mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203816 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET BERGER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 mai et 11 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Paturat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Genis-Pouilly s'est opposé à sa déclaration préalable en vue de l'édification d'une pergola en toiture-terrasse d'un immeuble situé 40 allée des Acacias ainsi que la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Genis-Pouilly de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cinq cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Genis-Pouilly une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le maire ne pouvait légalement opposer au projet les dispositions de l'article UC 5.3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat (PLUiH) du Pays de Gex relatives aux installations techniques dès lors que le projet de pergola ne relève pas d'une telle définition ;
- la pergola en litige ne peut être regardée comme n'étant pas d'un gabarit adapté à l'échelle générale des constructions avoisinantes, et notamment de l'immeuble concerné ;
- l'immeuble d'appui faisant partie d'une opération d'ensemble, les dispositions de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme s'appliquaient au projet ; il s'ensuit que le maire de la commune ne pouvait fonder son refus sur les règles de prospect spécifiques aux attiques prévues par l'article 5 des dispositions du PLUiH du Pays de Gex ;
- les mêmes dispositions relatives aux attiques n'avaient pas à s'appliquer au projet dès lors que celui-ci, qui n'est pas un attique, n'en relevait pas.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 juin et 29 août 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Saint-Genis-Pouilly, représentée par Me Tissot, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;
- le maire de la commune aurait pris la même décision en se fondant sur le motif tiré de ce que le projet ne répond pas aux exigences applicables aux attiques s'agissant de la surface développée par rapport aux étages inférieurs.
Par ordonnance du 18 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,
- les observations de Me Paturat, pour M. B, et celles de Me Malle, suppléant Me Tissot, pour la commune de Saint-Genis-Pouilly.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a déposé, le 17 décembre 2021, une déclaration préalable de travaux en vue de l'édification d'une pergola de 19,40 m² en toiture-terrasse d'un immeuble collectif situé au 44 allée des Acacias sur le territoire de la commune de Saint-Genis-Pouilly. Par un arrêté 11 janvier 2022, le maire de cette commune s'est opposé à cette déclaration préalable. M. B demande au tribunal l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article UC 5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal valant programme local de l'habitat (PLUiH) du Pays de Gex : " Les gabarits doivent être adaptés à l'échelle générale des constructions avoisinantes, à l'exception des équipements d'intérêt collectif et des services publics. () Les installations techniques (antennes, paraboles, climatiseurs, ascenseur) doivent être peu visibles du domaine public et seront positionnées de façon discrète sur les toitures ou sur le sol de manière à ne pas porter atteinte à la qualité architecturale de la construction et à la perception du paysage ".
3. D'une part, il est constant que le projet de pergola en litige ne saurait s'assimiler à une installation technique, définie par les dispositions générales du PLUiH comme des équipements ne s'inscrivant pas dans la volumétrie de la construction existante et lui étant nécessaires. Dans ces conditions, le motif tiré de ce que le projet ne répondait pas aux exigences afférentes à une telle installation technique ne peut être que censuré.
4. D'autre part, pour s'opposer au projet de M. B, le maire de la commune de Saint-Genis-Pouilly a relevé, au visa des dispositions précitées, que la pergola en cause développait une volumétrie trop conséquente au regard des constructions existantes, notamment les murs et la casquette de l'immeuble collectif d'implantation. Il ressort des pièces du dossier que la pergola en litige s'appuie sur une partie du dernier étage du bâtiment d'implantation du projet, en retrait de la façade de cet immeuble et surmontée d'une casquette, et qu'elle s'étend sur une longueur de 3,48 mètres. La surface ainsi couverte est située en retrait de 1,80 mètre de la façade du bâtiment principal et en dépassement de quelques dizaines de centimètres de la casquette de toit de la partie de construction mitoyenne. Toutefois, les dispositions précitées, qui régissent l'insertion de constructions au regard de leur gabarit à l'échelle générale des constructions avoisinantes, n'ont ni pour objet ni pour effet de contrôler les rapports volumétriques relatifs des parties distinctes d'un même immeuble. Dans ces conditions, le maire de la commune ne pouvait légalement se fonder sur ces dispositions pour s'opposer au projet de M. B.
