mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203783 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET BERGER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 18 mai, 18 novembre et 26 décembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme C A D et M. B A D, représentés par Me Paturat, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2021 par laquelle le maire de la commune de Rignieux-le-Franc leur a demandé d'assurer la conformité des travaux entrepris sur le lot n° 5 du lotissement " Le Clos Joseph Geoffray " au permis d'aménager du 4 décembre 2018 et au permis de construire délivrés et les a informés des conséquences en cas de non-exécution sous quinzaine, ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rignieux-le-Franc une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'édification du mur de soutènement en cause ne nécessitait pas d'autorisation d'urbanisme ;
- ce même mur, compte tenu de sa fonction de soutènement, ne pouvait être soumis aux prescriptions relatives aux clôtures ;
- les aménagements du terrain sont conformes au permis de construire délivré, lequel est devenu définitif ; la non-conformité de ce projet aux règles du plan local d'urbanisme ou du règlement du lotissement applicable ne pouvait être examinée postérieurement à l'achèvement des travaux ; en tout état de cause, aucune des non-conformités reprochées n'est constituée ;
- la décision en litige procède d'une rupture d'égalité illégale.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 29 juillet et 7 décembre 2022, la commune de Rignieux-le-Franc, représentée par Me Camous, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,
- les observations de Me Paturat, pour les requérants, et celles de Me Camous, pour la commune de Rignieux-le-Franc.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C et M. B A D ont obtenu le bénéfice, le 1er avril 2021, d'un permis de construire en vue de l'édification d'une maison individuelle sur le lot n° 5 du lotissement " Le Clos Joseph Geoffray ", autorisé par un arrêté du 4 décembre 2018, sur le territoire de la commune de Rignieux-le-Franc. Par une lettre du 20 octobre 2021, le maire de cette commune leur a demandé d'assurer la conformité des travaux entrepris au permis d'aménager du 4 décembre 2018, ainsi qu'au permis de construire du 1er avril 2021, et les a informés des conséquences en cas de non-exécution sous quinzaine. M. et Mme A D demandent au tribunal l'annulation de cette lettre ainsi que de la décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. D'une part, la lettre du 20 octobre 2021 en litige, qui relève des non-conformités dans les travaux entrepris par M. et Mme A D et demande la remise en état du terrain en cause sous quinzaine sous peine d'établissement d'un procès-verbal de constat et de sa transmission " aux autorités compétentes ", a pour objet d'influer de manière significative sur le comportement de ses récipiendaires. Une telle décision, qui énonce des prescriptions individuelles dont l'autorité émettrice pourrait ultérieurement censurer la méconnaissance, constitue une décision faisant grief pouvant être déférée devant le juge de l'excès de pouvoir. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense à cet égard doit être écartée.
3. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. Ainsi, en l'absence de toute mention de voies et délais de recours au sein de cette décision, et dès lors que la contestation de cette décision a été formée dans un délai raisonnable, aucune forclusion ne pouvait être opposée à la demande d'annulation de M. et Mme A D. La fin de non-recevoir afférente doit ainsi être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, les requérants soutiennent que la décision en litige relève, à tort, que les travaux en litige, consistant en l'édification d'un mur de soutènement, ne nécessitaient pas d'autorisation d'urbanisme au titre de l'article R. 421-3 du code de l'urbanisme. Si, en effet, une telle édification est dispensée de toute formalité au titre du code de l'urbanisme, l'absence d'autorisation d'un tel mur de soutènement ne constitue pas un motif de fait ou de droit fondant la décision en litige, laquelle relève des non-conformités des travaux entrepris avec les autorisations d'urbanisme précédemment délivrées, sans préjudice du régime d'autorisation nécessité par ces travaux. L'erreur de droit ainsi relevée apparaît dès lors sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
5. En deuxième lieu, il ressort des mentions de la décision attaquée que le maire de la commune a relevé que le mur de soutènement en cause méconnaissait les dispositions applicables au clôtures du règlement du lotissement " Le Clos Joseph Geoffray ". Ainsi que le soutiennent les requérants, une telle édification constitue, en raison de la fonction qui lui est dévolue, un mur de soutènement et non une clôture, alors même qu'elle serait construite en limite de propriété. M. et Mme A D sont ainsi bien fondés à soutenir qu'un tel motif procède d'une erreur de droit.
6. En troisième lieu, alors qu'il est constant qu'aucune déclaration d'achèvement et de conformité des travaux n'a été déposée, la décision en litige ne peut être regardée comme opérant un constat de non-conformité au titre de la procédure prévue par l'article L. 462-2 du code de l'urbanisme. Par conséquent, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire de la commune aurait entaché sa décision d'une erreur de droit en relevant des non-conformité aux servitudes d'urbanisme autres que les dispositions des permis de construire et d'aménager précédemment délivrés.
7. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des plans joints au dossier de demande de permis de construire rapprochés des photographies illustratives des travaux produites par les requérants, que les travaux effectués par M. et Mme A D modifient le profil du terrain tel qu'autorisé par ce permis de construire par un remblaiement de la zone située entre la maison des requérants et la limite séparative est du terrain. Il en va de même s'agissant de l'édification de la zone non aedificandi prévue par le règlement de l'arrêté du 4 décembre 2018 autorisant le lotissement d'implantation du projet. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que de telles non-conformités, relevées par la décision en litige, seraient dépourvues de toute réalité.
8. Il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Rignieux-le-Franc aurait pris la même décision en se fondant sur les seuls motifs tirés des non-conformités relevées au point précédent. Les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent ainsi être rejetées.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Rignieux-le-Franc, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser aux requérants une somme sur leur fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par cette commune au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 2203783 est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Rignieux-le-Franc au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A D en application du dernier alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la commune de Rignieux-le-Franc.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
J.-P. Duret
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026