jeudi 18 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203928 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | PAQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 23 mai et 27 juin 2022 sous le n°2203928, M. D A, ayant pour avocate Me Paquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 4 mai 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, et lui a en outre opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre à cette autorité :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous réserve d'une astreinte de 50 € par jour de retard, et de lui délivrer dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, dans les mêmes conditions ;
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous réserve d'une astreinte de 50 € par jour de retard ;
- dans tous les cas, de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information " Schengen " dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous réserve d'une astreinte de 50 € par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
M. A soutient que :
- le préfet n'a pas correctement examiné la situation individuelle de l'intéressé ;
- l'arrêté attaqué est entaché de plusieurs erreurs de fait ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait également le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son état de santé commande le maintien impératif de l'intéressé sur le territoire national ;
- la décision fixant le pays de destination méconnait les stipulations de l'article 3 de cette même convention européenne et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois est illégale, par voie d'exception ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
- le préfet a commis une erreur de droit en édictant une telle mesure de police administrative ;
- le préfet a commis un détournement de procédure en prenant une décision d'interdiction de retour sur le territoire français ;
- le préfet a entaché sa décision d'interdiction de retour d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle et familiale.
Le préfet du Rhône a produit des pièces enregistrées le 05 juillet 2022 au greffe du tribunal administratif de Lyon.
Le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, ensemble le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience à laquelle le préfet du Rhône n'était ni présent, ni représenté.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Habchi, magistrat désigné ;
- les observations de Me Paquet, qui rappelle la situation administrative, personnelle et familiale de l'intéressé et les craintes qu'il allègue encourir en cas de retour au Nigéria.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 30 juillet 1994 et de nationalité nigériane, déclare être entré en France le 8 septembre 2018, muni d'un visa de court séjour " Schengen " délivré par les autorités consulaires portugaises. Après avoir été l'objet d'une remise " Dublin ", l'intéressé s'est maintenu sur le territoire national, et la France est devenue responsable de sa demande d'asile. Le 22 septembre 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile, décision confirmée à son tour par la Cour nationale du droit d'asile le 4 février 2022. Ce rejet définitif lui a été notifié le 10 février suivant. Puis, par un arrêté du 4 mai 2022, le préfet du Rhône a prononcé à son encontre, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. L'autorité administrative lui a également opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation des décisions préfectorales du 4 mai 2022 dont il est l'objet.
Sur les conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 juin 2022, il n'y a plus lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions
3. Il ne résulte pas des termes de l'arrêté contesté, ni des autres pièces du dossier, que l'autorité préfectorale aurait omis d'examiner de manière attentive et personnalisée la situation de l'étranger, qui lui était soumise, notamment au regard des conditions de son séjour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit par suite être écarté. Au surplus, la circonstance que l'autorité administrative n'ait pas fait mention de l'existence de la compagne de l'intéressé ne suffit pas à caractériser le défaut d'examen que M. A invoque.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, d'une part, M. A invoque l'erreur de fait qu'aurait commise le préfet du Rhône en considérant qu'il est entré en France en 2018 irrégulièrement, alors qu'il était, il est vrai, muni d'un visa de court séjour " Schengen " délivré par les autorités consulaires portugaises à Conakry, lors de son entrée en France le 8 septembre 2018, après avoir transité par le Portugal. Si le préfet du Rhône a considéré à tort que l'entrée du requérant en France était irrégulière, cette erreur de fait, commise par l'autorité administrative demeure toutefois sans influence sur la légalité de la décision d'éloignement contestée, dès lors que le préfet du Rhône s'est fondé, pour prendre sa décision d'éloignement, sur les refus d'asile successifs opposés à l'intéressé par l'OFPRA puis par la CNDA, respectivement en 2021 et en 2022 pour prononcer la mesure contestée sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et non sur l'éventuelle entrée irrégulière de M. A sur le sol français. Dans ces conditions, le préfet aurait pris la même décision d'éloignement s'il avait estimé que l'entrée du requérant en France était régulière.
5. D'autre part, M. A expose, à nouveau, que c'est à tort que le préfet du Rhône a estimé qu'il était célibataire et sans charge de famille, alors qu'il affirme devant le tribunal qu'il serait le compagnon de Mme B, compatriote également demandeuse d'asile, et que celle-ci serait enceinte de ses œuvres depuis cinq mois. Toutefois, d'une part, M. A, s'est déclaré jusque lors célibataire auprès de la préfecture du Rhône. D'autre part, l'intéressé n'apporte pas de preuve probante du lien privé et familial qu'il invoque, ni ne justifie de la paternité dont il se prévaut. D'ailleurs, à supposer que ces éléments soient avérés, en l'absence de justification de la régularité du séjour de sa prétendue compagne, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Rhône aurait pris la même décision d'éloignement à l'encontre de M. A, qui a été opposée ensuite d'un refus d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté, en toutes ses branches.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A âgé de 28 ans, est entré en France en fin d'année 2018 et y réside depuis près de trois ans et demi à la date de l'arrêté attaqué. L'intéressé, qui demeure sans emploi ni activité professionnelle stable, s'est déclaré célibataire, sans charge de famille en France et ne fait état d'aucune attache familiale forte sur le sol français. S'il se prévaut à présent dans ses écritures, de ce qu'il serait le compagnon de Mme B, compatriote, il n'en justifie pas devant la juridiction. A supposer qu'il le fût, et que sa compagne serait enceintre depuis cinq ans, il est constant qu'elle est également en situation irrégulière sur le territoire national. Rien ne fait ainsi obstacle, à supposer qu'il soit le père d'un enfant à naître, à ce que la cellule familiale se reconstitue au Nigéria, pays dont les membres de famille ont tous la nationalité. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point 6 doit être écarté. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Rhône aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
8. En troisième et dernier lieu, M. A expose également qu'il fait l'objet d'un suivi psychologique et thérapeutique en France et qu'il bénéfice d'un traitement médicamenteux approprié à son état de santé, l'intéressé versant à cet égard plusieurs documents à l'appui de sa requête, pour étayer ses allégations. Toutefois, s'il est vrai que M. A souffre de problèmes psychiatriques, attestés au dossier, ce qui l'a conduit d'ailleurs à bénéficier d'un accompagnement médico-social en France, il ne ressort d'aucun élément produit aux débats que cette prise en charge adaptée ne serait pas disponible au Nigéria, son pays d'origine. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code précité, que M. A invoque dans ses dernières écritures.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Si M. A soutient qu'il craint toujours pour sa vie en cas de retour au Nigéria et fait valoir qu'il y serait menacé physiquement en raison d'un conflit familial avec son oncle paternel, à la suite du décès de son père, et qu'il serait enrôlé dans un mouvement sectaire, la demande d'asile du requérant a toutefois été rejetée tant par l'OFPRA que par la CNDA, qui n'ont pas tenu les risques invoqués par ce dernier comme établis. S'il se prévaut, eu égard à ses écritures, d'un syndrome de stress post-traumatique en cas de retour dans son pays d'origine, rien au dossier ne permet d'en attester, et il ne justifie ainsi pas d'un obstacle à ce qu'il poursuive son existence au Nigéria, notamment dans une région différente de celle qu'il a initialement quittée pour rejoindre la France. Par suite, M. A, qui n'apporte pas d'élément établissant le caractère réel, sérieux et personnel des menaces invoquées en cas de retour au Nigéria, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'intéressé ne saurait soutenir que le préfet du Rhône aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 8 que ni l'obligation de quitter le territoire français ni la décision fixant le pays de destination ne sont entachées d'illégalité. Par suite, le moyen invoqué par voie d'exception, tiré de l'illégalité de la décision d'interdiction de retour ne peut qu'être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " ; et de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
12. M. A soutient que c'est à tort que le préfet du Rhône s'est notamment fondé sur l'existence d'une précédente mesure d'éloignement pour édicter la mesure d'interdiction dont il est l'objet. Il précise que la décision de remise aux autorités portugaises dont il a fait l'objet le 13 novembre 2018 ne saurait être regardée comme une mesure d'éloignement au sens des dispositions citées au point précédent. Or, si la décision de remise aux autorités portugaises dont il a été l'objet en 2018 ne constitue pas, il est vrai, une mesure d'éloignement au sens des dispositions citées au point précédent, il n'en demeure moins que l'autorité administrative pouvait légalement prendre en compte le comportement général de l'intéressé depuis son arrivée en France, pour édicter une telle mesure d'interdiction de retour. Il est à cet égard constant que M. A, qui a été également assigné à résidence par le préfet du Rhône en 2018, avant son départ pour le Portugal, ne s'est pas présenté à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry mettant en échec la décision de remise dont il était l'objet. Cette soustraction a d'ailleurs conduit à ce que la France soit regardée comme responsable, par la suite, de sa demande d'asile, laquelle ne résulte que du maintien irrégulier de l'étranger sur le territoire national. De plus, M. A se maintient sur le territoire français depuis près de quatre ans sans justifier de démarches tendant à la régularisation de sa situation administrative, et il n'a aucune attache familiale stable en France, excepté sa compagne Mme B, compatriote également en situation irrégulière. M. A entrait donc dans le champ d'application des dispositions citées au point précédent, de sorte que le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté. En outre, et alors même que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public, le préfet du Rhône pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation, édicter une telle décision d'une durée de six mois, qui, en l'espèce, constitue la première interdiction de retour en la matière.
13. En troisième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que le préfet du Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur de fait, ou d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure d'interdiction sur la situation personnelle et familiale de l'intéressé. Au demeurant, il est loisible au requérant, une fois qu'il aura regagné le Nigéria, de solliciter la levée ou l'abrogation de l'interdiction de retour dont il est présentement l'objet.
14. En quatrième et dernier lieu, si M. A soutient, eu égard à ses écritures, que la décision serait entachée d'un détournement de procédure visant, selon ses allégations, à " détourner l'objet de la loi ", ce détournement n'est nullement établi dans la présente instance, et il ne résulte pas davantage des termes de la décision attaquée que l'autorité administrative aurait " détourné l'objet de la loi ", ou entaché sa décision de police administrative d'un détournement de procédure, ou de pouvoir.
15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de cette requête doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête n°2203928 de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet du Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 août 2022.
Le magistrat désigné,
H. C
La greffière en chef,
B. FAUTRIER-VRAY
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°2203928
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026