LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204380

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204380

vendredi 16 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204380
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantCADOUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 10 juin et 21 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Cadoux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, d'ordonner une mesure d'instruction en application des articles R. 625-1 à R. 625-3 du code de justice administrative, avant dire droit, et d'ordonner aux autorités administratives compétentes de procéder à un relevé et à la comparaison de ses empreintes digitales avec celles de la personne condamnée le 15 juillet 2021 par le tribunal judiciaire de Marseille, lesquelles figurent nécessairement dans le Fichier Automatisé des Empreintes Digitales (FAED)

2°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer jusqu'à la conclusion de la procédure judiciaire déclenchée par son dépôt de plainte en date du 19 juillet 2022 ;

3°) à titre infiniment subsidiaire :

- d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office ;

- d'enjoindre à la préfète de l'Ain, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir,

* à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ",

* à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit l'ensemble des conditions lui permettant de se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;

- en la fondant sur l'existence d'une menace à l'ordre public, la préfète de l'Ain a commis une erreur de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination

- elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et faisant obligation de quitter le territoire français ;

Par deux mémoires en défense, enregistrés au greffe les 8 et 29 juillet 2022, la préfète de l'Ain conclut au rejet de la requête

Elle fait valoir :

- qu'il n'y a pas lieu de surseoir à statuer ;

- que le motif tiré de ce que M. C a été condamné le 15 juillet 2021 par le tribunal judiciaire de Marseille en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité à une peine de huit mois d'emprisonnement avec sursis et à une interdiction judiciaire du territoire français d'une durée de deux ans, pourra être substitué aux motifs de l'arrêté contesté ; que dès lors, l'administration était tenue de rejeter la demande de titre de séjour, l'ensemble des moyens invoqués contre cette décision étant ainsi inopérants.

- que les moyens invoqués à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code pénal ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- et les observations de Me Cadoux représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, de nationalité malienne, déclare être entré sur le territoire français le 25 décembre 2018. Il sera pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du conseil départemental de l'Ain, le 22 janvier 2019. Le 22 octobre 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté en date du 23 mai 2022, dont l'intéressé demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de l'Ain a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.

2. Le bureau d'aide juridictionnelle n'ayant pas statué sur la demande d'aide juridictionnelle dont M. C fait état dans sa requête, il y a lieu de faire application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 et d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans cette instance.

Sur la demande de sursis à statuer :

3. M. C soutient qu'il est né le 13 juin 2003 et non le 16 juin 2003, que son identité a été usurpée et qu'il n'est pas la personne concernée par la condamnation prononcée le 15 juillet 2021 par le tribunal judiciaire de Marseille, en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. A l'appui de cette allégation, le requérant fait état de cette différence de date de naissance, soutient qu'il ne s'est jamais rendu à Marseille et enfin qu'il a déposé plainte auprès du Procureur de la République, le 15 juillet 2022. Toutefois, par ces seuls éléments sérieusement contestés en défense, et alors que la plainte n'a été déposée que postérieurement à la date de l'arrêté en litige, de la date d'introduction de sa requête et de la réception du mémoire en défense de la préfète de l'Ain, M. C ne justifie ni de la nécessité, en application des articles R. 625-1 à R. 625-3 du code de justice administrative, avant dire droit, d'ordonner aux autorités administratives compétentes de procéder à un relevé et à la comparaison de ses empreintes digitales, ni davantage de surseoir à statuer, en application des dispositions de l'article R. 771-2 précitées du code de justice administrative, la question ne présentant pas, en l'état du dossier, de difficulté sérieuse.

Sur les autres conclusions :

4. L'arrêté attaqué a été signé par M. D E, chef de bureau de l'accueil et du séjour des étrangers de la préfecture de l'Ain en vertu d'une délégation de signature consentie par un arrêté de la préfète de l'Ain en date du 1er février 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté qui manque en fait, pourra être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour

5. Aux termes de l'article L. 641-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une peine d'interdiction du territoire français est susceptible d'être prononcée contre un étranger coupable d'un crime ou d'un délit est régie par les dispositions des articles 131-30, 131-30-1 et 131-30-2 du code pénal ". Aux termes de l'article 131-30 du code pénal : " Lorsqu'elle est prévue par la loi, la peine d'interdiction du territoire français peut être prononcée, à titre définitif ou pour une durée de dix ans au plus, à l'encontre de tout étranger coupable d'un crime ou d'un délit./ L'interdiction du territoire entraîne de plein droit la reconduite du condamné à la frontière, le cas échéant, à l'expiration de sa peine d'emprisonnement ou de réclusion./ Lorsque l'interdiction du territoire accompagne une peine privative de liberté sans sursis, son application est suspendue pendant le délai d'exécution de la peine. Elle reprend, pour la durée fixée par la décision de condamnation, à compter du jour où la privation de liberté a pris fin. ".

6. Aussi longtemps que la personne condamnée n'a pas obtenu de la juridiction qui a prononcé la condamnation pénale le relèvement de cette peine complémentaire, l'autorité administrative est tenue de pourvoir à son exécution sauf à solliciter du ministère public la levée de ses réquisitions aux fins d'exécution, spécialement au cas où le renvoi exposerait l'étranger à des traitements inhumains ou dégradants prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il en résulte que, dans le cas où un étranger fait l'objet d'une peine d'interdiction du territoire français prononcée par le juge pénal, le préfet est tenu de rejeter la demande de titre de séjour présentée par cet étranger.

7. Il ressort des pièces versées au débat par la préfète de l'Ain et notamment du bulletin n° 2 du casier judiciaire, que le 15 juillet 2021, M. C a été condamné, en comparution sur reconnaissance de culpabilité, à une peine de huit mois d'emprisonnement avec sursis assortie d'une peine complémentaire d'interdiction du territoire français d'une durée de deux ans. Ainsi, dès lors qu'il n'est pas sérieusement contesté que cette interdiction était applicable à la date de l'arrêté contesté, la préfète de l'Ain se trouvait en situation de compétence liée pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. C, le 22 octobre 2021. Dès lors, tous les moyens soulevés par le requérant à l'appui de sa contestation de la légalité de la décision portant refus de titre de séjour sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés, sans qu'il soit nécessaire de se prononcer sur la demande de substitution de motifs présentée par la préfète de l'Ain.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

8. En l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

10. M. C fait état de ce qu'il a été pris en charge en qualité de mineur isolé à son arrivée sur le territoire français, de la formation en apprentissage qu'il a suivie, de l'obtention de son CAP " électricien ", de la détention d'un contrat à durée indéterminée en qualité d'électricien et du réseau amical qu'il s'est créé. Toutefois, alors même que l'intéressé a obtenu son CAP, le 6 juillet 2021 et conclut un contrat à durée indéterminée le 4 janvier 2022, ces seuls éléments ne sauraient suffire à démonter qu'il aurait installé en France sa vie privée et familiale alors qu'il n'est arrivé sur le territoire français qu'en 2018 et a ainsi passé l'essentiel de son existence dans son pays d'origine, où résident notamment sa mère et sa sœur. Dans ces circonstances, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise et qu'auraient ainsi été méconnues les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. En l'absence de toute argumentation particulière, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle du requérant pourra également être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre séjour et obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de cette requête doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète de l'Ain.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller

M. Gueguen, conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.

La présidente-rapporteure,

A. A L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

N. Pineau

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions