vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203761 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | HASSID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 18 mai 2022, M. B D, représenté par Me Hassid, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône,
- si la décision de refus de titre de séjour était annulée, de lui délivrer un titre de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard,
- si les décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français étaient annulées pour un motif d'illégalité externe, de lui délivrer, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler,
- de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard,
- si la décision fixant le pays de destination était annulée, de l'assigner à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que :
* le préfet qui n'a pas apprécié ses compétences, son expérience professionnelle, son ancienneté dans l'emploi occupé, s'est cru lié par l'avis, qu'il ne verse pas au débat, rendu par les services de l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales ;
* elle vise les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans son volet " travail " alors que ces dispositions ne sont pas applicables aux ressortissants tunisiens ;
* dans l'exercice de son pouvoir de régularisation, le préfet ne pouvait exiger qu'il produise un visa de long séjour et un contrat de travail favorablement visé par les autorités compétentes ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de sa vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, le préfet du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure-publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- et les observations de Me Checchi, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, né le 28 avril 1986, de nationalité tunisienne, déclare être entré en France en 2012. Les 11 mai 2017 et 12 juin 2018, l'intéressé a fait l'objet de de deux mesures d'éloignement, la seconde étant assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois. Le 17 décembre 2019, l'intéressé a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un jugement du 2 septembre 2021, le tribunal a prononcé l'annulation de la décision par laquelle l'administration avait implicitement rejeté sa demande et lui a enjoint de procéder au réexamen. Par un arrêté du 4 avril 2022, dont M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a procédé au réexamen de sa demande, l'a de nouveau rejetée, a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois.
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
3. M. D soutient qu'entré sur le territoire national en 2012, il y résiderait habituellement depuis plus de dix ans à la date de décision attaquée. Cependant, pour en justifier, s'agissant de l'année 2012, le requérant ne verse au débat qu'une unique ordonnance deux pièces médicales s'agissant des mois de mars et décembre 2013, une ordonnance et un relevé de remboursement de l'assurance maladie pour les mois d'avril et octobre 2014, enfin, quelques prescriptions, compte-rendu médicaux, un récépissé de demande d'aide médicale ainsi que des relevés de remboursements pour l'année 2015. Ainsi, si les éléments fournis pour les années 2012, 2013, 2014 et 2015 révèlent une présence ponctuelle sur le territoire français à compter du mois d'octobre 2012., ils ne permettent toutefois pas de considérer que l'intéressé y résidait habituellement durant ces quatre années. Par suite, en l'absence de preuve de sa résidence habituelle en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions du 2ème alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré du vice de procédure pourra être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). ". Selon les termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" ". Enfin, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L ' 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine ".
5. M. D fait état de ce que résidant habituellement sur le territoire français depuis 2012, il est intégré professionnellement et y a désormais l'essentiel de ses attaches privées et familiales, sa sœur et son frère, qui l'héberge, disposant de la nationalité française, son deuxième frère étant bénéficiaire d'une carte de résident. Toutefois, alors même que l'intéressé serait entré sur le territoire national en 2012, il était déjà âgé de vingt-six ans et demeure, à la date de la décision attaquée, célibataire et sans charge de famille sur le territoire national, alors qu'il avait passé l'essentiel de son existence dans son pays d'origine où il ne démontre pas être dépourvu de toute attache personnelle ou familiale. S'il fait par ailleurs état de ce qu'il bénéficie depuis le 1er janvier 2019, d'un contrat de travail à durée indéterminée et de ce qu'il maîtrise la langue française, ces éléments ne sauraient davantage suffire à établir que le requérant aurait désormais installé en France le centre de ses attaches privées et familiales. Ainsi eu égard aux conditions de son séjour sur le territoire français, alors qu'il a déjà fait l'objet de deux mesures d'éloignement, la seconde étant assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français, qu'il n'a pas exécutées, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien t enfin, les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les. En outre, en l'absence de toute argumentation distincte développée à l'appui du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, il pourra être écarté par les mêmes motifs que ceux qui viennent d'être développés.
6. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Rhône se serait cru lié par l'avis des services de l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales, le préfet du Rhône soulignant simplement que ces services ont été consultés. La première branche du moyen tiré de l'erreur de droit sera écartée.
