vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203860 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | AVOCAJURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Darnoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 mars 2022 de la rectrice de l'académie de Grenoble lui refusant le bénéfice de l'indemnité de fin de contrat ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Grenoble de lui verser cette indemnité ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la signataire de la décision attaquée ne disposait pas d'une délégation régulière de signature ;
- la rectrice a entaché la décision attaquée d'une erreur de droit en ajoutant aux conditions du décret n°2020-129 du 23 octobre 2020 et en analysant les cinq contrats signés au cours de l'année 2020-2021, comme un seul contrat ; par suite, elle pouvait bénéficier de l'indemnité de précarité du fait de son contrat conclu du 25 février au 13 juillet 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 mars 2023, la rectrice de l'académie de Grenoble conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n°2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n°2020-1296 du 23 octobre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bertolo ;
- les conclusions de M. Pineau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Agent contractuel, Mme B a été recrutée pour exercer des fonctions d'adjointe administrative au sein du lycée professionnel Léon Pavin de Chomérac, notamment pour la période allant du 25 août 2020 au 13 juillet 2021. Par un courrier daté du 7 mars 2022, l'intéressée a sollicité le versement de l'indemnité de fin de contrat pour la période allant du 25 février au 13 juillet 2021. Par une décision du 9 mars 2022 dont la requérante demande au tribunal de prononcer l'annulation, la rectrice de l'académie de Grenoble a rejeté sa demande au motif que son premier contrat avait débuté avant le 1er janvier 2021 et que ses contrats s'étaient succédés sans interruption jusqu'au 13 juillet 2021.
Sur le bénéfice de l'indemnité de fin de contrat :
2. D'une part, aux termes de l'article 7 ter de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa version applicable au litige : " Un décret en Conseil d'Etat prévoit, pour les contrats conclus en application du 2° de l'article 3 et des articles 4, 6, 6 quater, 6 quinquies et 6 sexies, à l'exclusion des contrats saisonniers, les conditions d'application relatives à une indemnité de fin de contrat lorsque ces contrats, le cas échéant renouvelés, sont d'une durée inférieure ou égale à un an et lorsque la rémunération brute globale prévue dans ces contrats est inférieure à un plafond qu'il fixe. Ces dispositions ne sont pas applicables lorsque, au terme du contrat ou de cette durée, les agents sont nommés stagiaires ou élèves à l'issue de la réussite à un concours ou bénéficient du renouvellement de leur contrat ou de la conclusion d'un nouveau contrat, à durée déterminée ou indéterminée, au sein de la fonction publique de l'Etat ".
3. D'autre part, conformément aux dispositions du IV de l'article 23 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique et à l'article 4 du décret du 23 octobre 2020 relatif à l'indemnité de fin de contrat dans la fonction publique, le bénéfice des dispositions de l'article 7 ter de la loi du 11 janvier 1984 précitée est réservé aux contrats conclus à compter du 1er janvier 2021.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été recrutée en qualité d'agent contractuel du 25 août au 25 septembre 2020, du 26 septembre au 25 octobre 2020, du 26 octobre au 30 novembre 2020, du 1er décembre au 24 février 2021 et enfin du 25 février au 3 juillet 2021. Chaque période contractuelle a fait l'objet, non d'un avenant comme l'indique à tort la rectrice en défense, mais d'un nouveau contrat, conformément aux stipulations de l'article 6 des contrats signés par Mme B. Par ailleurs, les dispositions précitées de l'article 7 ter de la loi du 11 janvier 1984 ne sauraient être interprétées comme excluant du bénéfice de l'indemnité de fin de contrat les agents contractuels ayant signé un contrat postérieurement au 1er janvier 2021 mais dont le premier contrat aurait été signé avant cette date et aurait été renouvelé sans période de carence. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que la rectrice de l'académie de Grenoble a fait une inexacte application des dispositions précitées en lui refusant le bénéfice de l'indemnité de fin de contrat pour la période du 25 février au 13 juillet 2021.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 9 mars 2022 de la rectrice de l'académie de Grenoble lui refusant le bénéfice de l'indemnité de fin de contrat.
Sur l'injonction :
6. Eu égard au motif qui fonde l'annulation prononcée par le présent jugement, et dès lors qu'il n'est pas contesté que Mme B remplissait toutes les conditions pour bénéficier d'une indemnité de fin de contrat, il est enjoint à la rectrice de l'académie de Grenoble de verser à Mme B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, l'indemnité de fin de contrat prévue par l'article 1er du décret du 23 octobre 2020. Cette indemnité devra correspondre, en application du II de l'article 1er du 23 octobre 2020, à 10 % de la rémunération brute globale que l'intéressée a perçue pour son contrat du 25 février au 13 juillet 2021.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 9 mars 2022 de la rectrice de l'académie de Grenoble refusant à Mme B le bénéfice de l'indemnité de fin de contrat est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Grenoble de verser à Mme B, dans un délai de deux mois, l'indemnité de fin de contrat prévue par l'article 1er du décret du 23 octobre 2020.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 500 euros à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Grenoble.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, où siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Bertolo, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
Le rapporteur,
C. Bertolo
La présidente,
A. Baux
La greffière,
S. Rolland
La République mande au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026