vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DELBES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 14 juin 2022, sous le n° 2204517, Mme C D, épouse E, représentée par Me Delbes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le préfet du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et familiale ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait, dès lors qu'elle ne vivait pas séparée de ses enfants depuis plusieurs années avant son entrée sur le territoire français ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur situation personnelle et familiale ;
- elles méconnaissent les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent également les dispositions de l'article L. 721-4 de ce code ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 17 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2022.
II. Par une requête, enregistrée le 14 juin 2022 sous le n° 2204518, M. A E, représenté par Me Delbes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le préfet du Rhône lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- les décisions contestées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et familiale ;
- elles sont entachées d'une erreur de fait, dès lors qu'il ne vivait pas séparé de ses enfants depuis plusieurs années avant son entrée sur le territoire français ;
- elle méconnaissent les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son épouse est prise en charge en France pour une maladie incurable et qu'elle ne pourra pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé en cas de retour dans leur pays d'origine ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 721-4 de ce code ainsi que les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet du Rhône qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 17 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- et les observations de Me Delbes, représentant M. et Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées présentées par M. et Mme E, membres d'une même famille, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu, par suite, de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. et Mme E, ressortissants arméniens nés respectivement les 12 février et 3 avril 1955, déclarent être entrés sur le territoire français le 8 juin 2017. Leurs demandes d'asile ont été rejetées tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 13 octobre 2017, que par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), le 16 août 2021. Les intéressés se sont ensuite maintenus sur le territoire national et ont sollicité, le 24 avril 2020, la délivrance de titres de séjour sur le fondement des dispositions des 11° et 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicables. Ils ont bénéficié de cartes de séjour temporaires portant les mentions " vie privée et familiale " valides du 24 avril 2020 au 23 avril 2021. Le 2 avril 2021, ils en ont sollicité le renouvellement. Par deux décisions du 23 mai 2022, dont les requérants demandent au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet du Rhône leur a refusé le renouvellement de leurs titres de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office.
3. Le bureau d'aide juridictionnelle n'ayant pas statué sur les demandes d'aide juridictionnelle dont M. et Mme E font état dans leurs requêtes, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus et d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans ces instances.
4. En premier lieu, les décisions contestées visent les textes dont elles font application, en particulier les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et exposent les circonstances de faits propres à la situation personnelle et familiale de M. et Mme E, dont les éléments sur lesquels le préfet du Rhône s'est fondé pour leur refuser le renouvellement de leurs titres de séjour, les obliger à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et fixer le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office. Enfin, les décisions en litige soulignent également que les intéressés n'établissent pas être exposés à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine. Par suite, les arrêtés attaqués comportent l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfont ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ainsi que de celles des articles L. 613-1 et L. 721-3 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette motivation suffisante, tant en fait qu'en droit, a permis aux requérants de discuter utilement tant des décisions refusant de les admettre au séjour que de celles portant obligation de quitter le territoire français qu'enfin, de celles fixant le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des arrêtés du 23 mai 2022 pourra donc être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions contestées, ni d'aucune autre pièces des dossiers, que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle et familiale de M. et Mme E. Le moyen tiré de l'erreur de droit pourra donc être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. / La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
7. Il résulte des dispositions précitées que la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " prévue par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est délivrée par le préfet au vu d'un avis émis par un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
8. En l'espèce, pour refuser de renouveler le titre de séjour de Mme E, le préfet du Rhône s'est approprié le sens de l'avis rendu le 21 juin 2021 par le collège de médecins de l'OFII estimant que l'état de santé de l'intéressée nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entrainer pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle pourra effectivement y bénéficier d'un traitement approprié. Or, s'il ressort des pièces médicales produites par les requérants que l'intéressée souffre d'une leucémie lymphoïde chronique et qu'elle est régulièrement suivie au sein du service d'hématologie du centre hospitalier privé Médipôle Lyon-Villeurbanne pour cette maladie incurable, ces éléments ne sont pas de nature à eux seuls à infirmer l'analyse du collège de médecins de l'OFII sur la possibilité pour Mme E de bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Arménie. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que " le temps écoulé entre la date " de l'avis de ce collège et les décisions contestées " doit être censuré " par le tribunal compte tenu de ce que la situation médicale de Mme E devait être " réévaluée ", les éléments qu'ils produisent ne démontrent, en tout état de cause, aucune détérioration significative de son état de santé entre le 21 juin 2021 et le 23 mai 2022, alors au surplus qu'ils n'établissement ni même n'allèguent avoir informé le préfet du Rhône d'un changement de l'état de santé de l'intéressée postérieurement à l'émission de l'avis du collège de médecins de l'OFII. Dans ces conditions, le préfet du Rhône n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant à Mme E le renouvellement de son titre de séjour sur leur fondement.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
10. En l'espèce, si M. et Mme E soutiennent que les décisions contestées sont entachées d'erreurs de fait, dès lors qu'ils ne vivaient pas séparés de leurs enfants depuis plusieurs années avant leur entrée sur le territoire français, ils n'apportent pas le moindre élément à l'appui de leurs allégations. Le moyen ne pourra, par suite, qu'être écarté.
