vendredi 27 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET GOURRET JULIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 mai 2022 et le 27 mars 2023, M. C B, représenté par Me Gourret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2022 par laquelle la commission ferroviaire d'aptitudes l'a autorisé à repasser les tests psychotechniques ;
2°) de mettre à la charge de l'État les dépens de l'instance, ainsi que la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- la commission a commis une erreur d'appréciation des faits ayant conduit l'employeur à suspendre provisoirement son habilitation de sécurité.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2023, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la décision, qui ne fait pas grief à M. B, ne constitue pas une décision défavorable et ne devait pas être motivée ;
- la commission n'était pas compétente pour se prononcer sur la mesure conservatoire de suspension prise par l'employeur du requérant ;
- les mesures prises par l'employeur du requérant sont conformes aux articles L. 2221-7-1 du code des transports et au 4 du décret du 12 avril 2017, 16 octies de l'arrêté du 7 mai 2015 et 6 du décret du 12 avril 2017 ;
- la suspension de l'habilitation de M. B ne constitue pas une sanction qui méconnait la règle du " non bis in idem " ;
- la commission n'a pas commis d'erreur d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire enregistré le 22 août 2023, la société SNCF Voyageurs, représentée par Me Girard-Madoux, a présenté des observations.
Par une ordonnance du 4 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 septembre 2023.
Un mémoire a été enregistré pour M. B le 21 septembre 2023 et n'a pas été communiqué en application de l'article de l'article R. 613-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code des transports ;
- le décret n°2010-708 du 29 juin 2010 ;
- le décret n°2017-527 du 12 avril 2017 ;
- l'arrêté du 7 mai 2015 relatif aux tâches essentielles pour la sécurité ferroviaire autres que la conduite de trains ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertolo,
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public,
- et les observations de Me Gaillard, représentant la société SNCF Voyageurs.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent statutaire de la SNCF depuis le 30 juillet 1990, a occupé jusqu'au 30 juin 2022 un poste d'agent du service commercial des trains à bord des trains à grande vitesse en qualité de chef de bord. Des incidents les 5 juillet et 29 septembre 2021 ont conduit la directrice de l'unité opérationnelle trains Lyon à suspendre, de manière conservatoire, l'habilitation sécurité de l'intéressé et à solliciter une visite médicale avec une psychologue assermentée de la SNCF. A l'issue de cet entretien, le 8 novembre 2021 M. B a été déclaré inapte psychologiquement en ce qu'il ne répondait pas " aux exigences de degré II - G : assurer la sécurité d'un train ou d'un convoi du gestionnaire d'infrastructure ". Le 9 novembre 2021, l'intéressé a fait l'objet d'une sanction de mise à pied d'un jour ouvré. Le 7 janvier 2022, le requérant a introduit auprès de la commission ferroviaire d'aptitudes un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de l'avis d'inaptitude psychologique du 8 novembre 2021. Par une décision du 16 mars 2022, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, la commission ferroviaire d'aptitudes l'a autorisé à repasser les tests psychotechniques.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent.
A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. " et aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. M. B a saisi la commission ferroviaire d'aptitudes d'un recours administratif préalable obligatoire et lui a demandé d'une part, de rendre un avis favorable à la levée de la mesure conservatoire de suspension de son habilitation sécurité et d'autre part, de revenir sur l'avis d'inaptitude du 8 novembre 2021. La décision contestée prise à l'issue d'un recours administratif préalable obligatoire fait grief à M. B en tant qu'elle refuse de lever l'avis d'inaptitude en cause et se borne à indiquer : " après étude de votre demande, éléments fournis par Mme A et votre audition, la décision suivante a été prise : Vous êtes autorisé à repasser les tests psychotechniques ". En outre, cette décision ne précise pas les éléments de fait qui en constituent le fondement se bornant à autoriser le requérant à repasser des tests psychotechniques. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision en litige méconnait les exigences de motivation résultant des dispositions précitées de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 16 mars 2022 de la commission ferroviaire d'aptitudes doit être annulée.
Sur les dépens :
5. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens devant la juridiction administrative au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de M. B à ce titre sont sans objet.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E
Article 1er : La décision du 16 mars 2022 de la commission ferroviaire d'aptitudes est annulée.
Article 2 : L'État versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la société SNCF Voyageurs.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2023, où siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2023.
Le rapporteur,
C. Bertolo
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026