lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203820 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DEME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2022, M. C B A, représenté par Me Deme, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision née le 24 mars 2022 par laquelle le préfet du Rhône a implicitement refusé de faire droit à sa demande d'abrogation de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 30 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de trente jours, à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B A soutient que :
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que celles des articles 3-1, 7 et 28 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le rapport de M. Bertolo a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant centrafricain né le 8 novembre 1990, est entré en France le 6 septembre 2014 et a bénéficié de titres de séjour temporaires portant la mention " étudiant " jusqu'au 29 septembre 2017. Par une décision du 30 novembre 2021, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et l'a obligé à quitter le territoire français. L'intéressé a sollicité le 24 janvier 2022 l'abrogation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Dans le silence de l'administration, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision implicite rejetant sa demande, née le 24 mars 2022.
2. En premier lieu, les stipulations des articles 7 et 28 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ne créent d'obligations qu'entre les Etats et ne peuvent donc être utilement invoquées à l'appui d'un recours contre la décision implicite par laquelle l'autorité administrative refuse d'abroger une décision portant obligation de quitter le territoire français.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à un telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.
4. M. B A se prévaut de ce que sa concubine aurait obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision du 24 juin 2021 de la Cour nationale du droit d'asile, et de ce que son fils, né le 25 mars 2021, bénéficierait également de cette protection. Ces éléments de faits ne sont pas contestés par la préfète du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense en dépit de la mise en demeure que le greffe du tribunal lui a adressée le 7 avril 2023 et qui doit ainsi être réputée comme acquiesçant aux faits, conformément aux dispositions de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, l'inexactitude des faits exposés par M. B A ne ressortant pas des pièces du dossier.
5. Toutefois, si le requérant se prévaut de sa relation de concubinage avec une ressortissante étrangère bénéficiant du statut de réfugié, il ne verse au débat aucune pièce permettant de justifier de cette relation, de son ancienneté ou de sa stabilité et ne justifie pas davantage qu'il contribuerait à l'entretien et à l'éducation de son fils qui bénéficierait également d'une protection internationale ni même qu'il en partagerait l'existence. En outre, si M. B A est entré sur le territoire français en 2014 pour y poursuivre des études, achevées en 2016, la circonstance qu'il disposerait d'un contrat à durée indéterminée comme chauffeur-livreur, profession sans lien avec les études poursuivies, ne permet pas de démontrer une insertion particulière. Par ailleurs, il est constant que l'intéressé d'une part, a fait l'objet, le 30 novembre 2021, d'un premier arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois, en dépit duquel il s'est maintenu sur le territoire national et d'autre part, est défavorablement connu des services de police pour des faits d'agression sexuelle et de vol à l'étalage pour lesquels il a fait l'objet de rappels à la loi le 20 juillet 2016 et le 3 juillet 2021. Par suite, eu égard aux conditions de son séjour en France, alors que l'intéressé n'y est arrivé qu'à l'âge de vingt-quatre ans ses parents, ses trois sœurs et quatre de ses frères résidant toujours dans son pays d'origine, en rejetant implicitement sa demande d'abrogation de l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet du Rhône n'a pas porté à sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise, ni méconnu l'intérêt supérieur de son enfant et n'a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
6. En dernier lieu, en se bornant à faire état de son insertion universitaire, de son insertion professionnelle, de son ancrage familial sur le territoire français alors qu'il n'en justifie par aucun élément versé au dossier, c'est sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B A que la préfète du Rhône a pu rejeter sa demande d'abrogation.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B A doit être rejetée, en ce comprises ses conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 27 octobre 2023, où siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
Le rapporteur,
C. Bertolo
La présidente,
A. Baux
La greffière,
F. Faure
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026