Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204496

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204496
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantFIRMIN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné la requête de M. A, ressortissant guinéen, contestant le refus implicite de titre de séjour opposé par le préfet du Rhône. En cours d'instance, M. A s’étant vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle, le tribunal a constaté un non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation et injonction. Il a rejeté la demande indemnitaire pour préjudice moral, faute de lien de causalité direct avec la décision contestée. La décision s’appuie notamment sur les articles L. 423-22, L. 435-3 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juin 2022, M. B A, représentée par Me Firmin, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Rhône sur sa demande de titre de séjour déposée le 30 septembre 2020 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de condamner la préfète du Rhône à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- le préfet n'a pas répondu dans le délai d'un mois qui lui était imparti à sa demande de communication des motifs de la décision implicite en litige de rejet de sa demande de titre de séjour ;

- la décision méconnaît les dispositions des articles L. 423-22 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissances des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en rejetant sa demande de titre de séjour alors qu'il y était éligible, le préfet du Rhône a commis une faute engageant sa responsabilité ;

- son préjudice moral peut être évalué à la somme de 5 000 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Richard-Rendolet, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1.M. A, ressortissant guinéen, a déposé une demande de titre de séjour le 30 septembre 2020 à la préfecture du Rhône. Une décision implicite de rejet est née le 30 janvier 2021 du silence conservé par l'administration sur cette demande. M. A demande au tribunal l'annulation de la décision de refus de titre de séjour et la condamnation de l'Etat à l'indemniser du préjudice subi du fait de cette décision illégale.

2. En cours d'instance, la préfète du Rhône a fait valoir que M. A s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle par une décision du 9 octobre 2023. Les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête ayant de ce fait perdu leur objet, il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. N'est pas établi par les pièces du dossier le lien de causalité certain et direct entre, d'une part, la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet sur la demande de titre de séjour déposée par M. A le 30 septembre 2020 et, d'autre part, le préjudice moral allégué par le requérant. Par suite, doivent être rejetées comme non fondées les conclusions de la requête à fin d'indemnisation des conséquences dommageables de ladite décision implicite de rejet.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme demandée par le requérant au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Drouet, président,

- M. Richard-Rendolet, premier conseiller,

- Mme Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.

Le rapporteur,

F.-X. Richard-RendoletLe président,

H. Drouet

La greffière,

C. Amouny

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,