7. Il ne ressort pas davantage de la lecture des mentions portées sur la décision attaquée que le préfet aurait fait application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant de l'examen de la demande d'admission exceptionnelle au séjour du requérant en qualité de salarié, l'autorité administrative précisant que s'agissant d'une telle demande, le droit au séjour de l'intéressé sera examiné au regard des stipulations des articles 11 et 3 de l'accord franco-tunisien, qu'elle avait au préalable visé. Ainsi, cette deuxième branche du moyen tiré de l'erreur de droit pourra écartée
8. Le requérant soutient qu'il n'est pas démontré que le préfet aurait fait usage de son pouvoir de régularisation afin de l'admettre au séjour, à titre exceptionnel, pour un motif professionnel. Toutefois, il ressort des termes de la décision attaquée qi souligne que " aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel ne justifie l'admission exceptionnelle au séjour de M. D B " que le préfet a effectivement examiné une telle possibilité. Cette troisième branche du moyen tiré de l'erreur de droit qui manque en fait sera également écartée.
9. Aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien susvisé : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum () reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour d'un an renouvelable et portant la mention " salarié ". Aux termes de l'article 11 du ce même accord : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. / Chaque Etat délivre notamment aux ressortissants de l'autre Etat tous titres de séjour autres que ceux visés au présent accord, dans les conditions prévues par sa législation () ". Enfin, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 5221-1 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ".
10. Il résulte de la combinaison des articles 3 et 11 de l'accord franco-tunisien, des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile et de celles du code du travail que, d'une part, la situation des ressortissants tunisiens souhaitant bénéficier d'un titre de séjour portant la mention " salarié " est régie par les stipulations de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988, d'autre part, que la délivrance à un ressortissant tunisien d'un titre de séjour " salarié " est subordonnée à la condition, prévue aux articles L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 5221-2 du code du travail, tenant à la production par ce dernier d'un visa de long séjour.
11. Le préfet du Rhône a examiné d'office la possibilité de délivrer à M. D un titre de séjour mention " salarié " et se devait, dès lors, de se conformer à l'ensemble des stipulations et dispositions précitées. Dans ce cadre, le préfet a retenu, sans être contesté, que le requérant n'avait produit ni visa de long séjour ni contrat de travail favorablement visé par les autorités compétentes en méconnaissance des textes applicables. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur de droit en constatant l'absence de production des documents susmentionnés. Aussi, cette quatrième branche du moyen tiré de l'erreur de droit ne pourra qu'être écartée.
12. Le moyen tiré de l'erreur de droit sera donc écarté en toutes ses branches.
13. En quatrième lieu, M. D doit être regardé comme soutenant qu'en retenant qu'il n'avait pas produit de contrat de travail favorablement visé par les autorités compétentes et qu'il n'avait pas fait l'objet d'une déclaration préalable à l'embauche, le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur de fait. Toutefois, si l'intéressé verse au débat un contrat de travail, ainsi qu'une déclaration préalable à l'embauche, il n'établit pas, d'une part, que ledit contrat aurait été favorablement visé par les autorités compétentes, et d'autre part, que la déclaration produite aurait été communiquée au préfet dans le cadre de sa demande de régularisation. Le moyen tiré d'une erreur de fait ne peut, dès lors, qu'être écarté.
14. En dernier lieu, compte tenu des éléments indiqués au point 5 ci-dessus, le requérant ne justifie d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
15. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
16. En outre, en l'absence de toute argumentation particulière, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la mesure d'éloignement pourront être écartés par les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ces illégalités et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
18. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
19. Pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois, le préfet du Rhône a relevé que M. D avait fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement, les 11 mai 2017 et 12 juin 2018, qu'il n'avait pas exécutées, que la seconde était assortie d'une première interdiction de retour sur le territoire français et que l'intéressé était dépourvu d'attaches anciennes et stables en France. Si le requérant se prévaut de la durée de son séjour sur le territoire national, ainsi qu'il a été dit au point 3, contrairement à ce qu'il allègue, M. D ne justifie pas de sa résidence habituelle en France depuis 2012, en outre ainsi qu'en justifie le préfet du Rhône, l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français, en dépit des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français prononcées à son encontre. Enfin, l'autorité administrative fait également mention dans la décision attaquée de ce que M. D demeure célibataire, sans charge de famille et de ce qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-six ans. Ainsi, c'est sans faire une inexacte application des dispositions susmentionnées de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet du Rhône a pu édicter à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français.
20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que les conclusions de cette requête doivent être rejetées, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
La présidente-rapporteure,
A. A
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
N. Pineau
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026