mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204086 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mai 2022, M. A C et Mme B D épouse C, représentés par Me Salen, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Saint-Chamond a refusé de dresser un procès-verbal de constat d'infraction concernant des travaux entrepris sur les parcelles cadastrées section AE nos 585 et 547 ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Chamond de dresser le procès-verbal sollicité et de transmettre ce procès-verbal au procureur de la République dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire délivré le 22 décembre 2020 a été annulé le 1er février 2022 par un jugement du tribunal administratif de Lyon, retenant notamment un motif tiré de la fraude et d'autres illégalités de ce projet au regard des règles d'urbanisme ;
- la société pétitionnaire avait démarré les travaux dès la notification de ce permis de construire ; les travaux se sont poursuivis malgré l'annulation du permis de construire.
Par un mémoire en défense, enregistrée le 16 février 2023, la commune de Saint-Chamond, représentée par Me Saban, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 mars 2023.
Un mémoire a été enregistré pour les requérants le 15 mars 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gilbertas, premier conseiller,
- les conclusions de M. Borges Pinto, rapporteur public,
- les observations de Me Salen, pour M. et Mme C, et celles de Me Frigière, suppléant Me Saban, pour la commune de Saint-Chamond.
Considérant ce qui suit :
1. La société Immolife 3 a déposé, le 29 septembre 2020, une demande de permis de construire en vue de la réhabilitation et de l'extension d'un bâtiment existant, situé 11 route du Coin à Saint-Chamond, avec la création de neuf logements collectifs. Par un arrêté du 22 décembre 2020, le maire de la commune lui en a accordé le bénéfice. Par un jugement n° 2103948 du 1er février 2022, le tribunal a annulé cet arrêté. M. A C et Mme B D épouse C ont sollicité du maire de la commune de Saint-Chamond, par une lettre du 2 février 2022, que soit dressé un procès-verbal d'infraction en application des dispositions de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme au regard de l'absence d'autorisation de la construction en cours et de la méconnaissance par ces travaux des servitudes d'urbanisme applicables. Ils demandent au tribunal l'annulation, pour excès de pouvoir, du refus implicite opposé à leur demande ainsi qu'il soit enjoint au maire de faire dresser le procès-verbal sollicité.
2. Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme : " Les constructions, même ne comportant pas de fondations, doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire ". Selon l'article L. 480-1 du même code : " Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal ". Aux termes de l'article L. 480-4 de ce code : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende () ". Il résulte de ces dispositions que le maire est tenu de dresser un procès-verbal en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme lorsqu'il a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 480-4, résultant soit de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code, soit de la méconnaissance des autorisations délivrées. Lorsqu'il exerce les attributions qui lui sont confiées par l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, le maire agit comme autorité de l'État.
3. Les requérants soutiennent que les travaux entrepris par la société Immolife 3 pour l'exécution du permis de construire délivré le 22 décembre 2022 ont continué postérieurement à la notification du jugement précité, qui a annulé cette autorisation d'urbanisme, et à l'acquisition du caractère définitif du jugement, le 2 avril 2022. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des échanges entre la commune de Saint-Chamond et la société pétitionnaire, que cette dernière a effectivement poursuivi ces travaux en sollicitant une régularisation des travaux exécutés par la délivrance d'un nouveau permis de construire, déposé le 2 mai suivant et délivré le 29 juillet 2022. Toutefois, une telle procédure de régularisation ne faisait pas obstacle à ce que le maire de la commune fasse procéder, ainsi qu'il y était tenu par application des principes analysés au point 2 du présent jugement, à l'établissement d'un procès-verbal sur le fondement de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, dès lors que les conditions d'application de cet article étaient remplies, comme en l'espèce. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le refus implicite en litige est entaché d'illégalité et doit, pour ce motif, être annulé.
4. Pour l'application de l'article L. 600-4-1, aucun des autres moyens de la requête n'apparaît de nature à fonder l'annulation de la décision attaquée.
5. Il résulte de l'instruction qu'à la date du présent jugement, les travaux en litige ont été réalisés dans le cadre de l'exécution de l'arrêté du 29 juillet 2022 portant permis de construire. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu pour le tribunal d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Chamond de faire procéder à l'établissement d'un procès-verbal sur le fondement de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, l'infraction résultant d'un défaut d'autorisation des travaux exécutés n'apparaissant pas constituée à la date du présent jugement. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte de la requête doivent ainsi être rejetées.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnés à verser une somme sur leur fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées les requérants au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le maire de la commune de Saint-Chamond a rejeté la demande de M. et Mme C tendant à ce qu'un procès-verbal d'infraction soit dressé s'agissant des travaux entrepris sur les parcelles cadastrées section AE nos 585 et 547 est annulée.
Article 2 : Le surplus de conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme B C, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la commune de Saint-Chamond.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Drouet, président,
Mme Maubon, première conseillère,
M. Gilbertas, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
Le rapporteur,
M. Gilbertas
Le président,
H. Drouet
La greffière,
J.-P. Duret
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026