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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2203780

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2203780

mercredi 17 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2203780
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantGILLIOEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2202986 du 19 mai 2022, la présidente de la 1ère chambre du tribunal administratif de Grenoble a transmis, en application des dispositions de l'article R. 312-8 du code de la justice administrative, les conclusions de la requête de M. C D dirigées contre l'arrêté du 14 mai 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a prononcé une mesure d'éloignement à son encontre et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Par une requête, enregistrée le 27 mai 2022 sous le n°2203780, M. C D, représenté par Me Gillioen, demande au tribunal administratif de Lyon, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 14 mai 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et lui a en outre opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

M. D soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- le préfet a méconnu son droit général d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'arrêté attaqué souffre d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- la mesure d'éloignement est insuffisamment motivée en fait et en droit ;

- la décision portant éloignement méconnaît aussi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle a été édictée en violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée sur ce point d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est illégale, par voie d'exception ;

- elle méconnaît également les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code précité et est à cet égard entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la mesure d'éloignement ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à son principe et à sa durée ; dès lors le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 612-6 du code précité ;

- la mesure d'interdiction est contraire à l'intérêt supérieur de ses enfants.

Par un mémoire en défense, enregistré le 08 juillet 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, ensemble le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle le préfet de la Haute-Savoie n'était ni présent ni représenté.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Habchi, magistrat désigné ;

- les observations de Me Nicolas substituant Me Gillioen, qui rappelle la situation familiale de l'intéressé, notamment la présence de sa famille et de ses enfants en France. Le requérant était également présent à l'audience, assisté d'une interprète en langue albanaise.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant kosovar né le 13 mai 1984, est entré en France pour la dernière fois au cours du mois de décembre 2018, muni de son passeport biométrique valide. A l'expiration du délai de séjour autorisé de 90 jours dans l'espace " Schengen ", l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français démuni de tout visa ou document de séjour. M. D a été interpellé par la police aux frontières d'Annemasse (Haute-Savoie), le 14 mai 2022, et a été auditionné pour vérification du droit au séjour. Estimant que M. D ne bénéficiait pas d'un droit de se maintenir sur le territoire national, le préfet de la Haute-Savoie a, par un arrêté du 14 mai 2022 pris sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, prononcé une mesure d'éloignement à son encontre. Par la présente requête, M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation des décisions en date du 14 mai 2022 par lesquelles l'autorité administrative l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui a en outre opposé une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Thomas Fauconnier, secrétaire général de la préfecture de Haute-Savoie, qui était membre du corps préfectoral alors de permanence, en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté du préfet de la Haute-Savoie en date du 23 novembre 2021, régulièrement publié le même jour et accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté du 14 mai 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire à M. D et a fixé le pays de destination vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que, notamment, les dispositions de l'article L. 611-1 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il précise en outre que l'intéressé est entré sur le territoire national en décembre 2018 pour y solliciter l'asile. L'arrêté mentionne aussi que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire national sans document de séjour, et n'a pu présenter de passeport en cours de validité lors de son entrée en France et qu'il ne présentait en conséquence pas de garanties de représentation suffisantes. Les décisions en litige qui comportent l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, satisfont ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Enfin, la circonstance que le préfet de la Haute-Savoie n'a pas évoqué la composition familiale de l'étranger et détaillé ses liens privés et familiaux en France demeure sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué, dès lors que l'autorité administrative n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle et familiale de l'intéressée. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit, par suite, être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté contesté, ni d'aucune autre des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. D au regard de l'ensemble des informations portées à sa connaissance préalablement à son édiction. La circonstance que le préfet de la Haute-Savoie n'a pas évoqué l'ensemble du parcours personnel, ainsi que la composition familiale de l'intéressé, ne suffit pas à démontrer le défaut d'examen que M. D invoque. Par suite, le moyen tiré du défait d'examen doit être écarté.

5. En cinquième lieu, lorsqu'il oblige un étranger à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet doit appliquer les principes généraux du droit de l'Union européenne, dont celui du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle défavorable ne soit prise à son encontre. Ce droit implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger intéressé à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité de son séjour ou la perspective de son éloignement.

6. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal du 14 mai 2022 établi par la police des frontières d'Annemasse (Haute-Savoie) que M. D a été auditionné par les forces de police à la suite de son interpellation pour vérification du droit au séjour. Il ne saurait donc sérieusement soutenir qu'il n'a pas été en mesure de formuler des observations utiles sur sa situation personnelle et familiale, dont il a pu faire état lors de cette audition. D'ailleurs, il ne ressort, d'une part, d'aucune des pièces du dossier que, durant son séjour en France, et en particulier depuis sa dernière entrée sur le territoire, il aurait tenté de prendre l'attache des services préfectoraux compétents pour faire valoir tout élément qu'il aurait estimé pertinent pour solliciter notamment la reconnaissance d'un droit au séjour qui ferait obstacle à l'édiction d'une mesure d'éloignement. D'autre part, il ne fait pas davantage état devant le tribunal d'éléments pertinents et nouveaux, tenant à sa situation en France, susceptibles de remettre en cause le principe d'une mesure d'éloignement du territoire français. Au surplus, le requérant ne pouvait légitimement ignorer, eu égard à sa situation personnelle sur le sol français depuis 2018, qu'il encourrait une mesure d'éloignement prononcée par l'autorité préfectorale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