11. Par ailleurs, les requérants soutiennent qu'ils ont transféré le centre de leurs intérêts privés et familiaux en France, où ils vivent depuis le mois de juin 2017 avec leurs deux enfants qui sont en situation régulière sur le territoire français, ainsi que leurs petits-enfants. Toutefois, la seule durée de présence en France de M. et Mme E ainsi que les circonstances qu'ils aient bénéficié de titres de séjour du 24 avril 2020 au 23 avril 2021 et que leurs enfants résident régulièrement sur le territoire national, ne sauraient, par elles-mêmes, leur ouvrir un droit au séjour ou au renouvellement de leurs précédents titres de séjour. Or, les éléments produit par les intéressés ne sont pas de nature à démontrer l'ancienneté, la stabilité et l'intensité des liens privés et familiaux dont ils se prévalent sur le territoire français, en particulier vis-à-vis de leurs enfants et de leurs cinq petits-enfants. Par ailleurs, les requérants n'établissement pas être dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine où ils ont vécu l'essentiel de leur existence et où résident, selon les termes non contestés des décisions attaquées, les sept sœurs de Mme E ainsi que le frère et la sœur de M. E. Enfin, les intéressés n'établissent pas qu'il existerait un quelconque obstacle à ce qu'ils puissent y poursuivre leur vie privée et familiale, et les décisions contestées ne font pas davantage obstacle à ce qu'ils puissent rendre visite à leurs enfants et petits-enfants sous couvert d'un visa, ni à ce que ces derniers puissent se rendre en Arménie. Dès lors, et outre le fait que Mme E pourra y bénéficier d'une prise en charge médicale ainsi que cela a été précédemment exposé au point 8, les requérants ne peuvent être regardés comme étant en situation d'isolement dans leur pays d'origine. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée et de leurs conditions de séjour, le préfet du Rhône n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. et Mme E en édictant les décisions contestées. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent par suite, être écartés. Par les mêmes motifs, et en l'absence d'argumentation particulière, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences des décisions attaquées sur la situation personnelle et familiale des intéressés doivent également être écartés.
12. En cinquième lieu, selon les termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".
13. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que Mme E ne démontre pas qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle ne pourra effectivement y bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Rhône s'est approprié le sens de l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII estimant qu'au vu des éléments du dossier de l'intéressée et à la date de cet avis, son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers l'Arménie, ce que les requérants ne contestent pas. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, par suite, être écarté.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et selon les termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
15. M. et Mme E soutiennent qu'ils seront exposés à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Arménie. Toutefois, d'une part, il résulte de ce qui a été dit aux points 8 et 13 que les requérants ne démontrent pas que Mme E ne pourrait effectivement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine ni davantage qu'elle ne pourrait voyager. D'autre part, si les requérants font état de menaces qu'ils auraient subies en Arménie et en Russie, ils n'apportent aucun commencement de preuve de nature à démontrer la réalité, la gravité et l'actualité des risques auxquels ils seraient, selon eux, personnellement exposés en cas de retour en Arménie, alors au demeurant que leurs demandes de protection internationale ont été rejetées tant par l'OFPRA, le 13 octobre 2017, que par la CNDA, le 16 août 2021. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent, par suite, être écartés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. et Mme E doivent être rejetées en toutes leurs conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : M. et Mme E sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les requêtes de M. et Mme E sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, épouse E, à M. A E et au préfet du Rhône.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
M. Pineau, premier conseiller,
M. Gueguen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le rapporteur,
C. B
La présidente,
A. Baux
La greffière,
I. Rignol
La République mande et ordonne au préfet du Rhône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
N°s 2204517 - 2204518
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026