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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2203805

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2203805

vendredi 16 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2203805
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL BS2A BESCOU ET SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 mai 2022, M. C B, représenté par Me Sabatier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 mai 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jour, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer à titre principal une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de fait qui révèle une erreur de droit tiré du défaut d'examen de sa situation ainsi qu'un défaut de motivation dès lors notamment que la décision en litige ne mentionne pas la présence de son fils mineur sur le territoire national et ne vise pas la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste commise dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :

- elles sont illégales par exception d'illégalité des décisions portant refus de titre et obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit

d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur quant à l'appréciation portée sur l'existence d'une circonstance humanitaire.

Par une ordonnance en date du 20 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 juin 2022.

Un mémoire présenté par le préfet du Rhône a été enregistré le 30 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 15 janvier 1978, nationalité tunisienne, déclare être entré en France en 2001. Par un premier arrêté en date du 28 mai 2013, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Rouen du 24 septembre 2013 puis un arrêt rendu par la cour administrative d'appel de Douai, le 8 septembre 2014, sa demande de titre de séjour a été rejetée. Par un deuxième arrêté en date du 2 novembre 2015, l'intéressé a fait l'objet de décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ; la légalité de ces décisions sera confirmée par un jugement du tribunal administratif de Rouen du 1er mars 2016 puis par un arrêt de la cour administrative d'appel de Douai, du 10 novembre suivant. Le 28 octobre 2016, M. B a déposé une nouvelle demande de titre de séjour qui sera à nouveau rejetée. Le 6 novembre 2019, M. B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un jugement en date du 18 juin 2018, le tribunal a annulé la décision par laquelle le préfet du Rhône avait implicitement rejeté sa demande et enjoint au préfet du Rhône de procéder à son réexamen. Dans le cadre de ce réexamen et après avoir saisi la commission du titre de séjour, par un arrêté du 5 mai 2022, dont M. B demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

2. Le bureau d'aide juridictionnelle n'ayant pas statué sur la demande d'aide juridictionnelle dont M. B fait état dans sa requête, il y a lieu de faire application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 et d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans cette instance.

3. Les décisions attaquées, en date du 5 mai 2022, ont été signées par Mme F E, directrice adjointe des migrations et de l'intégration, qui bénéficiait d'une délégation du préfet du Rhône, en date du 1er décembre 2021, publiée au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Rhône du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

4. M. B soutient que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait en l'absence de toute mention de son mariage, célébré le 15 mai 2019, avec une compatriote et, de la naissance, le 12 mai 2020, de leur enfant. En l'espèce, si l'intéressé fait état de ce que ces éléments auraient été portés à la connaissance des services préfectoraux, il n'en justifie pas ni davantage de ce qu'il en aurait été ainsi lors de la présentation de sa demande de titre de séjour ni enfin au cours de son instruction. Si par ailleurs, le requérant fait valoir que ces informations avaient été soumises à la commission du titre de séjour qui, réunie le 14 avril 2022, a rendu un avis défavorable à sa demande, il n'en justifie pas davantage. Ainsi, en l'absence de tout élément permettant de s'assurer que l'autorité préfectorale avait eu connaissance du mariage de M. B célébré en Tunisie et de la naissance de son fils, et alors qu'il résulte de l'instruction que le préfet du Rhône aurait pris la même décision si ces éléments avaient été portés à sa connaissance, le moyen tiré de l'erreur de fait pourra être écarté.

5. En l'absence d'argumentation particulière, le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise l'autorité administrative en ne procédant pas à un examen complet de la situation de M. B pourra être écarté par les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent. La décision n'est pas davantage entachée, compte tenu des circonstances de l'espèce, d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

6. Si le requérant semble également soutenir que la décision attaquée serait insuffisamment motivée, il ressort de sa lecture même que le préfet du Rhône y vise les textes dont il a fait application et précise les éléments déterminants de la situation du requérant qui l'ont conduit à lui refuser la délivrance d'un titre de séjour. Ainsi, la décision contestée comporte les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde qui ont permis à M. B d'en discuter utilement. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation pourra être écarté.

7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance (). Aux termes de l'article 7 quater de l'accord franco-tunisien susvisé : " Sans préjudice des dispositions du b et du d de l'article 7 ter, les ressortissants tunisiens bénéficient, dans les conditions prévues par la législation française, de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ". Selon les termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L ' 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine ".

