mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2203943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | AUGOYARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 24 mai 2022 et le 1er juillet 2022, M. A B, représenté par Me Augoyard, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 21 octobre 2021 de la direction générale des finances publiques relatif à la récupération d'un trop perçu d'un montant total de 9 853 euros d'aides exceptionnelles au titre des mois d'avril et novembre 2020 et février 2021 versées dans le cadre du fonds de solidarité institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, ainsi que la décision du 18 janvier 2022 rejetant partiellement sa réclamation préalable en ramenant la somme due à la somme de 9 692 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le courrier de rejet partiel de sa réclamation préalable semble incomplet en l'absence de liens entre les deux premières pages et en l'absence d'explication sur l'annulation partielle du titre à hauteur de la somme de 161 euros, ce qui démontre un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- s'agissant de la créance de 8 140 euros au titre du mois de novembre 2020, il a par simplicité, et en raison du caractère très saisonnier de son chiffre d'affaires, regroupé sur le mois de novembre la déclaration de chiffre d'affaires réalisé sur les mois de novembre et décembre pour solliciter la somme de 10 000 euros ; son chiffre d'affaires du mois de novembre 2019 est supérieur à la somme retenue de 8 430 euros au regard des recettes perçues en espèces ; en tout état de cause, son chiffre d'affaires déclaré à l'URSSAF a été de 11 390 euros pour 4ème trimestre 2019 et de 440 euros pour le 4ème trimestre 2020 de telle sorte que sa perte de chiffre d'affaires est de 10 950 euros ; ayant perçu la somme de 11 500 euros, l'indu réclamé ne peut excéder la somme de 550 euros ;
- s'agissant de la créance de 1 500 euros au titre du mois de février 2021, l'administration a retenu à tort un chiffre d'affaires de 1 620 euros pour février 2019 et de 1960 euros pour février 2021 dès lors qu'en février 2021, il a perçu sur son compte bancaire la somme de 980 euros au titre des cours de tennis dispensés en février 2021 et un règlement anticipé de 980 euros au titre des cours de tennis à dispenser en mars 2021 ; son chiffre d'affaires réellement réalisé au titre du mois de février 2021 est donc de 980 euros ;
- s'agissant de la créance de 213 euros au titre du mois d'avril 2020, il y a lieu de prendre en compte son chiffre d'affaires de 450 euros déclaré pour le premier trimestre 2019 dès lors qu'il a été radié par erreur par l'URSSAF ;
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mai 2023, le directeur régional des finances publiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée au 6 juillet 2023 par une ordonnance du 23 mai 2023.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 18 mars 2022, rectifiée le 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique ;
- les observations de Me Augoyard pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, qui exerce une activité de professeur de tennis et de vente d'objets sur les salons et plus particulièrement sur les marchés de Noël, a perçu l'aide exceptionnelle notamment au titre des mois d'avril et novembre 2020 et février 2021 à hauteur des sommes respectives de 1 500 euros, 10 000 euros et 1 500 euros. A la suite d'un contrôle ayant révélé des anomalies, la direction générale des finances publiques l'a informé le 6 juillet 2021 de la récupération de sommes indument perçues et de l'émission prochaine d'un titre de perception. Ce titre de perception d'un montant total de 9 853 euros a été émis le 21 octobre 2021. En réponse à la réclamation de l'intéressé, l'administration a le 18 janvier 2022 ramené le montant total des sommes indument perçues à 9 692 euros. M. B demande l'annulation de ce titre de perception émis le 21 octobre 2021 et de la décision du 18 janvier 2022 rejetant partiellement sa réclamation préalable.