5. En second lieu, aux termes de l'article 5 des dispositions générales du règlement du PLUiH du Pays de Gex : " Attique : Construction en retrait des étages inférieurs d'au moins 3 mètres des façades sur voies et 2m des autres façades. Les attiques doivent représenter au maximum 50% de l'emprise au sol de l'étage inférieur ".
6. Aux termes de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme : " Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ". Il résulte de ces dispositions que, dans les cas ainsi mentionnés, les règles d'un plan local d'urbanisme ou d'un document en tenant lieu doivent faire l'objet d'une appréciation d'ensemble, sauf si elles en disposent autrement ou s'y opposent du fait même de leur objet.
7. D'une part, si le requérant fait valoir que les exigences relatives aux attiques doivent, en application des dispositions de l'article R. 151-21 du code de l'urbanisme, être appréciées à l'échelle de l'opération d'aménagement initialement autorisée, qui comprend plusieurs immeubles collectifs d'habitation, les règles tenant à la définition des attique et les exigences de prospect afférentes par rapport à l'immeuble d'implantation s'opposent par leur nature même à une appréciation de leur conformité au regard de la totalité de l'opération d'aménagement. Le moyen tiré de l'erreur de droit dans l'application combinée de ces dispositions doit ainsi être écarté.
8. Pour s'opposer au projet de M. B, le maire de la commune a relevé, au visa de la définition d'attique précitée, que la pergola en litige dépassait le retrait autorisé pour les constructions en attique, au regard du prolongement de volume créé de l'étage existant. Toutefois, la circonstance que le projet ou la construction modifiée résultant de ce projet ne respecteraient ni la définition d'attique ni les règles de prospect afférentes, ne caractérise pas par elle-même, et en l'absence de toute exigence invoquée d'une telle assimilation, une illégalité justifiant du refus d'autorisation en litige. Le motif afférent doit ainsi être censuré.
9. D'autre part, la commune de Saint-Genis-Pouilly soutient, par la voie de la substitution de motif, que le maire de la commune aurait pris la même décision en se fondant sur le motif tiré de ce que le projet de M. B aggrave la non-conformité de l'immeuble résultant aux dispositions précitées de l'article 5 des dispositions générales du PLUiH, au regard du critère d'emprise au sol mentionné. Toutefois, et ainsi qu'il a été dit au point précédent, la seule circonstance que le dernier étage de cet immeuble ne pourrait se voir qualifier d'attique au sens du PLUiH, et en l'absence de toute exigence réglementaire d'une telle qualification pour assurer la conformité du projet aux servitudes d'urbanisme, ne permet pas de caractériser une illégalité du projet de M. B. La substitution de motif sollicitée ne peut ainsi être accueillie.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
11. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ". Selon l'article L. 424-3 du même code : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ".
12. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à déclaration préalable après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision, réputée exhaustive, et écarté, le cas échéant, les substitutions de motifs qu'elle a pu solliciter en cours d'instance, il peut, même d'office, ordonner à cette autorité de délivrer l'autorisation demandée, sans préjudice du droit de contestation des tiers, lesquels ne pourront alors se voir opposer les termes du jugement contenant cette injonction. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, soit que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
13. En raison de l'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2022 prononcée par le présent jugement, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que des dispositions en vigueur à la date d'intervention de la décision en cause ou que la situation de fait existant à ce jour feraient obstacle à la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée, il y a lieu, en l'espèce, d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Genis-Pouilly de délivrer à M. B la décision de non-opposition à déclaration préalable sollicitée dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. B sur leur fondement, celui-ci n'étant pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Genis-Pouilly le versement d'une somme de 1 400 euros au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 11 janvier 2022 du maire de la commune de Saint-Genis-Pouilly et la décision rejetant le recours gracieux de M. B sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Saint-Genis-Pouilly de délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable à M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saint-Genis-Pouilly versera une somme de 1 400 (mille quatre cents) euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Saint-Genis-Pouilly.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
C. Amouny
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026