M. C
La greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026