mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2204610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCHMITT AVOCATS A.A.R.P.I |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaire enregistrés respectivement le 13 juin 2022, le 17 août 2023 et le 11 septembre 2023, et un dernier mémoire, enregistré le 15 septembre 2023 et non communiqué, la SAS LPCR Groupe, représenté par la société Schmitt Avocat A.A.R.P.I., agissant par Me Douineau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du président de la métropole de Lyon en date du 12 avril 2022 lui refusant l'augmentation de la capacité d'accueil à 54 places de l'établissement d'accueil d'enfants de moins de 6 ans de type crèche collective et de catégorie grande crèche, dénommé Lyon Sky 56, situé 18-20 rue du général Mouton Duvernet à Lyon 3ème ;
2°) d'enjoindre au président de la métropole de Lyon de lui notifier un arrêté confirmant expressément son autorisation tacite portant à 54 places la capacité d'accueil de la crèche Lyon Sky 56 ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Lyon la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- bénéficiant depuis le 2 mars 2022 d'une autorisation tacite en application des dispositions de l'article R. 2324-24 du code de la santé publique et de la doctrine administrative, le retrait de cette décision créatrice de droits par la décision en litige est intervenue en méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que cette autorisation est légale au regard des dispositions des articles L. 2324-1 à L. 2324-4 et R. 2324-1 à R.2324-50-4 du code de la santé publique ; elle est notamment conforme au référentiel figurant en annexe de l'arrêté du 31 août 2021 s'agissant des surfaces et des volumes des espaces d'accueil ;
- la règlementation en matière d'ERP n'a pas pour objet de fixer une capacité maximale d'accueil aux locaux recevant du public, mais d'imposer des normes de sécurité, notamment contre l'incendie et la panique, en fonction du type d'établissement et de seuils effectifs, dont le respect est vérifié par une commission de sécurité ; il ne résulte pas des éléments produits que l'effectif de 61 berceaux, soit au demeurant une capacité supérieure à l'agrément sollicité pour 54 places, serait une capacité maximale qui rendrait illégal l'agrément de 54 places qui lui a été tacitement accordé ;
- l'ensemble des mesures de prévention et de correction auxquelles elle s'était engagée en matière de qualité de l'air ont été mises en œuvre, celles-ci allant de surcroît au-delà de ce qu'exige la réglementation en la matière ; la métropole de Lyon ne précise d'ailleurs pas précisément sur quel point elle serait défaillante au regard notamment du référentiel du 31 août 2021 ;
- à titre subsidiaire, la décision est irrégulière en l'absence de mise en œuvre de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 8 juin 2023 et 24 août 2023, la métropole de Lyon, représentée par la Selarl Carnot avocats, agissant par Me Prouvez, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SAS LPCR Groupe ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delahaye, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Collomb, rapporteure publique ;
- les observations de Me Douineau de la société Schmitt Avocat A.A.R.P.I. pour la SAS LPCR Groupe et celles de Me Rey de la Selarl Carnot avocats pour la métropole de Lyon.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 28 janvier 2020, la SAS LPCR Groupe a été autorisée à exploiter un établissement d'accueil d'enfants de moins de 6 ans de type crèche collective et de catégorie grande crèche avec une capacité d'accueil fixée à 42 places, dénommé Lyon Sky 56, situé 18-20 rue du général Mouton Duvernet à Lyon 3ème, alors que sa capacité d'accueil initiale lors de son ouverture en 2019 était fixée à 28 places. Elle a sollicité par un courrier du 7 décembre 2021 une nouvelle extension de sa capacité d'accueil à 54 places et le dossier complet de modification a été transmis le 1er février 2022 à la métropole de Lyon. Par l'arrêté attaqué du 12 avril 2022, le président de la métropole de Lyon a refusé l'augmentation sollicité de la capacité d'accueil à 54 places.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 "
3. Pour refuser l'augmentation à 54 places de la capacité d'accueil de l'établissement dénommé Lyon Sky, le président de la métropole de Lyon s'est borné à viser dans l'arrêté litigieux, " le rapport établi le 11 mars 2022 par la puéricultrice, par délégation du médecin responsable de la direction santé et PMI sur le fondement de l'article R. 2324-23 du code de la santé publique ", " les éléments transmis par la SAS LPCR Groupe et les conditions d'accueil évaluées lors de la visite effectuée le 3 mars 2022, au titre de l'article R. 2324-23 du code de la santé publique ", " les éléments de sécurité intégrés au sein du document lié aux établissements recevant du public ", et " la problématique de santé en rapport avec la qualité de l'air pour laquelle le gestionnaire s'est engagé (préconisations à intégrer au projet d'établissement) " et à conclure en indiquant que " ces éléments ne permettent pas de garantir la santé, la sécurité et le bien-être des enfants comme disposé par l'article L. 214-1 du code de l'action sociale et des familles ".
4. Il résulte des termes de la décision en litige précédemment rappelés que celle-ci ne mentionne pas de manière suffisamment précise les motifs de fait ayant conduit la métropole de Lyon à considérer que le projet d'extension de la capacité d'accueil de 42 à 54 places de l'établissement dénommé Lyon Sky ne permettait pas de garantir la santé, la sécurité et le bien-être des enfants, alors qu'il est constant que le rapport du 11 mars 2022, visé dans la décision en litige, n'était pas joint à celle-ci et qu'il n'a pas été, antérieurement à la notification de cette dernière, communiqué à la SAS LPCR Groupe. Par suite, la décision en litige a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la SAS LPCR Groupe est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du président de la métropole de Lyon en date du 12 avril 2022 lui refusant l'augmentation de la capacité d'accueil à 54 places de l'établissement d'accueil dénommé Lyon Sky 56,
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement qu'il soit procédé au réexamen de la demande de la SAS LPCR Groupe. Il y a lieu d'adresser une injonction en ce sens à la métropole de Lyon et de lui impartir un délai de deux mois pour s'y conformer.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la métropole de Lyon, partie perdante, le versement d'une somme de 1 400 euros à la SAS LPCR Groupe au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : L'arrêté du président de la métropole de Lyon en date du 12 avril 2022 refusant à la SAS LPCR Groupe l'augmentation de la capacité d'accueil à 54 places de l'établissement d'accueil d'enfants de moins de 6 ans de type crèche collective et de catégorie grande crèche, dénommé Lyon Sky 56, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la métropole de Lyon de procéder au réexamen de la demande de la SAS LPCR Groupe un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le métropole de Lyon versera à la SAS LPCR Groupe une somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS LPCR Groupe et la métropole de Lyon.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Segado, président,
M. Delahaye, premier conseiller ;
Mme Bardad, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le rapporteur,
L. DelahayeLe président,
J. Segado
La greffière,
N. Renoud-Genty
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026