mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL PHILIPPE PETIT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 9 juin et 25 août 2022 ainsi que le 29 juin 2023, Mme B C, représentée par Me Ferron, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président de Saint-Etienne Métropole a rejeté sa demande de versement du supplément familial de traitement ainsi que la décision rejetant son recours gracieux formé contre ce refus ;
2°) d'enjoindre au président de Saint-Etienne Métropole de lui verser le supplément familial de traitement qui lui est dû pour les années 2017 à 2020 dans le délai de deux mois ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de Saint-Etienne Métropole la somme de 2 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les fins de non-recevoir opposées par Saint-Etienne Métropole ne sont pas fondées ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et il n'a pas été répondu à la demande de communication des motifs du rejet de son recours administratif ;
- le versement réclamé lui est dû en vertu de l'article 11 du décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 modifié.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juin 2023, Saint-Etienne Métropole, représentée par la Selarl Cabinet d'Avocats Philippe Petit et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable, faute pour Mme C de justifier d'un intérêt pour agir et de diriger sa requête contre une décision faisant grief ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Feron,
- les conclusions de Mme de Mecquenem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ferron pour Mme C ainsi que celles de Me Rubio pour Saint-Etienne Métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 23 décembre 2019, le juge aux affaires familiales du tribunal de grande instance de Saint-Etienne a prononcé le divorce de Mme C et de M. A, employé par Saint-Etienne Métropole. Mme C conteste la décision du 17 janvier 2022 par laquelle le président de Saint-Etienne Métropole a rejeté sa demande tendant au versement à son profit du supplément familial de traitement du chef de M. A au titre de leurs trois enfants.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la recevabilité :
2. Le courrier en litige, qui subordonne le reversement à la requérante de la somme réclamée par celle-ci à l'issue de la procédure judiciaire relative à la fixation du lieu de résidence des enfants concernés, présente le caractère d'une décision de rejet faisant grief à la requérante et dont celle-ci est en conséquence recevable à demander l'annulation. Par suite, les fins de non-recevoir opposées par Saint-Etienne Métropole tirées du caractère préparatoire du courrier en débat et du défaut d'intérêt pour agir de la requérante doivent être écartées.
En ce qui concerne la légalité du refus critiqué :
3. Aux termes de l'article 11 du décret du 24 octobre 1985 visé ci-dessus, relatif au droit au supplément familial de traitement ouvert aux agents de la fonction publique : " En cas de divorce, de séparation de droit ou de fait des époux (), dont l'un au moins est fonctionnaire ou agent public tel que défini au premier alinéa de l'article 10, chaque bénéficiaire du supplément familial de traitement est en droit de demander que le supplément familial de traitement qui lui est dû soit calculé : - soit, s'il est fonctionnaire ou agent public, de son chef, au titre de l'ensemble des enfants dont il est le parent ou a la charge effective et permanente ; / - soit, si son ancien conjoint est fonctionnaire ou agent public, du chef de celui-ci au titre des enfants dont ce dernier est le parent ou a la charge effective et permanente. / Le supplément familial de traitement est alors calculé au prorata du nombre d'enfants à la charge de chaque bénéficiaire et sur la base de l'indice de traitement du fonctionnaire ou de l'agent public du chef duquel le droit est ouvert ".
4. Les dispositions précitées de l'article 11 du décret du 24 octobre 1985 autorisent le conjoint qui n'est pas agent public à devenir, à raison des enfants dont il a la charge à la suite de son divorce avec son ancien conjoint qui bénéficie de la qualité d'agent public, l'attributaire du supplément familial de traitement du chef de son ancien conjoint. Dans ces conditions et alors qu'il est constant que, par une ordonnance de non-conciliation du 31 mars 2016, le juge conciliateur a constaté l'exercice conjoint de l'autorité parentale de M. A et de la requérante sur leurs enfants et fixé la résidence habituelle de ceux-ci chez leur mère et que le jugement de divorce du 23 décembre 2019 a fixé les effets de celui-ci au 3 décembre 2015, Mme C est fondée à soutenir que ni le versement initial des sommes concernées à son ancien époux ni l'issue du litige l'opposant à celui-ci devant le juge judiciaire s'agissant notamment de la fixation de la résidence de leurs enfants n'est de nature à justifier le refus qui lui a été opposé.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision du 17 janvier 2022 et la décision implicite née du silence conservé sur le recours gracieux formé à son encontre doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Alors que la décision du 17 janvier 2022 dont le présent jugement prononce l'annulation répond à la demande formée par Mme C pour la seule période courant du mois de mai 2018 au mois de mai 2020, le présent jugement implique seulement que Saint-Etienne Métropole verse à Mme C le supplément familial de traitement auquel elle a droit du chef de M. A sur cette période. Il y a lieu d'adresser une injonction en ce sens à Saint-Etienne Métropole et, dans les circonstances de l'espèce, de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur leur fondement par Saint-Etienne Métropole et dirigées contre Mme C, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la métropole défenderesse le versement à Mme C de la somme de 1 400 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : La décision du président de Saint-Etienne Métropole du 17 janvier 2022 et le rejet du recours gracieux formé à son encontre sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint à Saint-Etienne Métropole de verser à Mme C le supplément familial de traitement qui lui est dû pour la période courant du mois de mai 2018 au mois de mai 2020 dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Saint-Etienne Métropole versera la somme de 1 400 euros à Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à Saint-Etienne Métropole.
Délibéré après l'audience du 18 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
M. Richard-Rendolet, premier conseiller,
Mme Feron, première conseillère.
La rapporteure,
C. Feron
Le président,
A. GilleRendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.
La greffière,
L. Khaled
La République mande et ordonne au préfet de la Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2204349
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026