En ce qui concerne la mesure d'éloignement du 14 mai 2022 :

7. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. D, âgé de 38 ans, est entré en France pour la dernière fois en décembre 2018, et y réside depuis trois ans et demi environ à la date de l'arrêté attaqué. Il est constant qu'il s'est maintenu de manière irrégulière sur le sol français, malgré les refus d'asile qui lui ont été opposés précédemment et en dépit d'une précédente mesure d'éloignement édictée le 21 avril 2021 à son endroit. De plus, le requérant produit des bulletins de salaire pour les années 2019 à 2020, mais l'intéressé n'a jamais sollicité de titre de séjour en qualité de salarié ni n'a été titulaire d'une autorisation de travail. Si le requérant se prévaut en outre de la présence de sa compagne Mme B, compatriote née le 9 mars 1990, et de celle de ses deux enfants, nés en 2014 et en 2020, une telle circonstance n'est pas de nature à démontrer l'existence de liens stables en France, en l'absence de toute justification du caractère régulier du séjour de son épouse en France. Alors que le requérant ne justifie d'aucun autre lien en France, ni insertion particulière tandis qu'il démontre pas être dénué de lien dans son pays d'origine, il ne justifie ainsi d'aucun obstacle à la poursuite de sa vie privée et familiale au Kosovo où il a vécu l'essentiel de son existence. Ainsi, l'ensemble des éléments invoqués par l'intéressé ne saurait suffire à établir que l'obligation de quitter le territoire français a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 7 doit être écarté. Pour les mêmes motifs, et alors même que M. D allègue, sans l'établir, être menacé dans son pays d'origine, l'étranger n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Savoie aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.

9. En deuxième lieu, la décision en litige n'a pas pour effet de séparer les deux enfants de leur père et de leur mère, également en situation irrégulière sur le territoire national. Ainsi qu'il a été dit plus haut, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale de M. D se reconstitue au Kosovo, et, partant que la scolarité des deux enfants du couple se poursuive dans le pays d'origine, qui possède un système scolaire adapté. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, qui consacre l'intérêt supérieur des enfants concernés, doit être écarté.

10. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, il n'apparaît pas que le préfet de la Haute-Savoie ait, en éloignant l'intéressé, entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure, sur la situation des enfants du couple, et sur la situation d'ensemble de l'étranger, qui lui était alors soumise.

En ce qui concerne la décision privant l'intéressé d'un délai de départ volontaire :

11. En premier lieu, la décision d'éloignement n'étant pas illégale, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision le privant d'un délai de départ volontaire.

12. En deuxième lieu le requérant soutient que la décision attaquée serait également entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle mentionne qu'il n'a pas présenté de garanties de représentation suffisantes. D'une part, alors que le préfet n'a pas retenu un tel motif, la production d'un contrat de fourniture de gaz établi en 2019 n'est pas de nature à établir, ainsi que le requérant le soutient, qu'il disposerait d'un domicile propre sur la commune de Vaulx-en-Velin, dès lors qu'il a lui-même déclaré ne pas être titulaire du contrat de bail afférent à ce logement. En revanche, il est vrai que M. D est effectivement détenteur d'un passeport en cours de validité délivré par les autorités kosovares et que le préfet ne pouvait ainsi pas considérer qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes. Cependant, pour lui refuser tout délai de départ volontaire, le préfet pouvait légalement aussi se fonder sur les seuls motifs tirés de ce qu'il s'était soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement édictée le 21 avril 2021 et a en outre déclaré son intention de ne pas quitter le territoire français. Dès lors, le préfet de la Haute-Savoie pouvait légalement, et en tout état de cause, se fonder sur les 4° et 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour le priver de délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

13. En troisième lieu, alors même que M. D invoque la présence de sa compagne et de leurs deux enfants en France, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en le privant de délai de départ volontaire, le préfet de la Haute-Savoie ait entaché sa décision sur ce point d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. Ainsi qu'il a été énoncé aux points 2 à 10, la décision d'éloignement n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français " ; et de ceux de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

16. Il ressort des pièces du dossier que M. D se maintient en France démuni de tout visa depuis plus de trois ans et demi à la date de l'arrêté qu'il attaque. Il est constant qu'il a en outre déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée, alors que sa compagne ne justifie pas d'un droit au séjour en France, nonobstant la demande d'asile qu'elle a formée, et il n'a aucune autre attache familiale forte en France. Ainsi, en prononçant à son encontre une première interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet de la Haute-Savoie a fait une exacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, il n'apparaît pas qu'en édictant une telle mesure, le préfet ait méconnu les stipulations citées au point 7, ni qu'il aurait commis une erreur manifeste d'appréciation sur ce point.

17. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 9 et 16, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, en opposant une décision d'interdiction de retour sur le territoire français à M. D d'une durée d'un an, qui n'est pas en l'espèce disproportionnée. Par suite, ce moyen doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. D, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1 : La requête n°2203780 de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de la Haute-Savoie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2022.

Le magistrat désigné,

H. A

La greffière en chef,

B. FAUTRIER-VRAY

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

N°2203780

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