jeudi 15 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204413 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU 9ème chambre |
| Avocat requérant | GILLIOEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire, enregistrée le 10 juin 2022 à 18h42 et un mémoire complémentaire, enregistré le 17 juin 2022, M. C B, représenté par Me Gillioen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur signataire ;
- elles méconnaissent le droit d'être entendu ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation en droit et en fait en méconnaissance de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a un passeport ; le préfet ne précise pas si conformément aux dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile il n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision de refus de délai de départ volontaire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que ce n'est pas son cousin mais son frère qui est présent sur le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a une durée disproportionnée ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2022, le préfet de la Haute-Savoie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.
Le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc, conteste l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, les décisions attaquées en date du 9 juin 2022 ont été signées par Mme A D, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement à la préfecture de la Haute-Savoie, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet de la Haute-Savoie du 3 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le même jour, d'une délégation pour signer de tels actes. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque ainsi en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal dressé par les services de gendarmerie le 9 juin 2022, que M. B a présenté des éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale et qu'il a été fait état lors de son audition du caractère irrégulier de son séjour en France. Par ailleurs, il a été informé qu'une mesure en vue de sa reconduite dans son pays d'origine était susceptible d'être prise à son encontre par les services de la préfecture et il a été invité à présenter des observations orales. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été empêché de présenter, en outre, des observations écrites. Dans ces conditions, à supposer même qu'il n'ait pas été pleinement informé à la suite de son interpellation de l'ensemble des différentes mesures susceptibles d'être prises par le préfet dans le cas d'un séjour irrégulier en France, M. B a été mis en mesure de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur les mesures envisagées avant qu'elles n'interviennent. Dans ces conditions, M. B n'a pas été privé du droit d'être entendu et de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu des décisions en litige.
5. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen de la situation particulière de l'intéressé avant d'édicter la mesure en litige, au regard des éléments dont ce dernier a fait état lors de son audition par les services de gendarmerie. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'un examen particulier ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / (). ".
7. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne que M. B ne peut justifier être entré en France muni des documents et visas requis par la règlementation en vigueur. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, permettant à l'intéressé de comprendre les raisons pour lesquelles sa demande n'a pas été satisfaite, même si le préfet a omis de préciser qu'il n'avait pas titre de séjour en cours de validité et n'a précisé que l'intéressé n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour que dans les motifs relatifs au refus d'octroi d'un délai de départ. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
8. En deuxième lieu, le préfet de la Haute-Savoie a retenu que M. B était démuni de tout passeport alors que l'intéressé en possède un. Il a ainsi commis une erreur de fait. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'il aurait pris la même décision sans cette erreur dès lors qu'il n'est pas contesté qu'ainsi que l'a relevé le préfet, l'intéressé ne peut justifier être entré en France muni des documents et visas requis par la règlementation en vigueur.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. M. B est entré, selon ses déclarations, en décembre 2019 sur le territoire français, soit depuis moins de trois ans à la date de la décision contestée. Il est célibataire sans charge de famille. S'il se prévaut de la présence de son frère sur le territoire français, il n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident selon ses déclarations ses parents et où il a déclaré avoir deux frères et deux sœurs. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette mesure a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté. Pour les mêmes motifs, et malgré les efforts d'intégration professionnelle du requérant qui justifie exercer un emploi, cette décision n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 juin 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie l'a obligé à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
13. En deuxième lieu, pour refuser à M. B l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet de la Haute-Savoie a visé les dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les dispositions des 1° et 8° de l'article L. 612-3 du même code et a mentionné, d'une part, que l'intéressé ne pouvait justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, d'autre part, qu'il ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes dès lors qu'il ne pouvait justifier de la possession de documents de voyage en cours de validité et d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Sa décision comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est par suite suffisamment motivée.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
15. Dès lors que M. B produit la copie de son passeport en cours de validité ainsi que plusieurs fiches de paie mentionnant la même adresse et une attestation de son frère selon laquelle ce dernier l'héberge à cette adresse, il doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme présentant des garanties de représentation suffisantes. Le préfet ne pouvait ainsi se fonder sur les dispositions du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.
16. Toutefois, il est constant que M. B, qui ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Le préfet, qui a expressément indiqué que l'intéressé n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour contrairement à ce qu'allègue le requérant, a pu ainsi, en l'absence de circonstance particulière au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-3 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire en se fondant sur les dispositions du 1° du même article.
17. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Haute-Savoie aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur les dispositions du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne sont pas méconnues. Au regard de ce motif et en l'absence de circonstances particulières, le préfet de la Haute-Savoie a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation ou d'erreur de droit, refuser d'accorder à M. B un délai de départ volontaire.
18. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 juin 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
19. M. B n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, il n'est pas fondé à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
20. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 juin 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a fixé le pays de destination.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour :
21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
22. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de ces dispositions que si la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs, et doit ainsi attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. L'autorité administrative compétente précise les éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision. Elle doit également, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
23. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde et fait état des éléments de la situation de M. B au vu desquels elle a été arrêtée, dans son principe et dans sa durée. Elle mentionne en particulier la durée de présence de l'intéressé sur le territoire français, la circonstance qu'il ne justifie pas d'attaches familiales ou personnelles en France à l'exception d'un cousin et indique que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il n'a pas fait l'objet de précédente mesures d'éloignement. Elle est par suite suffisamment motivée.
24. En deuxième lieu, M. B fait valoir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur de fait en ce que le préfet a retenu qu'il avait un cousin sur le territoire français alors que c'est son frère qui réside en France. Toutefois, M. B, qui n'a pas produit de livret de famille ni d'actes de naissance, n'établit pas par les pièces qu'il produit que ce serait son frère qui serait présent sur le territoire français. Au demeurant, à supposer même que ce serait le frère de M. B qui résiderait sur le territoire français, il résulte de l'instruction que le préfet de la Haute-Savoie aurait pris la même décision.
25. En troisième lieu, M. B a fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour laquelle aucun délai de départ volontaire n'a été accordé. Il entre ainsi dans le cas prévu à l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour lequel le préfet assortit l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour, sauf s'il existe des circonstances humanitaires de nature à justifier qu'une telle interdiction de retour ne soit pas édictée. En l'espèce, le requérant ne justifie pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées.
26. Par ailleurs, M. B est entré, selon ses déclarations, en décembre 2019 sur le territoire français, soit depuis moins de trois ans à la date de la décision contestée. Il est célibataire sans charge de famille et s'il se prévaut de la présence de son frère sur le territoire français, il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident selon ses déclarations ses parents et où il a indiqué avoir deux frères et deux sœurs. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, et même si le requérant justifie exercer un emploi sur le territoire français, le préfet de la Haute-Savoie n'a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, durée qui ne présente pas en l'espèce de caractère disproportionné.
27. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision portant interdiction de retour pendant une durée d'un an méconnaîtrait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
28. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 9 juin 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
29. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Haute-Savoie.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.
La magistrate désignée,
E. Reniez
La greffière,
A. Calmès
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026