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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204569

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204569

jeudi 15 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204569
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU 9ème chambre
Avocat requérantCADOUX

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête, enregistrée sous le n° 2204569 le 16 juin 2022, Mme D A épouse C, représentée par Me Cadoux, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été de nouveau statué sur son droit au séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, saisie sur son recours, contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

4°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer dans un délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir une attestation de demandeur d'asile jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours ;

5°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée ou, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur signataire ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est fondée à demander la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dès lors qu'elle justifie d'éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile.

Le préfet du Rhône a présenté une pièce qui a été enregistrée le 30 août 2022.

II- Par une requête, enregistrée sous le n° 2204736 le 21 juin 2022, M. B C, représenté par Me Cadoux, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été de nouveau statué sur son droit au séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, saisie sur son recours, contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

4°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer dans un délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir une attestation de demandeur d'asile jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur son recours ;

5°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce dernier de renoncer au bénéfice de la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de leur signataire ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est dépourvue de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il a exécuté la précédente mesure d'éloignement prise à son encontre ;

- elle est entachée d'erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- il est fondé à demander la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il justifie d'éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile.

Le préfet du Rhône a présenté des pièces qui ont été enregistrées les 5 juillet 2022 et 30 août 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Reniez, conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties, dûment convoquées, ont été régulièrement averties du jour de l'audience, à laquelle elles n'étaient ni présentes ni représentées.

Le rapport de Mme Reniez, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique, en présence de Mme G, interprète en langue albanaise.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A épouse C, ressortissante albanaise conteste l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a fixé le pays de destination. M. C, ressortissant albanais, conteste l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Leurs requêtes présentent des questions communes à juger. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre Mme A et M. C, dont les demandes d'aide juridictionnelle sont en cours d'instruction, au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

3. Les décisions attaquées en date du 3 juin 2022 ont été signées par Mme F E, directrice adjointe des migrations et de l'intégration à la préfecture du Rhône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté du préfet du Rhône du 29 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture le 4 avril suivant, d'une délégation pour signer de tels actes. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque ainsi en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. Mme A et M. C sont entrés pour la dernière fois sur le territoire français le 5 septembre 2021 selon leurs déclarations, soit depuis moins d'un an à la date des décisions contestées. Ils font tous les deux l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et ils ne se prévalent d'aucune attache familiale sur le territoire français alors qu'ils n'allèguent ni n'établissent être dépourvus d'attaches familiales dans leur pays d'origine. Par ailleurs, ils ne justifient pas d'une insertion particulière en France. Dans ces conditions, les décisions portant obligation de quitter le territoire français n'ont pas porté à leur droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels ces mesures ont été prises. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit par suite être écarté.

En ce qui concerne la légalité des décisions fixant le pays de destination :

6. En premier lieu, Mme A et M. C n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire prises à leur encontre, ils ne sont pas fondés à demander, par voie de conséquence, l'annulation des décisions fixant le pays de destination.

7. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation des requérants. Le moyen tiré du défaut d'examen doit par suite être écarté.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".

9. Les requérants font valoir qu'ils subissent des menaces en lien avec le refus de Mme A de se soumettre à un mariage forcé. Toutefois, leurs allégations sont insuffisamment précises pour établir la gravité et l'actualité des risques auxquels ils seraient, selon eux, personnellement exposés en cas de retour dans leur pays d'origine et ils n'établissent pas l'impossibilité de faire appel aux autorités de leur pays d'origine pour les protéger contre ces risques allégués. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent par suite être écartés. Il en est de même, pour les mêmes motifs que précédemment, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A et M. C doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. C :

11. En premier lieu, M. C n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire prise à son encontre, il n'est pas fondé à demander, par voie de conséquence, l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

12. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Rhône n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant. Il est constant que M. C a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et le préfet a pu retenir cet élément pour édicter la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, à supposer même que cette mesure d'éloignement aurait été exécutée. Le moyen tiré de l'erreur de droit en l'absence d'examen particulier de la situation de M. C doit par suite être écarté.

13. En troisième lieu, il est constant que M. C a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Le préfet n'ayant pas indiqué que cette précédente mesure d'éloignement n'aurait pas été exécuté, le moyen tiré de l'erreur de fait en ce que cette précédente mesure d'éloignement a été exécutée ne peut qu'être écarté.

14. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

15. M. C est entré pour la dernière fois sur le territoire français il y a moins d'un an. Son épouse fait également l'objet d'une mesure d'éloignement et il ne se prévaut d'aucune autre attache familiale sur le territoire français. Il ne justifie pas non plus d'une insertion particulière en France. Par ailleurs, il est constant qu'il a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prenant à son encontre une décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois.

16. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 juin 2022 portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de six mois.

Sur les conclusions à fin de suspension :

17. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 542-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () / d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; / () ". Aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : () / 2° Le demandeur a présenté une demande de réexamen qui n'est pas irrecevable ; / () ".

18. Il est constant que Mme A a présenté une demande d'asile le 20 juin 2019 qui a été rejetée le 11 décembre 2019 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et le 12 février 2020 par la Cour nationale du droit d'asile. Elle a présenté une demande de réexamen le 17 janvier 2022 qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 mars 2022. Il est également constant que M. C a présenté une demande d'asile le 31 janvier 2018 qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 19 septembre 2018 et par la Cour nationale du droit d'asile le 9 mai 2019. Sa demande de réexamen a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 mars 2022. Mme A et M. C, qui ont saisi la Cour nationale du droit d'asile, demandent la suspension de l'exécution des mesures d'éloignement en litige.

19. Les requérants font valoir qu'ils subissent des menaces en lien avec le refus de Mme A de se soumettre à un mariage forcé. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, leurs allégations sont insuffisamment précises pour établir la gravité des risques auxquels ils seraient, selon eux, personnellement exposés en cas de retour dans leur pays d'origine et ils n'établissent pas l'impossibilité de faire appel aux autorités de leur pays d'origine pour les protéger contre les risques allégués. Les requérants ne peuvent par suite être regardés comme présentant des éléments sérieux justifiant leur maintien sur le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur leurs recours contre les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par suite, les demandes des requérants tendant à la suspension de l'exécution des mesures d'éloignement présentées sur le fondement de l'article L.752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être rejetée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation et de suspension présentées par Mme A et M. C, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 3 : Les conclusions de la requête de Mme A sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : Les conclusions de la requête de M. C sont rejetées pour le surplus.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A épouse C, à M. B C et au préfet du Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2022.

La magistrate désignée,

E. Reniez

La greffière,

A. Calmès

La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

Nos 2204569,2204736

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