Sur l'étendue du litige :
2. Ainsi qu'il a été dit précédemment, l'administration fiscale a, le 18 janvier 2022, avant l'introduction de la requête, ramené le montant total des sommes indument perçues par M. B à la somme 9 692 euros et ainsi annulé partiellement à hauteur de la somme de 161 euros l'indu qui lui était initialement réclamé de 9 853 euros par le titre de perception émis le 21 octobre 2021. Par suite, les conclusions de M. B aux fins d'annulation du titre de perception à hauteur de cette somme de 161 euros annulée par l'administration doivent être rejetées comme dépourvues d'objet à la date d'introduction de la requête.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 3-1 de l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - Les aides versées au titre du fonds le sont sur la base d'éléments déclaratifs prévus par décret. / Sous réserve des dispositions du troisième alinéa du II, elles sont insaisissables. / II. - Les documents attestant du respect des conditions d'éligibilité au fonds et du correct calcul du montant de l'aide sont conservés par le bénéficiaire pendant cinq années à compter de la date de versement de cette dernière. / Les agents de la direction générale des finances publiques et les agents publics affectés dans les services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat peuvent demander à tout bénéficiaire du fonds communication de tout document relatif à son activité, notamment administratif ou comptable, permettant de justifier de son éligibilité et du correct montant de l'aide reçue pendant cinq années à compter de la date de son versement. Le bénéficiaire dispose d'un délai d'un mois pour produire ces justifications à compter de la date de la demande. / En cas d'irrégularités constatées, d'absence de réponse ou de réponse incomplète à la demande prévue au premier alinéa, les sommes indûment perçues font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine. / La procédure prévue au présent II ne constitue pas une procédure de contrôle de l'impôt. ". Le décret n°2020-371 du 30 mars 2020 précise que sont éligibles au fonds de solidarité les entreprises qui remplissent certaines conditions, dont la justification d'une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % au titre du mois concerné par rapport à la même période de l'année précédente, ou à compter des demandes d'aide au titre du mois d'avril 2020, si elles le souhaitent, par rapport au chiffre d'affaire mensuel moyen de l'année 2019.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B a initialement perçu au titre du mois de novembre 2020 une aide d'un montant de 10 000 euros, alors que les sommes effectivement encaissées par l'intéressé au titre du mois de novembre 2019, dont le montant est plus avantageux que son chiffre d'affaires mensuel moyen constaté de 1 672 euros, se sont élevées à 1 860 euros et qu'il n'a généré aucun chiffre d'affaires au titre du mois de novembre 2020, de telle sorte que l'administration a pu ainsi retenir une perte de chiffre d'affaires de 1 860 euros, sans que l'intéressé puisse utilement se prévaloir du fait qu'il a renseigné son chiffre d'affaires réalisé en novembre et décembre 2019 en raison du caractère saisonnier de son activité. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à contester le bien-fondé de la récupération de la somme due à ce titre d'un montant de 8 140 euros.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. B a initialement perçu au titre du mois de février 2021 une aide d'un montant de 1 500 euros, alors que son chiffre d'affaire mensuel moyen, retenu en l'absence de relevé bancaire au titre du mois de février 2019, s'est élevé à la somme de 1 672 euros, et que les sommes encaissées par l'intéressé au titre du mois de février 2021, correspondant à deux chèques de 980 euros, se sont élevées à la somme de 1 860 euros, de telle sorte que le requérant n'a subi aucune perte de chiffre d'affaires, sans qu'il ne puisse utilement se prévaloir du fait que l'un des chèques de 980 euros correspondrait à l'encaissement par avance d'un cours de tennis réalisé au cours du mois de mars 2021. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à contester le bien-fondé de la récupération de la somme due à ce titre d'un montant de 1500 euros.
6. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. B a initialement perçu au titre du mois d'avril 2020 une aide d'un montant de 1 500 euros, alors que les sommes encaissées par l'intéressé au titre du mois concerné se sont élevées à la somme de 333 euros et que la moyenne mensuelle de son chiffre d'affaires de référence au titre de l'année 2019 est de 1672 euros, montant dont l'intéressé ne démontre pas le caractère erroné, de telle sorte que sa perte de chiffre d'affaires était de 1 339 euros. Par suite, l'intéressé, qui ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les sommes ainsi retenues par l'administration, n'est pas fondé à contester le bien-fondé de la récupération de la somme due au titre de ce mois d'avril 2020.
7. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que la décision du 18 janvier 2022 constitue une décision qui a pour seul objet de rejeter la réclamation préalable obligatoire formée par le requérant à l'encontre du titre de perception émis le 21 octobre 2021. Dès lors que la contestation de ce titre devant le tribunal donne ainsi à l'ensemble des conclusions de la requête le caractère d'un recours de plein contentieux, les vices propres de cette décision du 18 janvier 2022 sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les moyens tirés du caractère incomplet de cette décision et du défaut d'examen de la situation de l'intéressé qu'elle révèlerait doivent être écartés comme inopérants.
8. Il résulte de tout ce qui précède, que M. B n'est pas fondé à contester le bien-fondé de la créance restant en litige de 9 692 euros. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'annulation dirigées contre le titre exécutoire du 21 octobre 2021 et la décision du 18 janvier 2022 doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au directeur régional des finances publiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller,
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
T. Andujar
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026