vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203855 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS SEHILI - FRANCESCHINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 mai 2022 et 14 mars 2023, Mme B A, représentée par la SELARL Sisyphe, demande au tribunal :
1°) d'annuler les deux titres de perception du 5 août 2020 relatifs à la taxe d'aménagement, d'un montant de 807 euros, et à la redevance d'archéologie préventive, d'un montant de 127 euros, ainsi que, par voie de conséquence, les actes de relance et mises en demeure, avec leurs majorations, et la décision implicite par laquelle le préfet de l'Ardèche a rejeté son recours administratif ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 028 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son projet, qui consiste en la démolition-reconstruction à l'identique d'un garage détruit ou démoli depuis moins de dix ans sur un même terrain et comprenant une surface de plancher égale, bénéficie de l'exonération des parts communale et départementale de la taxe d'aménagement prévue par les articles L. 331-7 et L. 331-8 du code de l'urbanisme ;
- la reconstruction est réalisée sur la dalle de l'ancienne construction de sorte que les travaux envisagés n'affectent pas le sous-sol ; le projet n'est donc pas soumis à la redevance d'archéologie préventive ;
- à titre subsidiaire, les projets de démolition-reconstruction à l'identique d'une construction détruite ou démolie depuis moins de dix ans sur un même terrain et comprenant une surface de plancher égale bénéficient d'une exonération de la redevance d'archéologie préventive, conformément à l'article L. 331-7 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2022, le directeur départemental des finances publiques de l'Ain fait valoir qu'il est incompétent, en tant que comptable public, s'agissant du bien-fondé d'une créance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, la commune de Rochecolombe conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 septembre 2022 et 5 juillet 2023, le préfet de l'Ardèche conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation du titre de perception relatif à la redevance d'archéologie préventive et à la décharge afférente et au rejet des autres conclusions.
Il fait valoir que :
- la redevance d'archéologie préventive a été annulée pour la somme de 127 euros au bénéfice de Mme A, son projet n'ayant pas nécessité d'affouillement du sol ;
- les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 23 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 7 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Chapard.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé en mairie de Rochecolombe le 8 avril 2019 une demande de permis de construire pour la réalisation d'un garage. Par arrêté du 13 juin 2019, le maire a délivré l'autorisation ainsi sollicitée. Le 5 août 2020, Mme A a été destinataire de deux titres de perception pour la taxe d'aménagement, d'un montant de 807 euros, et pour la redevance d'archéologie préventive, d'un montant de 127 euros, avec une date limite de paiement fixée au 15 octobre 2020. Par courriers du 12 novembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de l'Ain a relancé Mme A pour ces paiements et a majoré la taxe d'aménagement réclamée de 81 euros et la redevance d'archéologie préventive de 13 euros. Deux courriers de mise en demeure de payer lui ont ensuite été adressés par le directeur départemental le 26 juillet 2021. Par courrier du 22 septembre 2021 adressé au directeur départemental des finances publiques de l'Ain, Mme A a exercé un recours gracieux pour contester le bien-fondé de ces créances. Elle demande l'annulation des titres de perception du 5 août 2020, des actes de relance et des mises en demeure de payer, avec leurs majorations, qui lui ont été adressés et de la décision implicite rejetant son recours gracieux, ainsi que la décharge de l'obligation de payer la somme de 1 028 euros.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet de l'Ardèche quant aux conclusions à fin d'annulation et de décharge relatives à la redevance d'archéologie préventive :
2. Par une décision en date du 12 juillet 2022, postérieure à l'introduction du recours, le préfet de l'Ardèche a procédé à l'annulation de la redevance d'archéologie préventive pour la somme de 127 euros au bénéfice de Mme A. La requérante a déclaré en prendre acte. Dès lors, ses conclusions dirigées contre le titre de perception du 5 août 2020 relatif à cette redevance, sa majoration survenue le 12 novembre 2020, la mise en demeure de payer cette redevance du 26 juillet 2021, la décision implicite de rejet de son recours administratif quant à cette redevance et la décharge de la somme réclamée à ce titre sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de décharge relatives à la taxe d'aménagement :
3. Aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme, dans sa version alors en vigueur : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement, sous réserve des dispositions des articles L. 331-7 à L. 331-9. / Les redevables de la taxe sont les personnes bénéficiaires des autorisations mentionnées au premier alinéa du présent article (). / Le fait générateur de la taxe est, selon les cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire () ". Aux termes de l'article L. 331-7 du même code, dans sa version alors en vigueur : " Sont exonérés de la part communale ou intercommunale de la taxe : / () La reconstruction à l'identique d'un bâtiment détruit ou démoli depuis moins de dix ans dans les conditions prévues au premier alinéa de l'article L. 111-15 () ".
4. Si Mme A soutient que son projet, objet du permis de construire délivré le 13 juin 2019, consiste à reconstruire à l'identique un garage détruit par l'ancien propriétaire du bien il y a moins de dix années, elle ne produit aucun élément susceptible d'étayer ses allégations. Au contraire, selon ses déclarations, les matériaux de cet ancien garage auraient servi à rénover une ancienne bergerie dont la rénovation aurait été achevée en 1999, soit vingt ans avant la délivrance du permis de construire qui lui a été délivré pour son projet. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle remplit les conditions pour pouvoir bénéficier d'une exonération de taxe d'aménagement au titre des dispositions précitées de l'article L. 331-7 du code de l'urbanisme, en vigueur à la date du permis de construire qui lui a été délivré par le maire de Rochecolombe.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A dirigées contre le titre de perception du 5 août 2020 relatif à la taxe d'aménagement qui lui est réclamée, la majoration survenue le 12 novembre 2020, la mise en demeure de payer cette taxe du 26 juillet 2021, la décision implicite de rejet de son recours administratif quant à cette taxe et la décharge de la somme réclamée à ce titre doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A à fin d'annulation et de décharge relatives à la redevance d'archéologie préventive.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la commune de Rochecolombe.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Ardèche.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Jean-Pascal Chenevey, président,
- Mme Marine Flechet, première conseillère,
- Mme Marie Chapard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La rapporteure,
M. Chapard
Le président,
J.-P. Chenevey
La greffière,
G. Reynaud
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026