mardi 23 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | LAWSON BODY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mai 2022, M. B D, représenté par Me Lawson-Body, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2022 par lequel la préfète de la Loire l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard :
- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire ;
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et, dans l'attente de ce réexamen de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée à cet égard d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La présidente du tribunal a désigné Mme Baux pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement ou remise des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées
Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, né le 17 juillet 1991, de nationalité tunisienne, qui déclare être entré en France depuis cinq années a fait l'objet le 15 mai 2022 d'un arrêté par lequel la préfète de la Loire l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. M. D demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces décisions.
2. Le bureau d'aide juridictionnelle n'ayant pas statué sur la demande d'aide juridictionnelle dont M. D fait état dans sa requête, il y a lieu de faire application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus et d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans cette instance.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. L'arrêté attaqué a été signé par M. E C, sous-préfet de Montbrison, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète de la Loire du 3 mai 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 4 mai suivant, accessible tant au juge qu'aux parties. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté qui manque en fait doit être écarté.
4. La décision portant obligation de quitter le territoire français vise les textes dont elle fait application, notamment l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, elle précise, d'une part, que l'intéressé ne dispose pas d'un titre de séjour et ne justifie pas avoir entrepris de démarches depuis son entrée en France pour régulariser sa situation, d'autre part, qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, et enfin, qu'il est marié depuis cinq mois avec une ressortissante française. Par ailleurs, si le requérant soutient que la préfète de la Loire n'a pas apprécié sa situation au regard de l'article 10 a) de l'accord franco-tunisien susvisé, cette contestation qui ne relève pas de la forme de l'arrêté contesté mais de l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la situation du demandeur et dès lors du fond de celle-ci, ne permet en tout état de cause pas de considérer que la décision en litige serait insuffisamment motivée. Par suite, la décision en litige qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement qui ont permis à M. D d'en discuter utilement. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, pourra donc être écarté.
5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
6. M. D fait état d'une présence en France de cinq années, de ce qu'il y réside avec son épouse de nationalité française avec laquelle il justifiait d'une communauté de vie avant son mariage, et de ce qu'il va devenir parent d'enfant français. Toutefois, le requérant qui est arrivé sur le territoire national à l'âge de 27 ans, n'a en cinq ans jamais sollicité la régularisation de sa situation administrative, et a passé la majorité de son existence dans son pays d'origine où il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales. Par ailleurs, si l'intéressé soutient qu'il a placé le centre de sa vie privée et familiale sur le territoire où il réside avec son épouse enceinte de sept mois, il est constant que le mariage est récent à la date de la décision attaquée ainsi qu'en justifie l'acte d'état civil versé au dossier indiquant que le mariage est intervenu le 18 décembre 2021, le requérant ne faisant, en outre, état d'aucun élément permettant de justifier de l'existence d'une communauté de vie avant le mariage. Dans ces conditions, rien ne fait obstacle à ce que M. D retourne en Tunisie afin d'y solliciter un visa long séjour en qualité de conjoint de français, son enfant n'étant pas né à la date de la décision attaquée, l'intéressé ne peut, en tout état de cause, prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ni davantage soutenir que cette circonstance ferait obstacle à son éloignement. Par suite, eu égard à ses conditions de séjour, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales sera donc écarté, ainsi qu'en l'absence d'argumentation spécifique, celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
7. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée en ce comprises ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et à la préfète de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 août 2022.
La magistrate désignée,
A. Baux
La greffière,
A. Calmès
La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026