LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204566

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204566

mardi 13 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204566
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantDACHARY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juin 2022, M. A C, représenté par Me Dachary, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel la préfète de la Loire a renouvelé pour une durée maximale de six mois l'assignation à résidence dans le département de la Loire dont il faisait l'objet et l'a astreint à se présenter tous les jours du lundi au vendredi au commissariat de police afin de justifier du respect de cette mesure d'assignation à résidence ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, à titre principal au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence de son signataire ;

- il est entaché d'une erreur de droit, en l'absence d'examen particulier de sa situation ;

en ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

- l'impossibilité de quitter le territoire français ou de regagner son pays d'origine ou se rendre dans un autre pays n'a fait l'objet d'aucun examen sérieux ;

- la décision d'assignation à résidence n'est pas suffisamment motivée ; le seul fait qu'il ne dispose pas de document de voyage, sans autre précision quant à une éventuelle impossibilité de se rendre en Algérie ou de quitter la France, n'est pas suffisant pour justifier la mesure d'assignation à résidence ;

- la décision, qui est fondée sur l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'elle aurait dû être fondée sur l'article L. 731-1 du même code, en l'absence d'impossibilité établie de quitter le territoire français, est entachée d'une erreur de droit ;

- l'arrêté est entaché de contradiction, en ce qu'il se fonde sur l'absence de place en centre de rétention administrative, dans lequel un placement n'est possible que si une perspective d'éloignement raisonnable existe, et qui n'est pas susceptible de caractériser une impossibilité de quitter le territoire national ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'impossibilité de quitter le territoire français n'est pas établie et les perspectives raisonnables d'éloignement demeurent ;

- la décision d'assignation à résidence, qui a été adoptée sur le fondement de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le seul but de contourner les conditions qui s'imposent aux assignations à résidence adoptées sur le fondement de l'article L. 731-1 du même code, et notamment celle selon laquelle l'obligation de quitter le territoire français pour laquelle l'assignation à résidence est décidée soit avoir été adoptée moins d'un an auparavant ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

en ce qui concerne l'obligation de se présenter cinq jours par semaine :

- l'obligation de se présenter cinq jours par semaine est disproportionnée au regard des objectifs de la mesure et de sa situation personnelle ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Des pièces ont été produites le 12 juillet 2022 par la préfète de la Loire.

Par un courrier du 25 août 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions ne peuvent légalement fonder une mesure d'assignation à résidence ordonnée afin de mettre à exécution d'office une mesure d'éloignement.

Par une ordonnance du 24 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les observations de Me Dachary, représentant le requérant.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, né le 20 février 1988, de nationalité algérienne, déclare être entré sur le territoire français en 2014, muni d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Par des arrêtés du 8 mars 2020, la préfète de la Loire a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour d'une durée d'un an et d'une assignation à résidence dans le département de la Loire pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté du 15 octobre 2021, la préfète de la Loire l'a assigné à résidence pour une durée de six mois dans l'attente de l'exécution d'office de la mesure d'éloignement. Par un arrêté du 7 avril 2022, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de la Loire a renouvelé pour une durée maximale de six mois la mesure d'assignation à résidence dont fait l'objet M. C, en assortissant cette décision d'une astreinte à se présenter tous les jours du lundi au vendredi au commissariat de police afin de justifier du respect de cette mesure d'assignation à résidence.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / L'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut également être accordée lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé, notamment en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. / () ".

3. En l'absence d'urgence, il y a lieu de rejeter la demande de M. C d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. D'une part, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / (). / L'étranger qui, ayant été assigné à résidence en application du présent article, () n'a pas déféré à la décision dont il fait l'objet ou, y ayant déféré, est revenu en France alors que cette décision est toujours exécutoire, peut être assigné à résidence sur le fondement du présent article. " Selon l'article L. 732-3 : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / (). ". Selon le premier alinéa de l'article L. 732-4 : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois. "

6. Il résulte expressément des termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la mesure d'assignation à résidence ordonnée en application de ces dispositions a pour objet, non de mettre à exécution d'office une mesure d'éloignement prise antérieurement, mais d'autoriser temporairement l'étranger à se maintenir en France lorsqu'il n'existe pas de perspective raisonnable de mise à exécution de la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet pour des motifs qu'il appartient à l'étranger lui-même d'établir.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. C a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, par arrêté de la préfète de la Loire du 8 mars 2020, qu'il s'est abstenu d'exécuter. Pour fonder la mesure d'assignation à résidence litigieuse, d'une nouvelle durée de six mois, adoptée sur le fondement de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de la Loire a relevé que M. C n'a pas mis à exécution la mesure d'éloignement prononcée le 8 mars 2020, qu'il ne dispose pas de document de voyage et que le délai d'assignation à résidence permettra aux services préfectoraux de solliciter un document transfrontière. Elle a considéré qu'il y avait lieu en conséquence de faire bénéficier M. C de la procédure d'assignation à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet. Ce faisant, la préfète de la Loire a décidé d'assigner M. C à résidence en vue d'exécuter d'office l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, et non pour l'autoriser à se maintenir provisoirement en France en raison de l'absence de perspectives raisonnables d'éloignement que M. C aurait fait valoir devant elle. Ainsi, elle a méconnu le champ d'application de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision d'assignation doit donc être annulée, ainsi par voie de conséquence que la décision fixant les modalités de cette assignation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les moyens de la requête.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La demande de M. C tendant à son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle est rejetée.

Article 2 : L'arrêté de la préfète de la Loire du 7 avril 2022 est annulé.

Article 3 : L'État versera à M. C une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète de la Loire.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Drouet, président,

Mme Maubon, première conseillère,

M. Gilbertas, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.

La rapporteure,

G. BLe président,

H. Drouet

La greffière,

C. Amouny

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire, en ce qui la concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions