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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2204595

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2204595

vendredi 16 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2204595
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantROYON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 15 et 29 juin 2022, A F D née B, représentée par Me Royon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 mars 2022 par lequel la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Loire :

- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou subsidiairement une carte de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " en lui remettant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard,

- à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, en lui remettant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat.

A D soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation individuelle ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

1°) s'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

2°) s'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

- elles sont illégales par exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

3°) s'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

4°) s'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle présente un caractère disproportionné.

Par une ordonnance du 17 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2022.

Par un courrier du 6 juillet 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que, s'agissant de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français, les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables à la situation de A D et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée des dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

A D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. E.

Considérant ce qui suit :

1. A D, ressortissante albanaise née le 27 janvier 1989, est entrée régulièrement en France en mars 2015, munie de son passeport, accompagnée de son époux et de leur enfant mineur, afin de solliciter l'asile. Sa demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 30 novembre 2015, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 18 mai 2016. L'intéressée a fait l'objet de décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 24 octobre 2016 qui sera confirmé par un jugement du tribunal du 3 octobre 2017. Le 30 novembre 2021, A D a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté en date du 4 mars 2022, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, a assorti ce refus de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. A D demande au tribunal de prononcer l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par M. G C, sous-préfet de Montbrison, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté de la préfète de la Loire du 1er septembre 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible tant au juge qu'aux parties. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte qui manque en fait, doit être écarté.

3. En second lieu, les décisions attaquées visent les textes dont elles font application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précisent les éléments déterminants qui ont conduit la préfète de la Loire à édicter à l'encontre de A D les décisions contestées. S'agissant de la décision portant refus de séjour, la préfète a relevé que l'époux de la requérante se trouvait en situation irrégulière en France et qu'elle ne justifiait pas de liens personnels et familiaux anciens, intenses et stables en France, qu'elle avait vécu en Albanie jusqu'à l'âge de vingt-six ans, que la scolarisation de ses enfants ne pouvait être regardée comme une circonstance humanitaire ou un motif exceptionnel justifiant une admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale ni, en l'absence de formation, de diplôme ou de promesse d'embauche, au titre du travail. S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle vise les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant d'assortir la décision de refus de séjour d'une mesure d'éloignement, laquelle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte. En outre, dès lors que A D s'est vue accorder le délai de départ volontaire de droit commun de trente jours, la préfète n'avait pas à motiver sa décision sur ce point. Enfin, la décision fixant le pays de destination vise l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et rappelle que A D est de nationalité albanaise et n'établit pas être exposée à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Les décisions attaquées comportent ainsi les circonstances de fait et de droit qui en constituent le fondement et ont permis à la requérante d'en discuter utilement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

5. A D fait état de la durée de sa présence en France, de ce qu'elle n'a jamais regagné son pays d'origine, de sa volonté d'insertion par ses engagements bénévoles et des liens ainsi créés. Toutefois, la requérante s'est maintenue irrégulièrement en France en dépit des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français prises à son encontre en octobre 2016 et de la confirmation juridictionnelle de ses décisions, son époux ayant fait l'objet de décisions similaires, le 29 avril 2021, il a également vocation à regagner à brève échéance l'Albanie où la cellule familiale pourra se reconstituer dès lors que la requérante, son époux et leurs deux enfants sont de nationalité albanaise et que la demande d'asile de A D a été définitivement rejetée. Par ailleurs, l'apprentissage de la langue française et la circonstance que A D bénéficie d'un soutien associatif ne permettent pas de démontrer qu'elle aurait noué en France des attaches à la fois anciennes, intenses et pérennes et si elle indique être désormais dépourvue de liens dans son pays d'origine, elle y conserve nécessairement ses attaches culturelles et sociales puisqu'elle y a vécu l'essentiel de son existence et ne pourra y être regardée comme s'y trouvant en situation d'isolement. En outre, il ressort du formulaire de demande de titre de séjour de l'intéressée, produit par la préfète en défense, que A D dispose d'attaches familiales en Albanie où vivent notamment sa mère et trois de ses sœurs. Dans ces conditions, A D n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France au regard des buts poursuivis. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. A D fait état de la scolarité de ses enfants en France, l'aîné y étant scolarisé depuis près de sept ans et son fils cadet né le 18 février 2016 n'ayant jamais connu l'Albanie. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la scolarité de ces deux enfants ne pourrait se poursuivre dans le pays dont ils ont la nationalité et où la cellule familiale pourra se reconstituer. En outre, la décision en litige n'ayant ni pour objet ni pour effet de séparer les deux enfants de leurs parents, élément constituant leur intérêt supérieur, la préfète de la Loire ne saurait être regardée comme ayant porté atteinte à l'intérêt supérieur des deux enfants mineurs H A D en refusant d'admettre leur mère au séjour. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

8. En dernier lieu, eu égard aux éléments qui ont été exposés s'agissant de la situation personnelle et familiale de la requérante, notamment le fait que son époux est dépourvu de tout droit au séjour en France et que la vie privée et familiale de l'intéressée pourra se poursuivre en Albanie, la préfète de la Loire n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de A D.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

9. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de séjour, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé par voie d'exception à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination, doit être écarté.

10. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, en l'absence de toute argumentation distincte dirigée spécifiquement contre la mesure d'éloignement et de la décision fixant le pays de destination, être écartés par les mêmes motifs que ceux qui ont été exposés aux points 5 et 7.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

11. La décision fixant le délai de départ a, en principe, pour seul objet de permettre à l'intéressé d'organiser son départ et non d'accorder un droit provisoire au séjour. Par suite, alors qu'au surplus la requérante ne justifie pas de ce qu'elle aurait sollicité l'obtention d'un délai de départ volontaire plus long, c'est sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation que la préfète de la Loire a pu fixer le délai de départ volontaire à trente jours, soit le délai de droit commun.

12. Enfin, pour les mêmes motifs qu'exposés au point 5, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois :

13. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français de séjour, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision et soulevé par voie d'exception à l'encontre de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article de L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "

15. Tout d'abord, il résulte des termes mêmes des dispositions précitées de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'elles ne sont pas applicables aux étrangers qui se sont maintenus sur le territoire national au-delà du délai de départ volontaire. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que A D a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, le 24 octobre 2016, à laquelle elle n'a pas déféré. Par suite, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point. Or, en l'espèce, la décision attaquée trouve son fondement légal dans les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui peuvent être substituées à celles de l'article L. 612-8 du même code visées par les décisions en cause, dès lors, en premier lieu, que A D se trouvait dans la situation où, en application de ces premières dispositions, la préfète de la Loire pouvait décider de prononcer à leur encontre une décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée maximale de deux ans, en deuxième lieu, que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et, en troisième lieu, que l'administration dispose d'un pouvoir d'appréciation de portée équivalente pour appliquer l'une ou l'autre de ces dispositions. Il s'ensuit qu'il y a lieu de procéder à la substitution de base légale.

16. Si A D soutient par ailleurs, que la décision attaquée présenterait un caractère disproportionné, notamment en ce que le risque de soustraction à la mesure d'éloignement ne serait pas établi, une telle argumentation demeure inopérante à l'encontre la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français, la préfète de la Loire ne s'étant d'ailleurs nullement fondée sur ce risque pour édicter la décision en litige mais sur le fait que A D a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. La requérante ne justifie, eu égard à sa situation personnelle et familiale telle que précédemment exposée, d'aucune circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées et la préfète ne peut dès lors être regardée comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation en ne s'abstenant pas d'assortir la mesure d'éloignement d'une interdiction de retour sur le territoire français. Enfin, dès lors que A D a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que son époux ne dispose d'aucun droit au séjour en France, la préfète n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à l'encontre de A D une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, cette durée ne présentant pas le caractère disproportionné invoqué, la durée maximale pouvant aller jusqu'à deux ans.

17. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent, en l'absence d'argumentation particulière articulées à l'encontre de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois, être écartés par les mêmes motifs que ceux exposés aux points 5 et 7 s'agissant de la décision portant refus de séjour.

18. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que cette requête doit être rejetée, en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction, d'astreinte et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de A D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à A F D née B et à la préfète de la Loire.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

A Baux, présidente,

M. Pineau, premier conseiller,

M. Gueguen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.

Le rapporteur,

N. E

La présidente,

A. Baux

La greffière,

I. Rignol

La République mande et ordonne à la préfète de la Loire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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