8. M. B fait état de ce qu'il réside habituellement sur le territoire national depuis 2002, auprès de son frère, de nationalité française, et qu'il y a installé sa vie privée et familiale, ayant épousé une compatriote en 2019 qui réside également sur le territoire français, avec laquelle il a eu un enfant né, en France, en 2020. Toutefois, si M. B se prévaut de l'installation de sa vie familiale sur le territoire français, alors que son mariage avec une compatriote a été célébré en Tunisie, il ne verse au dossier aucun élément relatif à une communauté de vie antérieure au mariage ni davantage d'élément permettant de justifier de ce que son épouse, dont la durée de validité du passeport et du visa est expirée, séjournerait régulièrement sur le territoire national ou aurait sollicité la régularisation de sa situation administrative. Enfin, alors que le requérant soutient être arrivé sur le territoire national en 2002 et verse au débat de nombreuses pièces permettant de justifier d'une présence ponctuelle sur le territoire français, celles-ci ne permettent toutefois pas d'établir, ainsi qu'il l'admet, sa présence habituelle sur le territoire national depuis 2002, alors qu'il n'est pas contesté que M. B n'a sollicité la régularisation de sa situation administrative, pour la première fois, que le 8 janvier 2013. En outre, si M. B se prévaut d'une promesse d'embauche datée du 25 septembre 2021 en qualité de peintre et de témoignages attestant tant de sa présence en France que de son intégration sociale, ces éléments ne suffisent pas à démontrer qu'il aurait désormais, ainsi qu'il le soutient, le centre de sa vie privée et familiale en France, l'intéressé n'apportant pas la preuve qui lui incombe que la cellule familiale, dont tous les membres ont la même nationalité, ne pourrait se reconstituer dans tout autre pays que la France. Par suite, eu égard aux conditions de son séjour dès lors que l'intéressé ainsi qu'il a été rappelé au point 1, a fait l'objet de trois précédents arrêtés portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français en dépit desquels il s'est volontairement maintenu sur le territoire national, il y a lieu de considérer que c'est sans porter une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale normale que le préfet du Rhône a refusé de procéder à la régularisation de sa situation administrative. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 7 quater de l'accord franco-tunisien et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pourra être écarté.

9. Aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

10. M. B fait état de ce que le refus de titre de séjour préjudicierait à l'équilibre de sa fille, née en France, dont l'intérêt supérieur est de résider auprès de ses parents en situation régulière et de ce que la délivrance d'un titre de séjour lui permettrait de travailler et de subvenir aux besoins de son enfant. Toutefois, dès lors que la décision en litige n'a ni pour objet ni pour effet de séparer l'enfant de ses parents et dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 7, la cellule familiale pourra se reconstituer dans tout autre pays que la France, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait porté atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant et ainsi méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

11. En se bornant à faire état de sa durée de présence sur le territoire national, dont ainsi qu'il a été précisé aux points précédents, il ne justifie pas, M. B ne fait état d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à justifier une admission exceptionnelle au séjour et, par suite, à démontrer que le préfet du Rhône aurait entaché la décision contestée d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour.

12. En l'absence de toute argumentation particulière, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation pourra être écarté par les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8, 10 et 11.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

13. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

14. En l'absence de toute argumentation particulière tenant à la mesure d'éloignement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant seront écartés par les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 8 et 10.

En ce qui concerne les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination :

15. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ces illégalités et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre des décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination sera écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de ces illégalités et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision en litige sera écarté.

17. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français / Il en est de même pour l'édiction de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

18. Il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet et, elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ces deux derniers critères, elle ne les retient pas au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

19. Il ressort de la lecture de la décision attaquée que le préfet du Rhône a étudié la situation de l'intéressé au regard des quatre critères prévus par l'article L. 612-10 précité, à savoir la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. En l'espèce, ainsi que le mentionne la décision attaquée, il est constant que M. B a déjà fait l'objet de plusieurs refus de séjour assortis d'obligations de quitter le territoire français tout en s'y maintenant de façon irrégulière, et ne démontre ni insertion sociale ou professionnelle particulière en France, ni vie privée et familiale ancrée dans la durée dès lors qu'ainsi qu'il a été précisé au point 8, le requérant n'apporte pas la preuve qui lui incombe que sa vie privée et familiale ne pourrait se poursuivre dans un autre pays que la France. Par suite, alors même que son comportement ne représente pas une menace pour l'ordre public, critère que n'a au demeurant pas retenu l'autorité administrative, et que les mesures d'éloignement prises à son encontre seraient désormais anciennes, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait fait une inexacte application des dispositions des articles L.612-7 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, laquelle ne présente pas, dans les circonstances de l'espèce, de caractère disproportionné, la durée maximale de la dite interdiction pouvant être de deux ans.

20. Enfin, telle que relatée au point 8, la situation familiale de M. B ne saurait constituer une circonstance humanitaire au sens et pour l'application des dispositions susmentionnées de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce moyen sera comme les précédents écarté

21. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence de tout élément particulier invoqué tenant à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, être écartés par les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés.

22. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Rhône.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller

M. Gueguen, conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.

La présidente-rapporteure,

A. A L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

N. Pineau

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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